Du flux et du livre

3767837216_266b643e99La semaine dernière, Thierry Crouzet publiait un article où il annonçait la mort des sites web dans leur état actuel. Quoi de plus normal, c’est dans l’air du temps. On ne jure plus que par les flux — forme de désincarnation de l’information, éternellement remodelable selon les plateformes, les interfaces, apparemment sans perte et sans bruit. RSS, pipes, filtres, XML : c’est le règne du tout-communicationnel.

L’argumentaire de Crouzet me laisse toutefois pantois.

Les sites web ont été imaginés pour stocker des informations et les afficher à travers des navigateurs. Ce fut une révolution, notamment grâce à l’hypertexte décentralisé, mais aussi une façon de traduire à l’écran ce que nous connaissions sur le papier. Il suffit de voir à quoi ressemblent encore les sites des journaux (où même les blogs). À des journaux traditionnels ! […] On reste dans l’ancien monde de Gutenberg. […]

Le web ressemblait au monde de la presse.

Comparer les sites web à des journaux et voir là l’allure traditionnelle des journaux…? Ils sont pourtant des agrégateurs de flux (fils d’agences de presse notamment)! Comme modèle, le journal est pourtant pas mal…

Nous avons des sources d’informations, les blogs par exemple, qui propulsent l’information pure dans le cyberspace. Puis elle circule, s’interface, se représente, se remodèle. Elle n’a plus une forme donnée, une mise en page, mais un potentiel formel qui peut s’exprimer d’une infinité de façons. Je me moque de la forme originelle
quand je lis sur un agrégateur, éventuellement ouvert sur mon mobile.

Il n’y aurait plus de forme donnée à l’information pure (hum) avec les flux ? — En comparaison avec le livre où l’on met d’un côté fond et forme, mais mise en page de l’autre côté…! C’est vouloir détacher à tout prix la syntaxe de la typographie… mais l’entre-deux se situe où ? La séparation en paragraphes s’approcherait plutôt de la première ? Et la gestion des blancs en poésie ?

C’est étrange de voir ressurgir le mythe du signifié détaché de son signifiant — d’un contenu qui circulerait sans son contenant, sans son support. Comme si la mise en page était castratrice, d’une part ; comme si, d’autre part, le choix des mots, la syntaxe, l’espacement entre les mots n’influençaient pas profondément la transmission d’un contenu autrement à l’état pur.

Si c’est une forme de révolte contre le design graphique de certains sites web, si c’est une façon de ne pas être soumis aux monopoles des logiciels de navigation, alors il faut le dire… et non pas prétendre ne pas être sous le contrôle de la forme, de la mise en page…

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Le flux ressemblera au monde du livre, un monde où les livres seraient vivants, où chaque mot pointerait vers d’autres livres, où chaque phrase engendrerait des conversations avec l’auteur et les lecteurs.

C’est quand même étrange que le modèle du livre, pourtant souvent détrôné en raison de sa permanence, de son inertie, soit l’étalon du flux (il est vrai qu’il est allographique et médialement exportable), alors que le journal, agrégation de flux, soit relégué à la staticité (alors que sa tabularité en fait un objet de contacts entre les flux tout à fait privilégié).

La question, à tout prendre, c’est de se demander ce qui dépasse l’aspect cosmétique de la présentation du texte, lorsqu’on le migre d’un support à l’autre, lorsqu’un flux est affiché dans Netvibes ou en colonne de côté d’un blog. Et c’est aussi la question des formats : est-ce l’affichage lui-même qui est significatif ? Ou plus encore : comment le mode de lecture (appréhension visuelle) modifie cette lecture (comme interprétation) ? Comment le rapprochement avec d’autres flux en augmente-t-il le sens ? La stabilisation de fragments de blogs dans un objet éditorial inusité (côté plateforme, mise en page, etc.) n’est-elle pas significative que dans la lecture qu’on en propose ?

