Le personnage dans le roman contemporain. Bourse de recherche postdoctorale (décembre 2012-juin 2013)

René Audet, 14 septembre 2012

Suivant le modèle de projets de recherche du monde anglophone qui offrent des bourses avec thématiques imposées, Nicolas Xanthos et moi lançons une offre de bourse pour un projet postdoctoral en lien étroit avec le projet de recherche que nous entamons. De la sorte, nous souhaitons une collaboration étroite entre un jeune chercheur dynamique et les deux cochercheurs du projet, mais aussi (et surtout) avec les auxiliaires de recherche de l’équipe (tant à Québec qu’à Chicoutimi). Les candidatures sont attendues pour le 9 octobre prochain.

 



Le personnage dans le roman contemporain

Bourse de recherche postdoctorale (décembre 2012-juin 2013)

Dans le cadre du projet de recherche « Agir, percevoir et narrer en déphasage : les personnages déconnectés comme indicateurs des enjeux contemporains de la narrativité » (http://www.crilcq.org/recherche/poetique_esthetique/agir_percevoir_et_narrer.asp), un appel à projet de recherche postdoctorale est ouvert. D’une courte durée (7 mois), le projet devra s’arrimer à la problématique générale du projet et contribuer à l’avancée des travaux menés par les deux coresponsables (René Audet, U. Laval et Nicolas Xanthos, UQAC).

Le projet de recherche proposé s’inscrira dans l’étude du personnage romanesque dans le corpus romanesque depuis 2000. Les enjeux narratifs, la représentation du sujet, l’interrogation de l’agir sont autant de volets pouvant être abordés, que ce soit dans les corpus nationaux privilégiés, français et québécois, ou dans tout autre corpus contemporain. Un intérêt pour la littérature numérique serait un atout. Le projet devra mener à une publication (dans une revue avec comité de lecture) et à l’organisation d’une journée d’étude en mai ou juin 2013.

Le chercheur postdoctoral devra participer aux travaux de l’équipe et idéalement contribuer à l’encadrement des assistants à l’Université Laval et à l’UQAC. Il sera responsable de l’animation d’un carnet web et dirigera deux ateliers de l’équipe. Il sera attendu que le chercheur s’intègre aux activités scientifiques du CRILCQ ou de Figura.

Le chercheur recevra (en deux versements) une bourse de 22 000 $ pour l’ensemble de son projet postdoctoral.

 

Conditions d’admissibilité :
- la thèse du candidat devra être en cours d’évaluation au 1er décembre 2012 ou avoir été soutenue depuis moins de cinq ans ;
- les candidatures non canadiennes sont admissibles.

 

Critères de sélection :
- la qualité du dossier universitaire (parcours académique, dossier scientifique) ;
- l’intérêt et l’originalité du projet de recherche proposé.

 

Dossier de candidature :
- curriculum vitae (incluant les bourses obtenues et les publications scientifiques) ;
- photocopies des relevés de notes des études supérieures ;
- résumé de la thèse (une page) ;
- projet préliminaire de recherche postdoctorale (une à deux pages).

 

Le dossier de candidature doit être envoyé par courriel au plus tard le 9 octobre 2012, à l’attention de René Audet (rene.audet@lit.ulaval.ca).

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Pour une diversification du discours académique

René Audet, 13 septembre 2012

Pour les universitaires, il paraît difficile de ne pas succomber au piège du conformisme discursif. Une thèse selon les usages, un article comme il le faut, une monographie dense, longue et encore plus longue. Le tout dans un système qui encourage la réduplication des modèles (processus qui a certes valeur pédagogique, on s’entend) et qui programme les attentes en conséquence.

Helen Sword, dans The Times Higher Education (merci à Benoît Melançon), s’attaque aux différents mythes liés à la prose académique. Rafraîchissant, son article attire l’attention sur ces supposés passages obligés et les « on-dit » de l’écriture en contexte universitaire. Le premier mythe qu’elle mentionne, « Academics are not allowed to write outside of strictly prescribed disciplinary formats », est bien formulé : cette prescription implicite, qui l’établit, qui la maintient ? Et elle poursuit sur d’autres cas de figure : les chercheurs bien en selle peuvent s’en permettre davantage, certains ne souffrent pas des affres de l’écriture, les textes destinés au grand public sont un sous-produit et entraînent le mépris des collègues… Son discours, ouvert à de nouvelles réalités, reste toutefois un peu faible dans cette ouverture à de nouveaux possibles.

