L’expérientialité et la narration de Monika Fludernik face à la littérature numérique

Dans une entrée précédente, nous avons vu que la narrativité deux acceptions classiques, comme « suite d’actions », et dans sa dimension verbale (notamment grâce à la présence d’un narrateur). Mais c’est plus sur le rapport entre narrativité et expérientialité que nous allons ici nous attarder. Monika Fludernik aborde cette notion entre autres dans son chapitre 1.2.1 History vs. experientiality, de son ouvrage de 1996, Towards a « Natural » Narratology.

Selon Fludernik (qui écrit en 1996), la plupart des recherches traitent de la narrativité de façon statique ; le modèle de Claude Bremond (1973) lui permet cependant d’envisager le modèle narratologique de façon plus dynamique. En effet, selon Fludernik, Bremond :

« makes an important contribution by incorporating in his sequential model the crucial experience of unresolved direction » (Fludernik, p. 16).

Par conséquent, Bremond offre dans son étude une première mention des contrariétés éventuellement vécues par un lecteur dont l’arc narratif ne se présente pas de la manière supposée (ou qui n’obtient pas la garantie d’avoir la totalité de l’expérience de lecture). Ces deux cas de figure sont intéressant car très fréquents en matière de lecture en contexte numérique, où les arcs narratifs offrent des angles morts particulièrement intéressants à étudier – d’autant plus lorsque ces axes s’inscrivent dans une certaine interactivité. Cette dimension de la narrativité est désignée par Monika Fludernik comme de l' »intentionnalité expérientielle » (experiential intentionality).

Cette question d’intentionnalité expérientielle est évidemment reliée à d’autres notions très fondamentales de la narration, comme celle de « l’auteur implicite ». La notion, développée par Wayne C. Booth en 1952 (mais publiée ensuite dans The Rhetoric of Fiction), possède une dimension éthique importante, puisque l’idée est de pousser par des moyens rhétoriques le lecteur à adhérer au personnages et au récit. La notion (polémique, en tout cas à l’époque), mène à considérer le texte comme une intention signifiante, et non comme un fait objectif.

Plus que ce point spécifique, Fludernik s’intéresse surtout dans son titre à l’ouvrage Temps et Récit (1983) de Paul Ricoeur. Selon ce dernier, l’expérience d’un récit est configurée par l’expérience cognitive que les lecteurs ont du monde, soit leurs propres expériences en tant qu’individus, ce qui implique également leurs intuitions, leurs connaissances des cadres, schémas et « scripts » qui ont cours dans ce que l’on peut appeler « la vie réelle » (au sens de non-fictive).

Il est intéressant de voir qu’une des difficulté à réfléchir de façon stable la narrativité en matière de littérature numérique est peut-être lié à cette absence de corrélation entre ces fameuses expériences personnelles et la plupart des présentation de récits en contexte numérique. Sans modèle pratique sur lequel se reposer, la littérature numérique fait souvent un tel travail sur les supports que l’expérience du lecteur même aguerri pourra difficilement trouver prise sur des formes connues et appréciées. Pour le dire autrement, la poétique changeante de la littérature numérique dilue la connaissance des formes par le lecteur, et complexifie d’autant son expérience de lecture.

On pourrait penser qu’en tout état de cause, une telle réalité rend conséquemment l’expérience narrative foncièrement dépendante d’autres formes de références au réel : si la forme est constamment nouvelle, c’est sur les références au récit que le jeu rhétorique permettra de raccrocher le lecteur au texte. (NB : Il serait donc intéressant de voir comment l’usage de logiciels structurants comme Storyspace permet d’insister, justement, sur une structuration de l’expérientialité du lecteur quant à la forme – on pensera à la fiction interactive Victory Garden, 1991, ou à Patchwork Girl, 1995).

A contrario, on peut se demander si les grands succès narratifs public vont au contraire faire grandement œuvre de référencement à cette expérience du réel – lequel sert de contrepoint à l’exploration de certaines nouvelles méthodes narratives. L’oeuvre hypertextuelle classique qu’est Afternoon, A Story (Joyce, 1987) se présente effectivement comme une enquête, bien que fortement fragmentée ; c’est également le cas d’ Her Story (2015). Le motif de l’enquête est fréquent en matière de littérature numérique, le vecteur apparaissant sans doute comme l’un des plus pertinents pour l’exploration permise par l’hypertextualité. Quoi qu’il en soit, la référence au réel est considéré par Fludernik comme un pré-requis de la narratologie, ce qui doit être examiné au vu du contexte numérique :

« a pretextuel and indeed pre-narrative (level), providing the cognitive basis for story comprehension at it most elemental level. » (Fludernik, p. 17).

