Publications en ligne : l'obstacle du confort de l'encre

La revue Nature, par son site web, propose un débat sur la question du libre accès au discours critique : //www.nature.com/nature/focus/accessdebate/ (via Fabula).

La question est particulièrement épineuse dans plusieurs domaines de recherche, en particulier en sciences pures où le rythme des publications et la surspécialisation des périodiques entraînent une explosion littérale des coûts de production et de distribution ? et par conséquent les coûts d’abonnement que doivent absorber les bibliothèques et autres organismes. La « solution » (quelle solution ! Socrate aurait dû y avoir pensé) pour certaines revues consiste à renverser le processus, à savoir de charger des frais aux auteurs qui veulent publier un article (on parle généralement d’un « dissemination fee »…), des bagatelles comme un 1500$ US pour s’assurer que tous les collègues influents du domaine puissent lire le résultat de leurs recherches.

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Deux avenues virtuelles pour la dissémination du savoir

J?’ai tenté dernièrement de brosser un tableau des façons que nous avons actuellement à notre disposition pour lier informatique et recherche littéraire. Plus spécifiquement (et c’était mon point de chute) : quelles avenues s’offrent à nous chercheurs littéraires dans la virtualisation du discours critique sur la littérature ? Deux postures me sont apparues répondre plus efficacement à ce défi :
– délaisser l’expérimentation pure des possibilités offertes par les TIC au profit de solutions inventives directement liées à des besoins criants de sous-communautés de chercheurs;
– utiliser l’outil virtuel comme un filtre ? entendre ici : trouver des moyens de rétablir la validation de l’information disponible (en constante croissance) par le rétablissement de réseaux de contact, de réseaux de confiance, ce que permettent assez nettement les cybercarnets.

J’essaie de reconstituer ici l’enchaînement argumentatif de mon exposé (en mettant rapidement sous forme de phrases ce qui était une liste d’idées jetées sur un papier) pour montrer comment ces avenues semblent aujourd’hui s’imposer.

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La copie et la diffusion

Misère. Fait encore rage le débat sur la photocopie et le téléchargement (illicites, le sous-entendu n’a guère à être rappelé aujourd’hui – car prétendre autre chose entraîne sûrement quelque chose de l’ordre de l’excommunication (tiens tiens, ce bon vieux terme prend ici un sens nouveau : être exclu des échanges, de la sphère médiatique de la transmission…)).

Dans Le Devoir d’aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, Gilles Pellerin s’en prend aux pratiques répréhensibles des institutions scolaires consistant à photocopiller des ouvrages plutôt que d’inciter les étudiants à se procurer les originaux. Visa le noir tua le blanc?

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Humanities Computing : une tierce discipline par nécessité ?

Un message récemment envoyé sur la liste Humanist, par son animateur Willard McCarty, place bien, il me semble, les enjeux propres à l’intégration de l’informatique dans des disciplines comme les études littéraires.

Le problème, en l’occurrence, se pose dans la circonstance où les premiers acteurs du joint venture entre littérature et informatique deviennent les formateurs d’une seconde génération, celle-ci étant spécialisée dans la nouvelle discipline que devient l’informatique appliquée à la littérature. Légitimant à la fois cette discipline et perdant un peu plus le lien avec la discipline-mère (en raison de la charge de nouveaux apprentissages à assimiler, du décentrement des domaines d’intérêt…), cette seconde génération en viendrait à créer une rupture difficilement récupérable entre la première génération et les suivantes ? c’est le propos de Geoffrey Rockwell que McCarty cite au début de son article :

Ironically, in making a discipline in our image through formal curricula we are engendering practitioners that may close the discipline to those like us who took the self-study road. Therein lies a rupture.

Faut-il en déduire que cette approche des études littéraires par l’informatique est vouée à une dimension utilitariste, l’informatique devant toujours rester un outil, celui de l’artisan qui décide de bricoler le bout de code lui servant à faire avancer plus vite sa recherche ?

Mais par ailleurs, la surspécialisation n’est-elle pas le lot (que je ne cherche pas à justifier ? c’est une observation) de toutes les disciplines… ? Autrement dit, les études littéraires, finalement, ne sont-elles pas une spécialisation « à outrance » des humanités telles qu’expérimentées dans les siècles passés ? L’autonomisation des études littéraires est-elle une caution, par son « succès », d’autres développements par spécialisation, dont l’informatique littéraire pourrait être un exemple ? La question reste ouverte.

Pour mémoire, vous trouverez ici copie du message de W. McCarty :

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Écologie médiatique

Commentaire lucide (et donc combien utile) de Matt Kirschenbaum sur les positions extrémistes à propos de la préservation du patrimoine écrit. Il témoigne bien de la réalité actuelle : même si l’archivage électronique connaît des ratés et vieillit mal, le support papier n’est pas l’ultime solution. Tiré de la liste Humanist :

There’s often a kind of lop-sided materiality that holds sway in
discussions of digital preservation: on the one hand we’re quick to
point out how all the ugly realities of computing–the warts and
blemishes of hardware, software, and standards–conspire against the
notion of preserving anything digital; yet on the other hand,
counter-examples based on the preservation of printed artifacts tend to
come in form of idealized abstractions. « I can still read an Old English
manuscript. » Well yes, because its been kept in a climate-controlled
vault with access restricted to credentialled scholars. 500 years is an
awfully long time, no matter what the medium. Will the acid-free book on
the library shelf exist 500 years from now? Probably, if the thought
experiment consists in imagining that book in a vacuum. But think of
everything that’s being assumed here, starting with the ongoing
stability and homogeneity of « the library » as a cultural institution.
Assuming that « the library » is still recognizable as such in a few
centuries, however, it’s worth pointing out that when we want to find
the acid-free book we will do so via electronic (or maybe quantum)
records. For some this becomes the occasion, a la Nicholson Baker, for
insisting on the importance of keeping the card catalogs around; I
prefer to think of it as a reminder of what preservation really is.
We’re not dealing with a print vs. digital dichotomy here, any more than
we really were a decade ago when we liked to talk about the death of the
book and whatnot. We’re dealing with a media _ecology_ that’s in a
constant state of flux, with relations between different media shifting
and redefined through the advent of new material technologies. Any
sustainable approach to preservation, I would argue, starts with that
larger ecology, not with one specific medium or format. Matt

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