On voit jaillir, par ailleurs, des initiatives pour réfléchir à cette écriture dite « experte » — signalons ce colloque international qui se tiendra à l’Université de Sherbrooke en juin 2013 : « L’écriture experte : enjeux sociaux et scientifiques ». Espérons que ce sera l’occasion, notamment, de penser hors des cadres (to think out of the box).

Dans cet esprit (mais il y a loin de l’idée à son implantation), un volet de la version revisitée de la revue temps zéro que je dirige fera place à une forme inusitée dans le discours académique : l’article bref. S’inspirant quelque peu du travail mis en place dans Salon double, ce format intermédiaire entre le résumé et l’article académique visera plutôt à développer une intuition de lecture / d’analyse sur une dimension poétique, esthétique ou imaginaire du corpus contemporain. Sorte de plongée rapide, pas nécessairement appuyée par une analyse approfondie, mais relevant d’une certaine vision d’un aspect de la littérature d’aujourd’hui. Pour contrebalancer le rythme lent des dossiers d’articles (qui seront plus systématiquement publiés deux fois par année), ces articles de chercheurs paraîtront une fois par mois. Reste à définir plus précisément la formule précise : sous quels mots décrit-on cette intuition ? quelles modalités d’évaluation établir, pour cerner la rigueur singulière de ces articulets que l’on souhaite reconnus pour leur valeur propre ? comment arriver à casser le moule de l’article long pour susciter un rythme et une densité plus grands ?

Rendez-vous en janvier 2013… d’ici là, vos idées et propositions sont les bienvenues.

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Maillages

René Audet, 17 avril 2012

L’éparpillement nous guette constamment : des cours aux projets de recherche, des tâches administratives aux étudiants à encadrer. Thématiquement, il frappe tout autant, à l’intérieur de la seule sphère des communications scientifiques. Mai en est un bel exemple : atelier de réflexion et de création sur le récit contemporain coorganisé avec Mahigan Lepage, participation à un colloque sur la théorisation des recueils de nouvelles puis présentation dans le cadre du congrès de l’Association des archivistes du Québec.

Quel rapport entre ces activités ? Les sujets sont distincts : une réflexion sur le numérique et son incidence sur l’écriture narrative, dans le premier événement ; un parcours de mes travaux sur l’organisation des recueils de nouvelles et sur les romans éclatés d’aujourd’hui, dans le deuxième colloque ; une discussion sur la valeur d’usage des archives scientifiques, dans le troisième cas. Pourtant, la ligne se dessine, tout aussi implicite soit-elle. Des enjeux de poétique, plus particulièrement de poétique médiologique, si l’on veut : interaction du support avec son sens, avec son usage, en lien avec la place saillante du numérique dans les écritures et les pratiques scientifiques ; dans tous les cas, prise en considération de la construction dynamique du sens, dans des recueils, des œuvres diffractées ou des corpus d’archives.

Le maillage peut également être transversal. Ainsi cette proposition d’écriture d’abord pensée pour les participants de l’atelier « Les moyens du récit contemporain », mais que Mahigan et moi avons tout aussitôt élargie à toute oreille ouverte. Partant d’une réflexion sur les moyens, les dispositifs de l’écriture narrative, nous imaginons cette proposition qui vise à fabuler un trajet, un déplacement vers Québec. Des matériaux (trame sonore urbaine, vidéo autoroutière, images google-earth-iennes), des invitations à écrire une vision de ce parcours. Le site recueillera d’ici le 16 mai les textes des uns et des autres, sorte de mise en commun d’un imaginaire poussé à s’exprimer, à partir de contraintes minimales. De là, poursuite collégiale de la réflexion sur ce que peut faire la fiction d’aujourd’hui lorsqu’elle s’inscrit dans cet espace parcouru, comme cas de figure des moyens du récit contemporain. Au plaisir de vous lire !

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Son intériorité. Pas la mienne

René Audet, 1 mars 2012

Chicoutimi

Colloque « Intériorités contemporaines », vendredi 2 et samedi 3 mars 2012, Université du Québec à Chicoutimi. Programme ici.

J’y parle de Réussir son hypermodernité de Nicolas Langelier et du Livre des peurs primaires de Guillaume Vissac.

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Mise à jour : mon texte disponible ici.