Dans la suite de son raisonnement, Fludernik cite Ricoeur, lequel mentionne que suivre une histoire implique surtout d’appréhender les épisodes (les actions) qui mènent de manière bien connue à une fin établie (une telle compréhension menant selon sa démonstration à une nouvelle conception du temps). Cette idée de Ricoeur est logiquement insérée dans Mimesis II : le terme n’est pas choisi au hasard puisque c’est bien sûr dans la reconnaissance que se situe le plaisir, dans la droite lignée de ce qu’Aristote reconnaissait déjà dans sa Poétique. Fludernik qualifie ce point de reconnaissance (bien que non décrit comme tel) comme téléologique ; elle ne cite pas cependant sur qui se fonde cet aspect téléologique. Est-ce l’auteur, l’auteur implicite, le narrateur ? On imagine volontiers que la situation s’en différenciera d’autant.

De telles configurations insistent selon Monika Fludernik sur l’interprétation active du lecteur, qui testera sans cesse le rapport téléologique à l’œuvre créée, agissant de façon à reconstruire l’histoire comme un « tout sémantique et thématique ». Pour servir ce rapport téléologique, la narration a une fonction : mettre l’emphase sur les caractères extraordinaires du ou des personnages, et ainsi fournir des « patrons de lectures » (reading patterns) au lecteur en quête de sens.


BOOTH, Wayne C, The Rhetoric of Fiction, University of Chicago Press, 2010, 572 p.

FLUDERNIK, Monika, Towards a « Natural » Narratology, Routledge, 2002, 472 p.

RICOEUR, Paul, Temps et récit, vol. 1., Seuil, 1991, 416 p.

La construction des personnages de fictions narratives numériques, un lien vers l’autopoïesis ?

En matière de narratologie transmédiatique, certains chercheurs comme Jan-Noël Thon (voir son article « Narrativity » dans The John Hopkins Guide to Digital Media, 2014) pointent une tendance globale vers la volonté de régler les « défauts » des deux définitions classiques de la narrativité, notamment distinguées par Wolf Schmid (Schmid, 2003) :

1) une définition large de la narrativité, qui se focalise sur l’aspect « histoire » et non sur le discours. Cette définition de la narrativité va dès lors intégrer tous les types de texte médiatiques qui font état d’un « changement d’état » (la notion n’étant pas définie, mais on voit assez facilement ce qu’elle peut recouper), et dans lesquels il y a suffisamment d’évènements qui se succèdent (la succession d’évènement faisant alors office de narration).

2) une définition plus restrictive, qui met l’accent sur la dimension verbale de la narration, et donc sur la présence d’un narrateur. De ce côté théorique se situent le travail d’auteurs comme Genette, Chatman ou Prince. David Fontaine, dans La PoétiqueIntroduction à la théorie générale des formes littéraires, rappelle que cette vision fonde une grammaire « restreinte au verbe, puisque c’est lui qui assume l’action dans la phrase et fonde la possibilité du récit » (Fontaine, p. 36). C’est donc une dimension verbale, fondée sur l’agir, que présente cette acception.

Face aux lacunes de ces deux acceptions classiques, des auteurs comme Monika Fludernik, Fotis Jannidis, Marie-Laure Ryan et Werner Wolf se sont élevés pour proposer de plutôt considérer la notion comme un spectre, dont le référentiel sera la narration orale. Jan-Noël Thon cite ainsi Fotis Jannidis :

Jannidis proposes “to treat the narration in films, the narration in comic strips, and the narration in computer games as different forms of ‘narration,’ each of which is located at a greater or lesser distance from the prototype, oral narration”, Jannidis, p. 40.

De son côté, Werner Wolf considère qu’il est plus intéressant de maximiser les traits de narration – de former en quelque sorte une « image mentale » d’un prototype narratif – avant de comparer les cas concrets avec ce prototype virtuel. Ce rapport à un idéal de la narration, idéal formé (on l’imagine) dans les racines du mythe, pose la question du personnage comme vecteur d’agentivité au sein même de la narration. Le personnage est en effet celui par qui l’agir advient ; c’est par lui, ou peut-être même plus pour lui que survient la narration.

Pour David Fontaine, les personnages d’un récit ne sont pas des substitutions métaphoriques de personnages réels. Au contraire, « Ils sont avant tout pris dans le système du texte, selon un rapport métonymique de construction réciproque » (Fontaine, ibid.). Cette construction réciproque présente le texte comme une construction organique, proche du concept d’autopoïesis développé par Varela et Maturana (1974). Le texte pourrait alors être considéré comme une construction réciproque, où la forme influe le fond des personnages et où, dans une mesure peut-être plus restreinte, le fond des personnages influe le choix de la forme.

