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(fiction) Une ville invisible

8 février 2009

image-1Après la longue remontée de l’estuaire marquée par les murmures et les coups de rame du passeur, j’arrive au milieu de la nuit dans la cité de Sophia. Perchée sur un promontoire, résistant au vent comme une colonie de moules sur un rocher battu par les marées, elle se détache de la noirceur par une sorte d’aura verte, relent d’une nature avide de renaître malgré l’hiver bien installé.

Mes premiers pas dans la cité me font arpenter des rues étroites, ici bordées par d’antiques demeures, là aseptisées par un enchaînement de grands immeubles vides de sommeilleurs, là encore enfouies sous des vagues de neige. Je découvre un milieu favorable à la vie, malgré la rigueur apparente du climat ; les habitants sont en toute évidence maîtres chez eux et enclins à le demeurer.

Sillonnant cette cité nocturne, je me dis, sans crainte de me tromper, que le jour doit être ici trépidant, tant les nombreux signes inscrits dans la pierre des édifices, les installations et moulages plantés aux endroits les plus inattendus et les résidus d’images extérieures laissent entendre une grande vitalité de ses habitants. Je peux lire dans ces traces, malgré l’inanition momentané des lieux, le bouillonnement vif et bigarré de la collectivité. « Quelle grande réussite, quelle capacité de conduire les gens hors d’eux-mêmes et de proposer des incarnations de leur propre vision du monde… » À livre ouvert, la Sophia de la nuit se laisse découvrir par ce qui la distingue de toute autre cité de l’empire.

Transi dans la nuit qui tranquillement s’éclaire de la lueur de l’aube, j’entre pour me réchauffer dans un casse-croûte où je réfléchis à ce que je viens d’observer. Me prenant à évoquer à voix basse ces découvertes et à exprimer ma stupeur, un vieux barbu étire son menton hors de l’ombre de sa tasse de café fumant. À son invite, je lui manifeste mon admiration à propos de la capacité de la cité à se construire aussi magnifiquement. « La cité ? », répond-il, surpris. « Mais ce que vous voyez est pourtant l’issue d’une histoire mouvementée, vous savez. »

Érigée sur les ruines d’époques antérieures et de régimes politiques alternés, me raconte-t-il, Sophia voit sa modernité se dessiner dans la volonté de ses habitants de maîtriser leur destinée — leur premier geste a été de vouloir définir et investir leur discours, leur image, leur vision. 

C’est en réponse à cette aspiration que se sont regroupés les grands Mages. Ils ont cherché dans la démesure l’idéal de leur collectivité. Imaginant d’immenses fresques, ils ont voulu peindre leur passé glorieux et la splendeur de leur milieu de vie. Ils ont construit de superbes presses, destinées à la diffusion des pages les plus nobles et les plus pures. Ils ont souhaité faire entendre, sous la direction de maîtres, les mélodies qui séduiraient toutes les collectivités environnantes. Le destin de Sophia ne pouvait être envisagé sous un meilleur jour.

Mais alors que les presses rouillaient par manque de mots à reproduire, que les couleurs refusaient de rendre l’image du passé et que l’on comptait plus de chefs d’orchestre que de musiciens, au profond désespoir des Mages, les petits Acrobates poursuivaient leur routine de contorsions et de voltige. C’est sans surprise qu’ils renversaient la boîte de caractères des imprimeurs et se mettaient à galoper sur ces minuscules échasses à travers la cité, laissant des chemins de mots derrière eux. Certains d’entre eux ont un jour empilé des blocs autour de quelques pacifiques arbres, soudant les constructions inertes à la vie cyclique de la cité. Du haut de leur tour, ils ont repéré des nids d’hirondelles à flanc de colline, où d’autres ont installé des boîtes à voix et des machines à ombres.

Peu à peu, les Acrobates ont pris l’habitude de se raconter leur vision de projets farfelus ; les uns ont réécrit les mots des autres ; certains ont même su inviter et faire entrer des Mages dans la danse. La cité s’est trouvée habitée par des œuvres lumineuses ou virtuelles, conjuguant le tissage de l’espace et les vibrations euphoniques. Dans le renouvellement constant de ses visages, elle apparaît maintenant insufflée de la vie même de ses artisans.