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Oubli, suite : faire vivre la mémoire

René Audet, 2 février 2012

Marie Martel prend au mot l’idée que la mémoire nous appartient. À la suite du décès de la poétesse Marie Savard, elle la (re)fait émerger. Méandres d’une semaine de démarches, pièces à l’appui. Merci à elle de faire taire le silence.

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Sur l’oubli

René Audet, 26 janvier 2012

Dans son étonnant Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles, Nicolas Langelier se sert de son alter ego romanesque pour ramener à l’avant-plan une vérité générale (pourtant déterminante dans cette traversée difficile du personnage, liée à sa FOMO et la soif d’aller inconditionnellement de l’avant) :

Le temps est une invention humaine.

Invention, ou obsession. Se situer, marquer le temps qui passe (ou le temps passé), rejeter en arrière ce qui n’est pas nouveau, avoir l’impression de s’imposer au monde parce qu’on n’appartient pas à ce qui fut, mais à ce qui est — encore mieux, à ce qui sera.

Dira-t-on que l’on appartient à une culture qui ne regarde qu’en avant ? (forme de présentisme par procuration, empruntant aux enfants le droit d’habiter le présent qui sera le leur dans quelques années… que leur laisse-t-on alors ? fuite en avant récursive ?)

Beau paradoxe de cette culture projetée dans le futur, alors qu’elle se constitue de ce que l’on a été (collectivement). De la considération que l’on peut avoir pour les jalons qui ont permis au monde actuel d’être tel. De la lecture de notre passé. L’époque actuelle raffole pourtant de l’archaïsme, du has-been, du kitsch par décalage temporel. Beau paradoxe, bis. Judith Schlanger, en conclusion de son bel ouvrage La mémoire des œuvres, rappelle l’intrication étroite de la mémoire, de la visibilité et de la valeur.

Mourir à la mémoire, c’est perdre sa visibilité.

C’est le destin des œuvres que d’être oubliées. Pourtant, c’est lorsqu’elles émergent de la mémoire que les œuvres retrouvent leur visibilité, et leur valeur.

Commencer à exister dans les lettres, cela signifie entrer dans un circuit de visibilité. On devient précieux et important, on devient pertinent en devenant d’abord visible.

D’où l’importance de l’érudition, dit-elle, l’érudition non pas scientifique mais comme une manière d’être dans la durée. La lecture, l’interprétation, la reprise, le recyclage… toutes ces modalités contribuent à la visibilité et à la valeur. N’a-t-on jamais autant lu qu’aujourd’hui, alors qu’on se flagelle en avouant notre culture oublieuse ? Peut-être que nos intérêts, nos obsessions culturelles nous conduisent sur une mauvaise piste.

La mémoire est un dispositif où les valeurs culturelles semblent prendre le relais des valeurs intellectuelles ou religieuses sur le retrait. Il arrive assez couramment que ce qui est dévalué pour la connaissance soit pourtant maintenu comme précieux dans la mémoire. Nous ne croyons pas aux mythes, mais ils nous plaisent et nous font rêver. L’alchimie ne nous convainc pas, mais elle nous paraît très intéressante.

Hum… la lecture de L’œuvre au noir. Impossibilité théorique d’une adhésion fictionnelle comme la représentation du réel d’aujourd’hui pourrait prétendre y parvenir. Pourtant. Fascination, hésitations, parcours de Zénon. Souvenir extrêmement vague, mais une impression forte demeure. Tiens, parenté avec Giordano Bruno, saut soudain vers Italo Calvino. Le plaisir profond de la connaissance, de l’intuition, de la quête, de la fabulation. Zénon paya de sa vie pour ce plaisir : dans sa cellule, dormant à trois mètres du sol sur un monceau énorme de livres et de dossiers, il rêvait aux ouvrages parcourus, des plus étranges aux plus érudits. « Je me suis gardé de faire de la vérité une idole, » disait-il, « préférant lui laisser son nom plus humble d’exactitude. » Le temps est une invention humaine. L’espace aussi, comme les essais de Calvino le rappellent, qui le figurent en train de visiter une réserve de bibliothèque à Mexico. Des fresques éclatantes des murs émanent un sentiment de protection : nous assurerons votre mémoire. Quelles valeurs culturelles s’imposent aujourd’hui ? Difficile de les identifier alors que nous les triturons sans cesse. Zénon, lui, aura refusé le temps au profit de la mémoire.