De façon générale, les personnages sont évidemment subordonnés à l’action (ce que mentionnait déjà Aristote dans sa Poétique). Est-ce toujours le cas à l’aune des fictions narratives numériques, fictions dont la forme varie grandement d’une composition à l’autre, d’autant plus que celles-ci ne sont pas fixées au sein d’un médium particulier ? En effet, on pourrait juger que ces fictions se caractérisent dans une certaine mesure par leur inconsistance formelle (au contraire du livre numérique homothétique) car dès lors qu’il n’y a numérique, il y a dilution des marges.

Une oeuvre comme Cathy’s Book (2006) met ainsi en scène une narration transmédia, qui se déploie sur d’autres supports (web et téléphone) que le livre papier. De son côté, The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore (2011) est à la fois un livre papier et un court-métrage d’animation. Les deux oeuvres se qualifient sous le terme de « livres numériques », mais il est difficile de relier totalement la question de la narration à celle d’un objet fini – car où s’arrête la diégèse : dans le livre, dans le court-métrage, dans les deux ou dans l’imaginaire du lecteur-spectateur ?

Dans les deux cas, les personnages fluctuent au travers des formes, dans un immatériel qui n’a rien de numérique : leur présence est tant à l’intérieur des marges qu’en dehors. Ils vivent sur le papier, sur l’écran, sur le web ; et ne vivent-ils que là ? Dans le cas de The Fantastic Flying Books, la narration est faite à la troisième personne, mais le lecteur intervient physiquement pour déplacer des objets virtuels (du clic’n drop d’image sur ipad, entre autres), ces actions participant pleinement de l’élan narratif dans lequel s’inscrit l’histoire. Le type de diégèse est donc spécifique, puisque le narrateur n’est pas seulement présent dans le livre papier ou dans l’application : il est extérieur, agissant à la fois sur le rapport aux formes et le récit, dans une construction symbiotique. En plus de ce méta-narrateur, le récit se construit bien avec le lecteur, ses actes, leur vitesse et leur imaginaire imprimant autant la diégèse que les mots posés sur l’écran ou la page.

Il est certain qu les formes dépendent toujours largement du type de média dans lesquelles s’insère la narration. Laissons le dernier mot à Marie-Laure Ryan à ce sujet :

« when it comes to narrative abilities, media are not equally gifted; some are born story-tellers, others suffer from serious handicaps » (Ryan, p. 4)

Dans le cas des fictions narratives numériques, la forme est inconstante. Le jeu de construction du récit se fait donc avec le lecteur, et au travers des marges. Au contraire du livre papier ? C’est loin d’être une certitude.


FLUDERNIK, Monika, Towards a “Natural” Narratology, Routledge, 1996, 472 p.

FONTAINE, David, La PoétiqueIntroduction à la théorie générale des formes littéraires, Nathan Université, 1993, 127 p.

JANNIDIS, Fotis, « Narratology and the Narrative », dans What Is Narratology, 2003, p. 35-54.

VARELA, Francisco G., MATURANA, Humberto R., et URIBE, Ricardo, « Autopoiesis: the organization of living systems, its characterization and a model », dans Biosystems, 1974, vol. 5, no 4, p. 187-196.

RYAN, Marie-Laure, Avatars of story, U of Minnesota Press, 2006, 296 p.

SCHMID, Wolf, “Narrativity and Eventfulness.” dans What Is Narratology? Questions and Answers regarding the Status of a Theory, De Gruyter, 2003, p. 17–33.

THON, Jan-Noël, « Narrativity », dans The John Hopkins Guide to Digital Media, 2014, p. 351-355.

WOLF, Werner, « Das Problem der Narrativität in Literatur, bildender Kunst und Musik: ein Beitrag zu einer intermedialen Erzähltheorie », dans Erzähltheorie transgenerisch, intermedial, interdisziplinär, 2002, p. 23-104.

Carnet de recherche Tom 18 août 2017

Mes recherches des dernières semaines ont essentiellement consisté à continuer de progresser les fiches concernant l’ouvrage de référence The John Hopkins Guide to Digital Media. Le caractère très foisonnant de cette encyclopédie ainsi que la manipulation de nombreux concepts clés relatifs au projet permet d’approfondir très efficacement mes recherches relatives à notre sujet d’étude. L’ouvrage étend de manière assez conséquente mes recherches de thèse, et me permet de circonscrire plus efficacement le sujet.

Une rencontre avec Renée Bourrassa sur Skype m’a également permis de prendre conscience de sa volonté que j’inclue de plus en plus, au fil des mois qui viennent, mes propres recherches doctorales au projet. Je travaille en effet sur la question des œuvres générées par intelligence artificielle, ce qui offre un certain nombre de points de contacts avec notre sujet d’étude. J’ai donc commencé à prendre en compte les remarques de Renée Bourrassa et à publier des contenus sur le groupe Facebook relatif au projet, contenus qui intéressent directement mon sujet de thèse. Mme Bourrassa a également pointé l’intérêt d’une constitution de dossier sur différentes thématiques, sur lesquels Clara va peut-être également commencer à travailler. Ces dossiers, sur lesquels je commencerai à me pencher à l’automne, viseront à produire des synthèses sur différents sujets

allant des agrégateurs de contenu au droit d’auteur ou encore à la question plus spécifique de l’expérientialité. De tels dossiers permettront de commencer à inclure une dimension de recherche active dans le projet, et ainsi la production d’un contenu de recherche conséquent.