Malgré l’impulsion nouvelle souhaitée par les Mages, le désir profond de la cité de trouver à s’exprimer s’est d’abord révélé comme un ressassement du passé, de ses clivages et de ses égarements. Et c’est grâce aux Acrobates que la Sophia d’aujourd’hui trouve ses fondements dans les esprits éveillés de tous ses habitants et dans le partage de leurs illuminations.

Posant un fond de café maintenant refroidi, le vieux barbu se lève et marche d’un pas leste vers la sortie du casse-croûte, frottant ses mains caleuses sur son habit tout barbouillé de peinture. Je n’avais pas remarqué, pendant notre conversation, à quel point il est de petite taille.

*  *  *

L’Empereur — Quelle riche cité ce doit être… tant de vie, tant de réalisations…

Le Découvreur — Qu’importe l’or… Sophia a bien démontré que sa richesse réside dans la communauté que forment ses habitants, Mages et Acrobates, dans leur ouverture et leur collaboration. La parole reste dans la cité la monnaie d’échange capitale.

L’Empereur — Mais ce n’est pas une ville parmi 56 autres… Il faut la révéler, en faire le point de convergence de tous les citoyens de l’empire…

Le Découvreur — C’est là, cher Empereur, une illusion de votre part. L’essentiel de cette cité est invisible pour les yeux de qui n’y habite pas. 

Sur ces mots, le Découvreur s’évanouit devant les yeux de l’Empereur, qui reste avec pour seul témoignage de Sophia cette chinoiserie d’histoire.

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Ask for money, you’ll get advice — le sort prévisible de Québec Horizon Culture ?

3 février 2009

Clément nous offre un compte rendu précieux de la rencontre préparatoire (non officiellement,  mais techniquement oui) à Québec Horizon Culture, à savoir le débat Participe présent tenu hier au Musée de la civilisation, qui portait sur cette culture au centre de l’événement, mais sur laquelle il n’y a pas nécessairement consensus, quoi qu’on veuille bien projeter.

Ce qui me frappe, c’est la lecture un peu ébahie des acteurs du milieu (là on en avait, même si ça reste encore de la strate de la gouvernance, mais en plus rapprochée) devant la machine politique qui se met en place pour l’événement Québec Horizon Culture. Une machine à mobiliser de force le milieu des affaires pour l’impliquer dans la survie du momentum culturel que Québec 2008 a pu créer — d’ailleurs un peu à l’étonnement de tous. Et les constats d’un arrimage problématique fusent : qu’en est-il de la médiation culturelle ? du monde de l’éducation ? de la diversité culturelle ? d’une vision qui dépasse le simple buzz pour un SoHo-St-Roch techno-bouillonnant ?

Les questions et observations de Clément sont fort justes, notamment sur le fait qu’il faille trouver à susciter un engagement. Mais ma plus grande crainte, c’est qu’à vouloir jouer à jeu ouvert, on perde nos atouts — ou qu’on perde le goût de jouer… Ask for moneu, you’ll get advice : le milieu des affaires entrera-t-il vraiment dans la danse, avec une invitation aussi explicite à mettre la main dans leur poche ? Pour le dire autrement : le sentiment d’appartenance, l’engagement, le sens du devoir envers la communauté est-il suffisamment fort chez les gens d’affaires de Québec pour permettre de contrer cet appel du pied un peu trop indélicat à leur endroit ? Ou certains comprendront-ils qu’il y a une rentabilité liée au geste (cf. cette allusion de Simon Brault aux fiscalistes qui devraient repérer l’avantage de l’investissement culturel) ? Ou simplement encore certains auront-ils le sentiment qu’on ne fait encore que discuter ? J’aimerais croire à une forte mobilisation, à des scénarios optimistes, mais je crains pour l’instant que des ordres de discours peu compatibles se rencontrent : des visionnaires par ci, des politiques par là, des acteurs du milieu encore là, puis des gestionnaires tout autour.