On a beau prétendre que cette conception du flux nous libère des interfaces, qu’elle achève de nous affranchir de la staticité, c’est néanmoins dans le paradigme du regard, du centrement — de l’attention, de la concentration — que se joue le fonctionnement du flux. Aussi fluide soit le flux, aussi désincarné nous apparaît-il, l’expérience de sa lecture, en général, réside dans le fait de capter quelque chose, de ne pas voir le fleuve entier qui coule vers la mer mais de saisir l’une de ses vagues. La circulation, la dissémination n’a de sens que si elle permet de transmettre — il faut quelqu’un au bout du canal, et s’il a le dos tourné, l’instantanéité du flux le rend inopérant, inutile.

Nova Spivack, chantre du flux (stream), le souligne bien qu’avec trop peu d’insistance :

One of the most difficult challenges will be how to know what to pay attention to in the Stream: Information and conversation flow by so quickly that we can barely keep up with the present, let alone the past. How will know what to focus on, what we just have to read, and what to ignore or perhaps read later?

L’atomisation, la diffraction de l’information dans le paradigme du flux a pour conséquence manifeste de la dissoudre, de la perdre dans le brouillard. D’où l’importance non des trends, mais des filtres (hashtags, oui, mais surtout des filtres humains). Des repères qui permettront à quelques autres d’assurer le relais — des repères éphémères, inévitablement, à la façon de Qfwfq qui se laisse une marque pour se retrouver, après une rotation complète de l’univers.

Attention, regard, focus : si François Bon soutenait que le livre se résume à son temps de lecture, je serais tenté de postuler que le livre existe par sa capacité à fixer l’attention — à projeter le captif dans une perception du monde, d’un monde, en accord avec la convention d’une fausse conversation (ou conversation décalée dans le temps). Le livre transmet une forme de regard-caméra sur le monde, à travers la convention du discours, du littéraire. Néanmoins persiste toujours l’ombre de la caméra — la conscience du pouvoir et de la distortion du langage. Jamais le livre ne sera totalement flux, à tout le moins flux à l’image de celui que l’on associe à la transformation actuelle du web.

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16 réflexions au sujet de “Du flux et du livre”

  1. Bonjour. Merci pour cet article très intéressant, dans lequel vous pointez la question du design graphique, ou pour le dire en des termes moins spécialisés, de la forme et des relations que prennent dans une dialectique, le texte et l’image.
    Il me semble que ce que pointe T. Crouzet, c’est moins une opposition de l’environnement numérique connecté et du livre que de la difficulté de voir émerger des formes stables, des environnements de lecture adaptés à l’écran, tant au niveau de leurs choix typographiques, contraste, marges, blocs ; qu’au niveau de la quantité des informations données à lire.
    Il paraît naturel que le livre soit et reste pour un moment encore notre référence de lecture car sa maturation a tout de même quelques dizaines de siècles, contre quarante ans à peine pour l’écran… Sans compter que là où le livre offrait un contenu stable, organisé, clôturé, l’écran (connecté) ouvre lui, une fenêtre sur l’activité du monde en train de se faire : la dynamique des flux est ouverte et instable. De plus, l’environnement depuis lequel on lit-écrit est régit par de nombreuses techniques encore un peu sauvages. On est plus aujourd’hui, dans une jungle que dans un jardin anglais.
    Le texte à l’écran reste le plus souvent une sorte de sable dont on pourrait augmenter la taille du grain à l’aide de boutons « plus gros » et « plus fin ». Quand on sait le niveau de sophistication et d’exigence atteints pour la réalisation des livres par Jan Tschichold, on mesure que l’environnement technique de l’écran n’est pas encore mûr (à moins qu’il ne s’agisse de notre maturation à nous) pour apporter des solutions intéressantes (et en dehors des outils propriétaires). Mais la génération actuelle des jeunes designers est sur les rangs et propose des solutions, expérimente des environnements, telle Stéphanie Vilayphiou dans son projet « reading on screen » [ //latsami.free.fr/ ].
    A bientôt j’espère.
    L.D.A

  2. J’aime beaucoup cette idée du livre qui existe par sa capacité à fixer l’attention. Elle redit bien l’influence qu’exerce un auteur sur le temps de son lecteur.