J’ai également beaucoup avancé concernant le carnet de recherche. J’ai fini d’éditer les textes produits et de synthétiser une partie de leur contenu. Des ajustement ont parfois dû être faits concernant les productions de membres de l’équipe, lorsque ceux-ci s’éloignaient trop du projet ou requerraient des précisions. Je pense par exemple au terme « wireframe », très usité en matière de design, mais dont n’aura parfois jamais entendu parler un étudiant en littérature. Le carnet de recherche est donc également l’occasion d’une mise en commun des savoirs, afin de les harmoniser au mieux et d’en tenter la synthèse, ce qui constitue l’essence de notre projet. J’ai donc pu, avec l’aide de Dave, publier les différentes entrées du carnet de recherche sur le site dédié de la plateforme, sur lequel vous consultez actuellement cet article.

Un exemple de fiche d’ouvrage théorique.

J’ai également commencé et continue chaque jour d’entrer les fiches effectuées à la session d’automne. Le fait de les entrer nous permet de voir tout le travail accompli pour constituer cette base de données, qui s’avère extrêmement efficace à l’usage. C’est également l’occasion de réévaluer les fiches et l’état de la recherche au regard de mes connaissances actuelles, qui modifient parfois peu, parfois plus le contenu et la notation de leur pertinence pour le projet. Un retour sur les fiches me permet de m’apercevoir que nombre d’entre elles pourront alimenter ma recherche doctorale et, inversement, que ma recherche doctorale commence à pouvoir nourrir le projet. Le fait de rentrer les fiches est également l’occasion de perfectionner la base de données, au sein d’un travail étroit avec Dave. Ainsi, certains éléments qui paraissaient pertinents lors de la constitution des fiches semblent en réalité inutiles concernant la base de données, tandis que l’inverse est également vrai.


RYAN, Marie-Laure, EMERSON, Lori, ROBERTSON, Benjamin J., et al., The Johns Hopkins Guide to Digital Media , Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2014, 538 p.

Carnet de recherche Michaël 17 août 2017

Depuis le début du mois, j’ai travaillé sur la plateforme Web, plus particulièrement sur la section de la revue de fictions narratives numériques. Suite à la lecture du document rédigé par Charles-Antoine et en me basant sur les résultats d’une recherche préliminaire de sites similaires et concurrents, j’ai conçu des maquettes filaires (wireframes) des différentes pages du site correspondant à la section de la revue,. Suite à cette première vague d’esquisses, j’ai rencontré Charles-Antoine pour que l’on discute de la revue et que l’on mette nos idées en commun. Cette rencontre a mené à l’élaboration d’une seconde vague de maquettes filaires que je présenterai à l’équipe dans les prochains jours afin de recueillir avis et commentaires.

En parallèle, j’ai poursuivi et terminé la lecture de mon roman (Le bizarre incident du chien pendant la nuit). Cette lecture m’a apporté plusieurs pistes de réflexion et de création pour le prototype. J’ai d’ailleurs sorti quelques idées potentielles. Une recherche d’exemples de livres originaux m’a également permis de trouver de nouvelles idées intéressantes pour mon prototype. Je compte trouver d’autres idées sous peu afin de sélectionner les meilleures et de les pousser plus loin.

Enfin, nous avons discuté avec Mathilde et Jean-Gabriel, les deux étudiants en animation qui s’occupent de la plateforme 3D du projet. Cette discussion a permis de mieux comprendre leur travail et leurs objectifs à court, moyen et long termes, ce qui s’est avéré être une bonne remise en perspective du projet global. Comme je suis en train de me concentrer sur l’aspect visuel et image de marque de la plateforme, leur intervention a permis de m’aiguiller quelque peu sur certains détails, légers, mais non négligeables.

Carnet de recherche Charles-Antoine 15 août 2017

Nous en sommes déjà à la deuxième moitié du mois d’août, entamant ainsi le dernier droit avant le début de la session d’automne. Depuis le début du mois, mon temps de travail fut divisé entre deux gros projets à avancer : la revue de critiques et la base de données.