Pour le moment, l’idée qui me vient à l’esprit, ce serait de faire un témoignage sous forme de récit — d’incarner mon propos à travers des personnages et des lieux, dans une ville imaginée; inspirante. J’aurais envie d’aller raconter une courte histoire…

Raconter une histoire pour susciter l’engagement : ça peut être une avenue, oui, je te suis là-dessus Clément. En autant qu’il y ait de l’espace pour entendre un tel discours, que le chantier du 16 février soit véritablement ouvert (et non simplement du speed-dating de mécénat forcé).

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La culture à Québec… et notre engagement alors ?

25 janvier 2009

* Lettre ouverte à mes collègues universitaires : CRILCQ (site U.Laval) et filière e-culture, ITIS *

Chers amis, chers collègues,

L’événement a été annoncé, il se tiendra dans quelques semaines à peine, là-bas, en dehors de nos murs. Québec Horizon Culture. On y parlera de culture, de culture… et d’économie. Le plan d’action, vous y avez jeté un œil ? Il me paraît sinon peu inspirant, à tout le moins bien vertueux.

De quoi parle-t-on ?

Heureux site qui voit enfin le jour… mais on y parle davantage d’économie que de culture. Parmi les quatre textes de la section Documentation du site, trois sont liés aux impacts économiques de la culture et aux modalités d’aide financière dans le cadre d’un partenariat CALQ-Conférence régionale des élus de la Capitale-nationale. Et dans le plan d’action, la question du soutien (entendre : financier) et de la création d’emploi accapare directement ou indirectement la plus large part du discours.

Loin de moi l’idéalisme d’une culture qui puisse exister sans infrastructures, sans soutien gouvernemental. Le financement est chose nécessaire, mais selon quelles orientations ? favoriser un développement général, au petit bonheur ?

Je ne vois pas de vision dans ce débat, dans son balisage actuel (la liste des partenaires est quelque peu étonnante, encore une fois par la dominante commerce et gouvernance). Quelle orientation pour un développement culturel à Québec ? Pour le dire autrement : qu’y aura-t-il de singulier dans cet élan insufflé à la culture dans la ville de Québec, qui la distinguera des initiatives culturelles de toute autre grande ville de la province, du pays ?

L’image du tabouret à trois pattes est révélatrice : créer un bouillonnement en rapprochant des acteurs complémentaires (financièrement parlant). Est-ce là la seule visée de l’événement ?

Qui parlera ?

Dans ce débat à venir, je me demande qui sera là, qui parlera… où sont les acteurs du milieu culturel dans la liste des partenaires (mis à part le Conseil de la culture, organisme à visée de représentation des artistes et organismes culturels) ?

De façon corollaire (d’où cette lettre ouverte), quelle place souhaitons-nous prendre comme universitaires dans cette économie de la culture (c’est de ça, apparemment, dont il est question) ? Nous revient-il simplement de préparer de nouvelles générations à s’investir dans cette culture développée à grands renforts de partenariats avec le privé ? Ou la recherche sur la culture doit-elle s’inscrire intimement dans cette réflexion et dans ce développement ?

La question est faussée et annonce ma position : je ne crois pas qu’on doive perpétuer l’image des chercheurs dans leur tour d’ivoire. Mais comment arrimer la réflexion universitaire sur la culture à un milieu en pleine effervescence ? Comment jouer, comme universitaires et intellectuels, un rôle dans la cité lorsqu’il est question de développement culturel ? On nous donne, par cet événement, un possible droit de parole ; est-ce que nous nous en prévaudrons ?

Il faut en parler, de toute évidence. Je me joins à cet appel à participation lancé par Clément. S’engager dans la réflexion, dans la discussion, au moins pour faire le bilan de notre engagement dans la culture de notre milieu. À vous la parole.

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18 mars : A Day in the Life of the Digital Humanities

14 janvier 2009

Initiative de l’équipe de Geoffrey Rockwell : The Day in the Life of the Digital Humanities. Tout simplement : un instantané commun d’acteurs du milieu des digital humanities, donc par eux et sur eux.

A Day in the Life of the Digital Humanities (ADLDH) is a community project that will bring together digital humanists to document what they do on one day, March 18th. It is an autoethnography project by digital humanists about the digital humanities. The goal of the project is to create a web site that weaves together the journals of the participants into a picture that answers the question, “Just what do computing humanists really do?” Participants will document their day through photographs and commentary in a blog-like journal. The collection of these journals with links, tags, and comments will make up the final work online.