    Avant ce moment privilégié de la lecture, non pas la décision de prélever au hasard un morceau du flux qui passe, mais un tissu d’influences, de filtres humains comme vous dites, grâce auxquels nous apprenons à négliger la plupart des flux et à freiner momentanément les autres pour en recueillir la substantifique moelle.

  3. Je vais répondre dans un billet… mais pour ce qui me paraît intéressant c’est la dernière proposition : pourquoi le livre ne deviendrait pas flux (tu justifies pas vraiment à mon sens).

  4. ce qui m’a bousculé, dans l’article Crouzet sur les « propulseurs », c’est l’impression permanente que – dans ce qui nous concerne pour la littérature – il ne s’agit pas moins que de « sauver sa peau »

    à quoi bon Rimbaud sur une étagère, et hier au « Zone » de l’université Laval les étudiants ils n’étaient pas devant les étagères à livre, mais faisaient la queue pour les vendeurs informatique – c’est pas un argument, mais pour moi c’est la question désormais :

    nos contenus ne valent pas s’ils ne sont pas actifs, intervenant à même la peau de la société comme les cabinets de lecture du 19ème, ou « la dernière mode » de Mallarmé en prenaient le risque

    le basculement dans cette logique de flux me semble aussi irréversible que le basculement dans l’idée de la « profusion » (sur mon eReader je n’emporte pas « des » livres, mais ma « bibliothèque ») – la question devient donc : comment, dans cette logique des « propulseurs », installer les contenus qui m’importent ?

    par exemple, si au bout de 24h un article de mon site a été lu 300 fois, j’aurai 70 visites via page d’accueil (les habitués), entre 60 et 90 via Face Book (via les liens et les reprises de liens), entre 20 et 30 via twitter et entre 20 et 30 via Netvibes

    il y a encore 4 ou 5 mois, ces chiffres auraient été très différents – c’est en regardant ça de près qu’on peut arriver à piger l’échelle des combats des chefs, Face Book tendant à devenir navigateur autonome, Androïd et Chrome intégrant fonctions sociales etc

    me semble décisif en ce moment de comprendre que compte moins la notion de « livre » (y compris pour nos formats epub ou pdf de l’édition numérique) que la place que prend – là où nous pensions livre – le navigateur lui-même, et ses fonctions d’enrichissement

    et qu’au bout de la chaîne des flux il y a cependant notre rôle de « producteur de contenu », vigneron de notre arpent de vin bio

    le paradoxe alors, entre approche René et approche Thierry, serait d’arriver à penser que 1, le contenu n’est plus dissociable des flux qui le portent, et 2, en remplaçant ou s’insérant dans notre rapport au monde (le temps individuel de lecture, du livre comme du journal comme de la correspondance privée) la chaîne ou l’activité flux devient elle-même EN PARTIE un fait autonome de lecture

    en tout cas, dans le cadre d’une expérience comme notre //www.publie.net, pas possible de contourner ces questions – qui valent pour les 2 extrémités de la chaîne, la presse d’un côté, les éditions savantes (je pense à « Contemporanéités » de René) de l’autre

  5. j’ai dit une grosse bêtise dans fin de mon précédent comment : « le contenu N’EST PLUS dissociable des flux qui le portent »

    c’est précisément là-dessus que je vais centrer mon intervention ANEL le 17 (ô sainte-Latrouille!) :

    les contenus N’ONT JAMAIS été dissociables des flux qui les portent

    depuis la première page imprimée (empreinte graphique d’un sceau sur rondelle d’argile), via passage au rouleau d’écorce (« liber », voir magnifiques analyses pré-web de Quignard dans Petits Traités 1, en Folio) puis évidemment dans l’apparition du livre

    et, comme nous le vivons aujourd’hui, c’est dans cette RELATION du texte à son support matériel en tant qu’objet matériel circulant et diffusable que s’inventent les formes de récit, depuis les vieilles génalogies bibliques, les procédés mnémoniques du vers de Homère à Baudelaire, ou encore plus récemment le « roman » via l’irruption de la presse et du feuilleton

    juste qu’on change d’échelle et de quantification du temps

  6. Il faut alors prendre en considération la question de l’identité et de la reconnaissance de forme sous la fluctuation, que ce soit pour une communication interpersonnelle simultanée ou pour une expérience personnelle de retour ultérieur sur le « même » flux.