Pour ce qui est de la revue de critiques, j’ai modifié le document de cadrage original, en tâchant de mettre de l’avant de manière plus prononcée le design dans les objectifs et objets d’étude de la revue. J’ai aussi rédigé un petit paragraphe, vulgarisé pour le grand public, pour définir brièvement ce qu’est la revue et à qui elle s’adresse. Le but étant d’interpeller les contributeurs potentiels. Suivant la proposition de René et Renée lors de la dernière réunion, j’ai aussi rédigé une banque de cinq questions pour guider les personnes intéressées dans la rédaction de leur critique. La nouvelle version du document a par la suite été lue et approuvée par Élodie.

Peu de temps après, j’ai planifié avec Michaël une rencontre pour discuter de l’aspect du site de la revue et pour qu’il me présente ses wireframes. Ce fut l’occasion de clarifier certains aspects du projet pour mon collègue afin qu’il puisse créer l’interface correspondant le mieux à nos besoins. Les wireframes qu’il m’a présentés étaient déjà très bien construits, mais quelques points restaient tout de même à revoir, nous en avons donc discuté pour en arriver à un accord mutuel. Suite à cette rencontre, Michaël devrait produire une deuxième version de wireframes sous peu.

Quant à l’avancement de mes textes critiques, j’ai finalisé ma quatrième critique, cette dernière portant sur l’œuvre numérique L’Élue. Je compte terminer ma cinquième et dernière critique prévue pour l’été d’ici la fin du mois d’août. Par conséquent, cela nous fera une base d’au moins 5 textes pour le lancement du site.  Celui-ci serait d’ailleurs, dans le meilleur des cas, mis en ligne pour la session d’hiver 2018.

En ce qui a trait à la base de données, j’avance quotidiennement la migration de mes fiches sur la nouvelle plateforme. Malgré quelques bogues et problèmes d’affichage liés notamment au format du texte pouvant être saisi dans le champ « créateurs », la base de données fonctionne très bien. Avec Tom qui a commencé à entrer ses fiches théoriques, nous sommes rendus à 202 fiches de créées et avons répertorié 475 créateurs (auteurs, illustrateurs, développeurs, etc.). Ainsi, il me reste de moins en moins de fiches à intégrer au site. Dans le meilleur des cas, je les aurai toutes transposées d’ici la fin du mois d’août. Prêt pour le sprint final avant la rentrée!

Carnet de recherche Charles-Antoine 1er août 2017

À la fin du mois de juillet, je me suis penché plus particulièrement sur la revue de critiques que nous mettrons en ligne prochainement. En attendant de recevoir les commentaires des autres membres de l’équipe sur le document de cadrage de la revue, j’ai terminé la rédaction de trois critiques d’œuvres, soit The Temple of No et With Those We Love Alive. Deux autres textes critiques sont aussi en chantier, de sorte que d’ici la fin de l’été, 5 textes devraient être complétés.

Un exemple de fiche de lecture.

À la suite de la réunion d’hier (31 juillet) où nous nous sommes entendus sur plusieurs points importants de la revue, dont son objet d’étude, il me sera maintenant possible d’apporter des modifications sur le document de présentation de la revue. Ce sera surtout des changements de formulation afin de mettre davantage en valeur le penchant « design » du projet. Tout de même, quelques ajouts s’imposeront afin de rendre le document le plus complet possible. Idéalement, je discuterai avec Michaël au cours des prochaines semaines afin que l’on s’entende sur le rendu visuel que prendra la revue.

Un aperçu de la base de données.

Entre-temps, la base de données est devenue fonctionnelle grâce au travail acharné de Clara, Michaël et Dave. J’ai commencé à tester le site en y ajoutant les premières fiches. Ce travail m’a permis de constater certains problèmes, par exemple le manque d’un critère dans la liste d’un champ ou le non-affichage d’un champ rempli après sauvegarde. Grâce à Dave et son expertise, plusieurs de ces écueils ont pu être réglés rapidement. Même si quelques aspects de la base de données restent toujours à parfaire, ils ne sont pas majeurs, n’entravant en rien l’usage quotidien de la plateforme.

Pour l’instant, j’ai agrémenté le site d’une quarantaine de fiches et compte continuer à faire migrer les informations contenues dans le Wiki vers la base de données au cours du mois d’août.

Carnet de recherche Tom 1er août 2017

La base de données a été enfin montrée lors de la réunion d’hier (31 juillet). C’était l’occasion de collecter les retours sur un grand nombre d’éléments et de discuter des avis en envies de chacun des membres de l’équipe. J’ai pu voir se concrétiser les remarques et le travail accompli avec Dave au cours des précédentes semaines. J’ai été content de pouvoir communiquer avec lui de manière régulière au travers de ma présence sur le lieu de travail, et ainsi de tester ses idées, obtenir et fournir des conseils quant à la meilleure mise en place possible de la plateforme. Ce travail va continuer grandement dans les jours à venir, puisque le processus se veut bien sûr itératif.

