Raconter, imaginer: repères de lecture dans un nouveau médium (le cas des blogs)

Amusant, l’engouement actuel pour l’étude des weblogs. Et foisonnant surtout: du gender à la littérarité, de la démographie des usagers à la fonction narrative. Deux documents croisés récemment m’incitent à revoir le lien entre les conventions fortement établies de certaines pratiques génériques (littéraires ou non) et le vague rendu possible par de nouveaux médias – ou par de nouveaux usages de médias connus.

? Un état des faits : Jill Walker soumet son article définissant le weblog (à paraître dans le Routledge Encyclopedia of Narrative Theory). Au menu: questions de temporalité, d’autorité, avec une extension sur les blogs narratifs.

? L’article The Labyrinth Unbound: Weblogs as Literature part d’un postulat: le blog n’est pas (plus?) qu’un simple support technologique, il constitue maintenant une pratique d’écriture en soi. Son but :

to highlight a non-binding, tentative set of shared elements encompassing aspects of voice, specific techniques of interpretation and understanding required on the part of readers, and unusual, even unique, opportunities offered to both reader and writer regardless of their specific content or tools.

Son hypothèse générale :

Despite frequent questions about whether online voices are « honest » or « real », and concerns about webloggers presenting themselves truthfully, the weblog remains a realm marked by collapses of fiction and non-fiction, storytelling and memoir, art and artifice.

À approfondir (fiction/non-fiction, narrativité, sérialité).

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Addenda : un autre exemple (merci Clément) de cette attention scientifique au discours des blogs : une thèse en cours sur le « je » énonciatif des blogs (à partir d’un corpus lusophone).

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3 réflexions au sujet de “Raconter, imaginer: repères de lecture dans un nouveau médium (le cas des blogs)”

  1. Plusieurs chercheurs a l’universite en France travaillent sur le sujet des blogs.
    Florence Le Cam (doctorante a l’Universite de Laval et qui travaille aussi a l’Universite de Rennes – France) connait bien cela et certaines equipes.
    Voici son blog pour info :
    //www.flecam.com

  2. J’aurais préféré lire : le cas des blogues, ou des carnet web. On répand l’usage du mot ‘blog’ comme on a répandu celui de ’email’. Autrement, pour moi, le blogue est une forme d’expresssion comme une autre. Après le clavardage, les forums, les pages web individuelles, voilà tout simplement un format simple et rapide. Évidemment, il va y avoir 10 000 chercheurs qui vont se pencher sur le ‘phénomène’, tout est prétexte aux études, aux synthèses, aux blogues.

  3. Blog / blogue / carnet… Je suis évidemment sensible à l’usage des termes. Dans ce cas-ci, c’est l’usage courant qui s’est imposé à moi. Je reste assez frileux devant des reprises lâchement francisées de termes anglais – ce qu’est pour moi « blogue ». J’aime bien le terme « carnet » (dont la Grande Rousse est une excellente ambassadrice), mais il ne me convenait pas – d’où ce « calepin » (lieu pour rassembler des notes, sans trop de place à la subjectivité). C’est un choix personnel : ReLiC n’est pas un journal, mais un outil de travail.

    Sur l’emploi commun de blog / blogue / carnet : dans le cas de cet article, je voulais faire référence le plus clairement possible à la pratique (qui n’est pas très connue des littéraires, qui ne sont pas les plus branchés). D’où l’usage du terme anglais, qui est d’abord et avant tout une contraction de « weblog ». Simple cas de pragmatique, à mon sens. On verra si l’usage du terme « carnet » se répandra aussi bien (ou aussi méandreusement) que « courriel »…

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