    Probablement pas sans analogie avec la reconnaissance phonologique qui nous permet de dire « c’est le même mot » entre deux énonciations dont la phonétique n’a rien à voir (hauteur, tessiture de la voix, masculine ou féminine, absence de voisement du chuchotement, …).

    Si Héraclite met en évidence l’impermanence du flux, il reconnaît assez le fleuve pour le comparer.

  7. Bonjour,

    Merci pour ce billet qui m’a fait bien réfléchir.
    Sur la notion de livre et de flux, à partir d’une approche plus sc de l’information et moins littéraire, il y avait eu aussi une discussion intéressante chez moi il y a presque 2 ans maintenant, mais j’ai l’impression que les arguments n’ont pas beaucoup bougé, même si on a numérisé des millions de pages depuis :
    //blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/2007/11/17/369-la-resistance-du-livre
    //blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2007/11/20/373-la-resistance-du-livre-2

    Cette permanence de la discussion et cette impression de sur place me renforce d’ailleurs dans ma conviction première.

  8. Réaction rapide (je ne peux me permettre pour l’instant de répondre à tous les commentaires, aussi pertinents et stimulants soient-ils tous) :

    ce qui me frappe, c’est la définition implicite infinimement variable de ce terme de flux (ici un contenu, là un support de contenus)… c’est à se demander si on parle la même chose que les anglo-saxons avec leur stream…

    je décline la vision du livre entièrement soumise à la tendance actuelle du flux comme signifié (quasi) pur — d’où ma sortie sur l’impossibilité de se détacher de la mise en forme, de la médiatisation du langage, tant pour le livre que pour l’information aujourd’hui. nous lisons toujours dans un contexte (GReader d’un côté, webs agrégatifs de l’autre), qui réincarnerait le flux… mais c’est justement la prétention que l’on dissocie l’info (le message) de son support (de son médium), au moment de sa transmission, qui me paraît diablement naïf. ce n’est pas la nostalgie de l’encre qui m’assaille ; je ne doute pas des effets de stabilisation éventuels des interfaces ; je réagis simplement à la tension inévitable entre une inertie associée au livre (qui n’est pas connotée négativement ici) et la fluidité, la labilité des contenus dits flux… que le premier puisse se fondre dans le deuxième, soit ; mais il garde cette force de stabilisation et d’appel d’une attention particulière.

    à fbon, tout de même : la file d’étudiants chez Zone, ceux-là qui s’achètent du matériel informatique… c’est le double effet des repères aisés pour le livre (pas de configuration sur laquelle se faire conseiller — le prof a pointé la bonne édition à acheter, d’une part, et l’identité du truc est facile à saisir, d’autre part : un ISBN, un titre, un éditeur) et de l’amortissement plus important de la bécane informatique (un bouquin : quelques dollars/euros, tant pis si ça bogue, on enfouit dans la bibliothèque, on revend en usagé, voire on recycle — alors que l’ordi, lui, ça reste tout de même un investissement que l’on ne remise pas en cas d’insatisfaction… du moins avec plus de réticence!)