The John Hopkins Guide to Digital Media

Je continue également de travailler sur la recherche du projet, en me penchant particulièrement sur l’ouvrage collectif The John Hopkins Guide to Digital Media. La source, pointée par René Audet au tout début de mon arrivée sur le projet, est extrêmement pertinente pour découvrir les « médias digitaux » dans leur ensemble, ainsi que la pluralité de notions parfois conflictuelles qui les composent. Le travail est assez plaisant dans sa dimension intellectuelle, puisqu’il permet de circonscrire chaque jour de mieux en mieux la recherche sur le projet. Il s’agit pour moi de décortiquer le raisonnement produit et d’en faire à chaque fois un compte rendu synthétique et pertinent pour le projet. Ce travail de recherche est certainement le plus chronophage de tous, mais il est encore une fois extrêmement agréable et varié. Il en va de même pour les autres ouvrages et articles que j’ai pu trouver jusqu’ici, et pour lesquels j’ai essayé de fournir le meilleur aperçu possible pour René Audet et Renée Bourassa, afin de les aider dans leur recherche.

Je compte à ce sujet m’intéresser de plus en plus à la question de l’expérientialité. Après un tour de presque huit mois sur les différents aspects du projet, je m’aperçois en effet combien cette notion est fondamentale pour arrimer les composantes de littérature et de design en contexte numérique. C’est également la notion qui bénéficie du moins de recherche actuelle, ce qui rend le projet de René Audet et Renée Bourassa d’autant plus pertinent. Comme me l’avait mentionné René Audet, la question de l’expérientialité n’est pas tant axée sur l’aspect cognitif de la lecture (aspect souvent déjà traité par la recherche, par exemple en matière de sciences cognitives), mais plus sur l’objet textuel en tant que tel. Au grès de mes lectures, j’ai pu me former une idée sur la distinction entre l’approche ontologique et l’approche cognitive. Cette citation tirée d’un ouvrage d’Umberto Eco en fait un très bon résumé :

« La théorie de l’objet ne s’occupe pas de savoir comment nous saisissons cognitivement les objets qui n’existent pas. À vrai dire, elle se concentre sur les objets dans leur absolue généralité et indépendamment de la façon possible dont ils sont des données. »

Voir BARBERO, Carola, Madame Bovary : Something Like a Melody, Milan, Albo Versorio, p. 65, cité par ECO, Umberto, Confessions d’un jeune romancier, Paris, Grasset, p. 90.

J’ai également bien entamé mon travail d’entrées de fiches sur la base de données. Ce travail est l’occasion d’un premier retour auprès de Dave concernant les fonctionnalités et les besoins que l’on pourrait avoir. Quelques bogues minimes ont vite été réglés ou le seront très prochainement. Rentrer les fiches est l’occasion de voir se concrétiser tout le travail accompli depuis les dernières semaines, ce qui a été un vrai travail de fond de la part de Dave et auquel j’ai été très heureux de pouvoir contribuer. L’été a réellement été mis à profit et la réunion du 31 a permis d’en prendre la pleine mesure. Je m’occupe donc d’améliorer au mieux le canevas nécessaire aux fiches d’ouvrages et d’articles théoriques. Le travail avance bien, et les prochaines semaines seront surtout consacrés à la mise en place du carnet, ainsi qu’à la compilation des fiches sur la base de données.


BARBERO, Carola, Madame Bovary : Something Like a Melody, Milan, Albo Versorio, p. 65, cité par ECO, Umberto, Confessions d’un jeune romancier, Paris, Grasset, p. 90.

Carnet de recherche Michaël 1er août 2017

Dernièrement, mon travail sur le projet a surtout porté sur la plateforme Web de Livrenum. J’ai principalement esquissé de nouvelles versions des wireframes pour la page d’accueil ainsi que pour une page d’articles avec beaucoup de texte. Après avoir essayé plusieurs dispositions et fonctionnalités, j’ai pu discuter de mes propositions avec Clara. Suite à ses commentaires et à nos réflexions communes, j’ai pu effectuer de nouvelles modifications. Cette dernière version des wireframes a été soumise à l’équipe de travail lors de la réunion du 31 juillet. Lors de cette réunion, plusieurs commentaires pertinents ont été recueillis, lesquels permettront d’améliorer les fonctionnalités, la disposition et le contenu de ces sections du site.

En parallèle, j’ai continué la réflexion et l’esquissage du visuel de la plateforme, mais j’ai un peu mis cette tâche de côté dernièrement afin de me concentrer sur d’autres tâches prioritaires comme la conception de la section Revue (Fictions Narratives Numériques – FNN) du site ainsi que sur l’idéation d’un prototype de livre.