Geek-erie, très certainement… mais avec une vocation de vulgarisation, de diffusion, de réflexion commune.

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Du livre au numérique, une littérature se réinventant

29 août 2008

115805043_c5dac1db3c_m1.jpgFrançois Bon, partant des Conseils aux jeunes littérateurs de Baudelaireréfléchit au déplacement de la littérature sur le continuum livre — numérique :

le numérique désormais crée ses propres auteurs. Il me semble qu’on va de moins en moins prendre à la légère cet axiome : les auteurs qui naissent par le numérique accomplissent la vieille fonction littéraire [...]. Les auteurs nés par le numérique, dans leur diversité de pratique, constituent à la fois le visage actuel de la littérature, mais aussi le renouveau de ses fonctions. Ils ont peu à peu la charge de la continuité, de la transmission, que n’assument plus les instances traditionnelles [...] c’est là où l’approche collective que représente l’Internet d’aujourd’hui est devenu en deux ans un acteur majeur, qui reste en partie inconnue à ses propres participants, tant il ne vaut que par le collectif.     

Il y a là, il me semble, l’une des premières affirmations de cette intervention majeure de la communauté, du collectif, dans la transformation que le support numérique peut opérer sur les tenants et aboutissants de la littérature. Non pas le fait que cette mutation soit prise en charge par des conglomérats commerciaux aux reins suffisamment solides, au contraire : FBon insiste sur l’horizontalité des mouvements de redéfinition de l’édition littéraire. Des acteurs, des instances de médiation, tous plongés dans une économie/écologie aux principes encore à définir et à inventer. Et FBon de poursuivre sur le rôle capital d’une computer literacy au sens large :

Nos usages de l’information, du partage et de l’acquisition de savoirs, nos apprentissages, aussi bien que nos échanges privés et professionnels passent par le numérique. La réflexion sur le langage, sur le monde, sur la représentation, que nous installons progressivement s’appelle littérature. Il y a une disproportion d’évidence : ce que nous nommons le « contemporain » (ou bien « la littérature en train de se faire », au temps de Digraphe) est une part minime, silencieuse, discrète. Néanmoins, elle peut être le lieu sismique du basculement.    

Littérature comme témoignage du mode contemporain d’appréhension du réel, comme incarnation de nouvelles modalités d’expression de cette réalité, d’où la mobilisation de nouveaux outils, de nouveaux instruments adaptés à cette saisie du monde : voilà certainement l’une des lectures les plus fascinantes de l’inscription de la littérature dans l’univers numérique, qui se fait non par un geek illuminé (aussi sympathique soit-il!), mais par quelqu’un qui provient de la littérature au sens conventionnel du terme, qui travaille à cette transition et qui se permet de voir au-delà. (photo : « numeral types », threedots, licence CC) 

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Wikipedia et son Moyen Âge

5 mars 2008

The work of a scribeÀ travers un épique récit de l’histoire de Wikipédia (mais surtout de ses propres péripéties), Nicholson Baker fait le compte rendu de l’ouvrage Wikipedia: The Missing Manual
de John Broughton. Approche jubilatoire : récit des premières expérimentations, traces des différentes cultures ayant eu cours au sein de ce projet, puis relation des tentatives de Baker lui-même de s’inscrire dans la communauté des éditeurs de Wikipédia.

After bovine hormones, I tinkered a little with the plot summary of the article on Sleepless in Seattle, while watching the movie. A little later I made some adjustments to the intro in the article on hydraulic fluid—later still someone pleasingly improved my fixes. After dessert one night my wife and I looked up recipes for cobbler, and then I worked for a while on the cobbler article, though it still wasn’t right. I did a few things to the article on periodization. About this time I began standing with my computer open on the kitchen counter, staring at my growing watchlist, checking, peeking. I was, after about a week, well on my way to a first-stage Wikipedia dependency.

Et tranquillement Baker de se révéler un inclusionniste dans l’âme, questionnant l’attitude de plusieurs visant à sabrer dans les pages qui ne sont pas justifiées par un sujet notable.