  9. Le flux devrait nous permettre justement d’y voir un peu plus clair sur ces questions. Le flux n’est pas sans forme, même si celle-ci est réduite à sa plus simple expression : le flux comporte du contenu, des balises typographiques (paragraphe, italiques, liens, graisse, titre) et des métadonnées (auteur, date, etc.). Si le contenu circule sans son support, il s’adapte à ceux sur lesquels il se branche. Un flux peut s’afficher sur un écran, mais aussi ne faire qu’allumer une lumière quand il s’active (même si ce flux est fait composé de contenu, balises et métadonnées). Le flux s’adapte mieux à certaines formes qu’à d’autres (des mises en pages complexes n’entrent pas dans un flux). Le flux ne sépare pas la syntaxe d’un minimum typographique (sans embarquer pour autant les polices, les tailles…). La mise en page ni la syntaxe ne sont castratrices, mais force est de reconnaître que l’industrialisation de la culture a considérablement réduit leur espace d’expression : la presse et les livres utilisent des techniques complètement industrialisées, donc pleinement interchangeable. Les CSS (les modèles) façonnent désormais à l’envie l’apparence des contenus qu’il est possible de changer à la volée.

    Maintenant, il y a certainement du sens qui dépasse cet aspect cosmétique de la présentation du texte… On ne lit certainement pas de la même façon dans un agrégateur et sur un site.

    Je ne sais pas si le flux nous libère des interfaces (il en faut toujours une pour y accéder), mais elle permet de décider de la valeur du « recentrement », de l’attention qu’on y met, oui. Les filtres sont indispensables et notamment le premier, celui qui décide de ce qu’on fait d’un flux : le retenir (pour le mettre où ?) ou le rejeter…

    Le flux peut être instantanée certes, mais il peut aussi être stocké. Il est synchrone et asynchrone. Son instantanéité ne le rend donc pas pour autant inopérant ou inutile. Il agit en son absence.

    Mais le livre comme le flux (pour autant que le livre s’oppose autant que ça au flux), portent une même capacité à fixer l’attention et le même regard-caméra du producteur de flux. Le livre est aussi un flux, avec un tuyau plus épais ou un écoulement plus pâteux.

  10. « c’est justement la prétention que l’on dissocie l’info (le message) de son support (de son médium), au moment de sa transmission, qui me paraît diablement naïf. »

    Je souscris tout à fait, ainsi qu’à la nécessité de spécifier ce que l’on entend par flux (« stream » ou « flow »).

    Il me semble qu’il peut être utile d’invoquer la notion de transformation, autant par allusion aux travaux de Chomski que par référence aux mathématiques.
    On gagnerait sans doute à considérer systématiquement chaque stade d’un « livre » comme une instance de document, proposant des opérations de transformation/appropriation.

  11. Le message et le support ne se dissocient pas, mais que la plasticité des flux permet désormais de composer de manière protéiforme ou multisupport… Ce qui complexifie d’ailleurs la composition des messages (qui doivent être adaptés à plusieurs types d’affichages, d’usages, d’écrans…, pour autant que ce soit possible) : le titre d’une rubrique de veille sur Delicious doit s’adapter à Twitter, à un affichage sur site web, au flux RSS, à une agrégation dans d’autres flux… Le quotidien pourrait tout à fait être produit sous forme de livre, de feuillets vendus à l’unité, etc., tout comme aujourd’hui un billet de blog a plusieurs dizaines d’affichages différents (dans l’agrégateur, mais aussi jusqu’à Twitter et Delicious). Bien sûr, faire rentrer du billet de blog dans Twitter, automatiquement, n’est pas si simple, on s’en rend vite compte : chaque support aurait besoin d’un message différent, adapté. Ceux qui twittent le mieux ne le font pas automatiquement…

    Nonobstant, le numérique permet de dissocier de plus en plus le message du support (même si cela produit des aberrations). Cela ne se fait pas au moment de la transmission, mais dans l’écoulement du flux. Ce n’est pas nécessairement naïf. Avoir son lapin qui clignote dès que sa blogueuse préférée poste un billet ou un tweet (sans même permettre de voir le contenu), ne me semble pas une aberration. InternetActu ou TiersLivre pourraient ne plus avoir de site web : mais fonctionner uniquement sur une multitude de supports : fils Twitter, Facebook, newsletter, pages Netvibes, etc.

    Cette capacité s’explique certainement par la structuration industrielle voire même globale du triplet qui compose le billet, l’article. Le découpage XML de cette forme ultra-simple : titre, contenu, source, qui font que nos médiums se structurent de plus en plus pour l’accueillir.

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