Pour ce prototype, je n’ai à l’heure actuelle pas réellement d’idée précise sur la direction vers laquelle il se dirigera. Pour l’instant, j’ai pu m’arrêter sur un livre, Le bizarre incident du chien pendant la nuit, de Mark Haddon. Ce livre à saveur de roman policier, décrit le quotidien et les réflexions d’un adolescent vivant possiblement avec un trouble du spectre de l’autisme, qui essaie de résoudre un mystère. Une fois le livre approuvé par Renée, j’ai débuté ma relecture de l’ouvrage (je l’ai lu pour la première fois il y a plusieurs années) en prenant soin de prendre des notes sur les personnages, le déroulement de l’histoire et les caractéristiques de l’autisme. Une fois cette recherche complétée, je déciderai de l’avenue que je désire explorer pour la création du prototype et je lancerai mon idéation plus en profondeur en allant entre autres m’inspirer d’exemples de livres originaux existants.

Enfin, j’ai poursuivi la recherche d’exemples de livres. J’ai également lu l’article «Tout le foisonnement que permet Internet pourrait avoir disparu dans 15 ans». Il s’agit d’une entrevue avec Sébastien Soriano, patron de l’autorité de régulation des télécoms en France (l’Arcep), qui exprime sa vision de l’avenir d’internet.

Les deux dernières semaines n’ont pas été les plus productives, car elles ont été parsemées de plusieurs rencontres et réunions d’équipe, ainsi que de la période de vacances. Ceci étant, les objectifs des prochaines semaines sont très clairs et la productivité en sera très certainement accrue.


LEDIT, Guillaume, «Tout le foisonnement que permet Internet pourrait avoir disparu dans 15 ans», //usbeketrica.com/article/ce-forum-mondial-que-permet-internet-pourrait-avoir-disparu-dans-15-ans, sur Usbek & Rica, 2017. [Consulté le 31 juillet 2017]

HADDON, Mark, Le bizarre incident du chien pendant la nuit, Nil éditions, Paris, 2004, 345 p.

Compte rendu réunion 31 juillet 2017

Cette réunion avec l’équipe au complet visait à faire le point sur trois éléments ; la revue critique de Fictions Narratives Numériques (FNN), le « wireframe » (la « maquette fonctionnelle », ndle), et enfin la base de données elle-même et son utilisation. La base de données a été examinée en premier. Grâce au travail de tous, celle-ci a pu être mise en ligne efficacement et les premières entrées ont pu être transférées. Dans l’ensemble, l’équipe est très enthousiaste, notamment en raison de son caractère pratique. Peu de remarques ont été effectuées sur le coup, car l’essentiel des retours se fait directement auprès de Dave au quotidien. J’ai ainsi beaucoup communiqué avec lui ces dernières semaines afin de répondre au mieux à ses interrogations concernant la praticité de la base de données. Les jours à venir vont nous permettre de raffiner la composition de la base ainsi que celles des fiches qui la nourrissent, étant donné que le transfert va maintenant pouvoir s’accélérer. L’intérêt d’un tel processus itératif est de répondre le mieux aux usages, et le contact entre les membres de l’équipe est un gage de succès de cette entreprise.

Nous avons ensuite effectué un retour sur la revue critique de FNN. Renée, Michaël et Clara estiment qu’il faudrait faire un effort d’intégration de la dimension de design. Renée et René en ont parlé en amont et un certain nombre de solutions ont été proposées. Le problème éprouvé est celui d’un manque au niveau théorique en design; sur ce point, Renée a demandé à Charles de reprendre le texte de la demande de subvention afin que la revue soit véritablement intégrée aux ambitions du projet. De son côté, René reconnaît l’importance d’une parenté graphique entre la base de données (et de manière générale, du site relatif au projet) et la revue. Comme il l’a pointé, il s’agit surtout de penser la revue en terme de vulgarisation, car celle-ci s’adresse au grand public. Il est donc peu probable que les lecteurs (et les éventuels contributeurs) soient à la fois spécialistes du design et de la littérature. L’axe choisi est celui des Fictions Narratives Numériques, il s’agira donc de voir de quelle manière il est possible d’arrimer la question du design à un tel type de plateforme. Sur ce point, la question d’un encadré spécifique a été discutée (mais risque d’effrayer ou de désintéresser le public contributeur). Il sera donc préférable d’envisager simplement une ouverture plus large des textes d’appel aux contributions.