At the same time as I engaged in these tiny, fascinating (to me) « keep » tussles, hundreds of others were going on, all over Wikipedia. I signed up for the Article Rescue Squadron, having seen it mentioned in Broughton’s manual: the ARS is a small group that opposes « extremist deletion. » And I found out about a project called WPPDP (for « WikiProject Proposed Deletion Patrolling ») in which people look over the PROD lists for articles that shouldn’t be made to vanish. Since about 1,500 articles are deleted a day, this kind of work can easily become life-consuming, but some editors (for instance a patient librarian whose username is DGG) seem to be able to do it steadily week in and week out and stay sane. I, on the other hand, was swept right out to the Isles of Shoals. I stopped hearing what my family was saying to me—for about two weeks I all but disappeared into my screen, trying to salvage brief, sometimes overly promotional but nevertheless worthy biographies by recasting them in neutral language, and by hastily scouring newspaper databases and Google Books for references that would bulk up their notability quotient. I had become an « inclusionist. »

Et on entre là dans un monde virtuel, plus près du jeu que de la communauté scientifique (car ça se révèle un terrain de jeu pour querelles et jeux de pouvoir typiques de l’enfance. Se pose la question du canon (« Still, a lot of good work—verifiable, informative, brain-leapingly strange—is being cast out of this paperless, infinitely expandable accordion folder by people who have a narrow, almost grade-schoolish notion of what sort of curiosity an on-line encyclopedia will be able to satisfy in the years to come. ») ; émerge la problématique de la définition de ce projet, dont Baker rappelle qu’il est en fait mené par un nombre très restreint d’éditeurs qui imposent leur vision d’une encyclopédie libre et ouverte — pourtant régie par des règles très sévères, pourtant constamment patrouillée par des éditeurs et des logiciels évitant sa propre implosion en raison de modifications humoristiques ou malveillantes.

Le plus stimulant, outre la prose jubilatoire de Baker, c’est certainement le mode d’autorégulation de cette communauté, qui est à l’évidence game-driven — tiens, un peu comme l’est le Nomic, mais avec une dose de responsabilité culturelle et politique, avec un sens du devoir.

Ce qui nous manque pour l’instant, c’est encore une lecture comparée des dynamiques sociales propres aux sphères linguistiques (on ne parle jamais que du Wikipédia de langue anglaise). Comment se gèrent les tensions colonialistes dans la sphère hispanophone? Quelle vision du monde est proposée par des encyclopédies issues de langues qui ne sont pas parmi les trois ou quatre lingua franca mondiales?

Baker conclut son expérience comme il clôt son texte :

I think I’m done for the time being. But I have a secret hope. Someone recently proposed a Wikimorgue—a bin of broken dreams where all rejects could still be read, as long as they weren’t libelous or otherwise illegal. Like other middens, it would have much to tell us over time. We could call it the Deletopedia.

(via Willard McCarty, Humanist) (photo : « The work of a scribe », glynnish, licence CC)

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The April 16 Archive

2 mai 2007

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The April 16 Archive uses electronic media to collect, preserve, and present the stories and digital record of the Virginia Tech tragedy of April 16, 2007.

The April 16 Archive, projet élaboré par des gens de Virginia Tech, se donne comme seule mission : « Collecting and Preserving the Stories of the Virginia Tech Tragedy ». Cette initiative, il faut le souligner, a été mise en place avec rapidité, pour tenter de fixer la mémoire en dehors de la seule trace qu’en laissent les médias.

Au-delà de la mission d’exutoire, de sa visée cathartique, c’est à la préservation de la mémoire que ce projet est dédié :

The April 16 Archive is part of ongoing efforts to use the Internet to preserve the past through « digital memory banks, » with these records accessible to a wide audience for generations to come.

On se questionnera peut-être sur la participation de la population locale à cette initiative: y aura-t-il appel explicite à collaboration ? Comment ces histoires parviendront-elles au site ? Se fie-t-on simplement au besoin de s’exprimer des gens pour alimenter cette archive ? Comme il s’agit de faire passer le souvenir personnel dans la zone de la mémoire collective, il y a nécessité de générer des embrayeurs ? moteurs de la migrance de soi vers le commun. Espérons que ce projet saura contribuer à développer cette conscience partagée du passé, du monde.

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