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De la diffusion numérique : podcasts et reverse editing

René Audet, 2 novembre 2011

L’initiative du Café numérique se révèle très stimulante — s’obliger à se plonger dans des approches voisines du numérique mais nécessairement différentes de ma propre vision ; rencontrer des auditeurs dont la familiarité avec les enjeux est variable mais l’appétit tout aussi grand ; voir comment le sujet captive, en dehors des murs de l’université.

Dans cet effort de mise en place d’une petite communauté, le souhait de dépasser celle-ci est concomittant. D’où l’idée d’en faire des podcasts, qui assurent la pérennité de la conférence et des discussions qui l’accompagnent. Jusqu’à maintenant, deux rencontres : Mathieu Rocheleau qui discute de l’utilisation de la 3D en sciences historiques et Milad Doueihi qui part de son ouvrage sur l’humanisme numérique pour discuter plus avant des enjeux de la diversité culturelle et de la dimension politique. Les fichiers sont au bas de cette page, à écouter directement dans votre navigateur ou à télécharger.

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Autre registre : les Éditions Nota bene, éditeur spécialisé en sciences humaines, poursuivent leur pénétration du marché numérique. Parution parallèle de plusieursnouveautés au format pdf (pour l’instant), mais surtout publication rétrospective (reverse editing, ça existe ?) de titres antérieurs. Le compte est à 19 en date d’aujourd’hui, et va rapidement croissant. Et pour favoriser la diffusion de travaux plus anciens, Guy Champagne, leur directeur, fait le choix de diffuser gratuitement certains titres. Le premier à en bénéficier : l’ouvrage collectif La discursivité, dirigé par Lucie Bourassa (édition originale en 1995).

(Dénonciation de conflit d’intérêt : j’y dirige la collection « Contemporanéités ».)

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Bookcamp Montréal, du coin de l’œil

René Audet, 3 octobre 2011

Bizarre tout de même — je n’ai pas senti le devoir, ni le besoin, de faire un bilan du bookcamp auquel j’ai assisté à Montréal vendredi dernier. C’est Karl qui m’a remis en doute en relayant différents bilans sur twitter plus tôt aujourd’hui… et je m’y suis précipité pour les lire. D’autant plus étrange que l’exercice m’avait été important après la Fabrique du numérique, il y a 18 mois : importance de mon bilan et de celui des autres, aussi mitigés ou positifs étaient-ils.

Ma participation au bcmtl était spontanée et d’entrée de jeu intéressée : voir où on en est, prendre le pouls, rencontrer de nouveaux acteurs du milieu. Pourtant, j’ai constamment eu le sentiment d’être un témoin plutôt qu’un acteur. La formule le permettait (voire y incitait), certes. J’étais un des rares universitaires non bibliothécaires ou éditeurs à en être ; ça jouait également. Twitter donnait accès à un réel off-bookcamp : des commentaires, des coups de gueule, des ajouts par des personnes qui n’osaient intervenir, des discussions parallèles, l’ensemble était riche et complémentaire.

Pourquoi ne pas faire de bilan ? Parce que ça ne l’appelait pas. J’y allais pour discuter et entendre discuter, pour revoir de belles têtes intelligentes croisées à la Fabrique ou uniquement lues sur twitter. Il y a certainement des oh!, des ah! et des bof! à formuler (d’autres l’ont fait, je ne les recense pas). Il me reste l’énergie que plusieurs dégageaient, le sentiment que ça bouge.

Traîne aussi le sentiment d’une édition très orientée institutions et politiques — pas de Hadrien Gardeur pour venir parler du epub et d’Onyx comme au bookcamp de Paris il y a peu, pas d’éclatement de l’idée du livre pour rafraîchir un peu les perspectives (sinon cette évocation, pas heureuse selon moi, du texte comme perspective de rechange). On a trop peu posé la question de l’œuvre, comme le souhaite Marie Martel que je rejoins sur ce point (et d’autres !). Libre à moi/nous de le proposer vendredi dernier ? Oui bien sûr, mais… ça n’allait pas vers là. (Et pas de reproches aux organisateurs, vraiment.) Rien de sensible non plus du côté de l’édition scientifique, sur les nouveaux modèles discursifs, sur l’open access… (de quoi faire, oui, une Fab’ 2012-13-14…).