D’autres questions ont été abordées, comme celle de la limitation de la revue FNN. Les termes de Fictions Narratives Numériques étant extrêmement larges, il est possible que les jeux vidéos prennent rapidement une place trop grande. Un rôle de sélection et d’édition sera alors à privilégier, afin de ne pas noyer la revue dans un seul médium. Il a également été pointé qu’il serait intéressant d’augmenter la longueur des textes demandés. En effet, si une bonne critique dépassant le nombre de mots requis venait à être proposée, il serait dommage de la refuser sous un prétexte aussi formel. De plus, la revue devant être ouverte aux universitaires, il s’agira de permettre également des points de vue plus spécialistes sur les œuvres traitées. La multiplicité des avis sur chaque œuvre sera ainsi permise, comme le font notamment certains sites (SensCritique.com par exemple). De façon plus large, il a été pointé qu’il serait intéressant à partir de l’automne de se focaliser sur des dossiers spécialisés (notamment sur le droit d’auteur, les agrégateurs de contenu, etc.) afin de commencer à produire des contenus plus spécialisés.

Nous avons ensuite étudié les propositions de « wireframe » du futur site du projet. René a particulièrement pointé la nécessité de dynamiser la page d’accueil afin de mettre l’accent notamment sur les publications. Plusieurs types de cadres permettront de dynamiser la plateforme; nous en avons ainsi déterminé quelques-uns : sur les évènements en cours ou à venir, sur les nouvelles fiches de lecture, sur les contenus produits par la communauté de chercheurs (au travers de citations issues de la base de données), sur les contenus Facebook également… Bref, un grand nombre d’idées ont été rapportées et pourront toutes permettre de mettre en valeur les recherches effectuées.

Enfin, nous avons pu discuter du prochain séjour de Renée à Valenciennes, en octobre 2017 prochain. Ce sera l’occasion d’un travail approfondi avec la professeure Clarisse Bardiot, laquelle oeuvre également sur des questions telles que l’hybridité du livre et le livre augmenté. Ce sera également l’occasion de faire un état des lieux au sujet des agrégateurs de contenu. Enfin, en septembre, Renée compte stimuler des étudiants de design afin qu’ils produisent différents prototypes dotés de présentations visuelles.

Tom Lebrun

Carnet de recherche Michaël 17 juillet 2017

Dans les deux dernières semaines, j’ai consacré la majeure partie de mon travail à organiser le contenu et la structure de la plateforme Web du projet. Cette partie du travail s’est faite en collaboration avec Clara. Nous avons également esquissé les premiers jets des maquettes fonctionnelles (« wireframes »). Nous avons commencé de façon individuelle, puis en mettant en commun nos idées, nous avons été en mesure de produire une seconde itération des maquettes filaires de différentes pages du site (pages Accueil, Projet, Événements, Publications, Article). Suite à cela, nous avons recherché des ambiances visuelles qui pourraient être intéressantes pour le design de la plateforme et l’identité visuelle du projet.

Pendant l’idéation des maquettes, j’ai élaboré une liste de plusieurs types de menus/barres de navigation en analysant différents exemples de sites Web sur le site Awwwards. Ce site recueille des propositions de design Web intéressantes et, à l’aide d’un jury, décerne des prix aux meilleures réalisations. Il s’agit donc d’une source intéressante pour amorcer une recherche de contenu original et de qualité. La liste élaborée à l’aide d’Awwwards a permis de mieux cerner les possibilités de design quant à la navigation et de ne conserver que les meilleures options pour le contexte actuel.

Une autre partie du travail a été de continuer la réflexion à propos des prototypes de livres numériques sur lesquels se portera mon attention dans les semaines à venir. En ciblant certains contenus intéressants à travailler et des extraits de livres, plusieurs idées de design se sont manifestées. Il ne reste plus qu’à en discuter avec Renée pour savoir quelles idées devront être sélectionnées pour la création.

Pour le reste, j’ai fait quelques lectures. D’abord, j’ai lu l’article de Renée Bourassa pour le CRIHN, «Le livre en tant qu’artéfact cognitif : Matérialités et hybridités en contexte numérique». Une partie de son article faisait référence à un texte de Frédéric Kaplan « How books will become machines », qui a piqué ma curiosité. Cet article m’a fait beaucoup réfléchir sur l’avenir du livre et sur l’importance du design dans l’élaboration de ses nouvelles formes. Le parallèle entre le livre et l’encyclopédie, bien que contestable, m’a aidé à comprendre certaines subtilités de l’enjeu du livre numérique.

Enfin, j’ai regardé l’ensemble des propositions d’intervention pour le colloque du printemps 2018. À la demande de Renée, j’ai sélectionné celles qui m’intéressaient davantage, probablement dans l’optique de voir quelles propositions pourront être retenues au final.


AWWWARDS, Website Awards, //www.awwwards.com/ [Consulté le 14 juillet 2017]

BOURASSA, Renée, « Le livre en tant qu’artéfact cognitif : Matérialités et hybridités en contexte numérique », 2017 (à paraitre)

KAPLAN, Frédéric, How books will become machines, //fkaplan.files.wordpress.com/2011/08/kaplan-colloquelitteracies.pdf [Consulté le 14 juillet 2017]