Je suis revenu satisfait mais encore affamé. Le champ est très large (il l’était, exponentiel, la veille au Forum @LON du CALQ). Le moment est venu, me semble-t-il, d’emprunter des voies plus spécifiques — sans reconduire des silos, plutôt suivre des chemins de traverse, tirer des fils de trame, fabriquer du numérique avec des gens qui ne s’en rassasient pas et qui ne mangent pas tous le même menu. Repiquer cette complémentarité palpable vendredi dernier et la multiplier, mais dans un cadre plus singulier, plus appliqué.

Des idées ? Inventer un mode de référencement à l’intérieur des textes (réinvention du rôle tenu par la page, à partir du epub3 ?). Moduler l’idée d’œuvre pour l’inscrire dans les logiques bibliothéconomiques. Construire notre patrimoine littéraire québécois en version numérique. Donner des outils aux scientifiques pour écrire autrement, pour diffuser plus efficacement. Aider les éditeurs à réinvestir les œuvres sous droits mais qui ne sont plus exploitées en papier. Agréger de façon personnalisable et intuitive les contenus littéraires numériques et les discours qui les reçoivent. Repenser le prêt en bibliothèque depuis des plateformes de streaming. Élaborer des vitrines communes aux créateurs numériques.

Des chantiers nous attendent. Attaquons-nous à eux un à un…

 

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Le long, le bref et le truchement numérique

René Audet, 15 septembre 2011

Je laisse ici le texte et la présentation de ma communication dans le cadre du colloque sur les cultures numériques organisé par Milad Doueihi à Québec, du 14 au 16 septembre 2011. (Le texte n’est pas nettoyé de ses éléments contextuels et autres marques d’oralité.)

TextePrésentation

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Addenda du 19 septembre : difficile d’être plus en phase avec Hubert Guillaud : « C’est la nature même des livres qui est en train de changer », reprenant les paroles de Jon Meacham, editor chez Random House.

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À quoi bon écrire des articles, quand on est journaliste ?

René Audet, 18 août 2011

En écho aux réflexions de CFD hier et dans le sillage de mes explorations sur le long et le bref en contexte numérique, les propos de Jeff Jarvis sont des pistes stimulantes. Il interroge particulièrement la portée et l’utilité de la forme de l’article en contexte journalistique.

This discussion over the fate of the article has direct relevance to those wanting to shift to digital first. Going digital does not mean merely putting articles online before the presses roll, as then print still rules the process. No – digital first means the net must drive all decisions: how news is covered, in what form, by whom, and when. It dictates that when journalists know something, they are prepared to share it with their public. They may share what they know before their knowledge is complete so the public can help fill in blanks.

In this way, digital first resets the journalistic relationship with the community, making the news organisation less a producer and more an open platform for the public to share what it knows. It is to that process that the journalist adds value. She may do so in many forms – reporting, curating people and their information, providing applications and tools, gathering data, organising effort, educating participants … and writing articles.

Cette diversification des moyens de transmission est un signal du nouvel écosystème informationnel balisé par le numérique. Jarvis insiste sur le fait que l’article est (doit être) une version augmentée de l’information. Que des ressources doivent être réservées à cet objet à valeur particulière. Que le journalisme actuel dilue les vrais articles à travers une mer de pseudo-histoires inspirées de l’actualité. D’où, finalement, l’intérêt de l’écologie numérique, qui ajoute de nouvelles formes de transmission qui passent par un autre canal que le classique article.

Sa réflexion croise également l’idée de valeur (et de fonction) du livre et des articles.

When people say they like newspapers and books they aren’t just talking about the physical form of them: the feel and smell, the portability and tangibility. They are talking about the finiteness of them. Articles and books have beginnings and ends; they have boundaries and limits; they are packaged neatly in boxes with bows on top; they are a product of scarcity. Abundance is unsettling. That is precisely why the internet is disruptive not only to business and government but to culture and cognition. Threatening the dominion of the article is to threaten our very worldview.

Caractère fini, ampleur saisissable, valeur liée à la totalité que l’objet constitue : des questions que le livre numérique pose tout aussi lourdement. Et la littérature autant que le discours scientifique sont concernés. Le numérique ébranle notre vision du monde — de façon générale (cognition, perception, représentation du savoir) autant que du point de vue de la transmission de l’écrit, qui est en lui-même une vision du monde.

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