Incidences des supports numériques sur les pratiques d’écriture, la figure de l’auteur et la (ré)appropriation de la lecture

L’une des premières grandes mutations reliées au support de l’écrit remonte au IVe siècle lorsque le codex, constitué de cahiers de parchemin reliés pour former un livre, supplante le volumen, qui lui, se présentait sous forme de rouleau de papyrus[1]. Le passage de l’un à l’autre s’explique notamment par le fait que le codex, dans sa forme, occupe beaucoup moins d’espace dans les bibliothèques que le volumen et qu’au niveau de sa constitution textuelle, il permet une « organisation plus rationnelle du texte »[2]. Dans un même ordre d’idées, nous assistons présentement à une transformation importante des supports dû au développement des nouvelles technologies. Celles-ci viennent transformer le rapport que les individus entretiennent avec les supports d’écriture et de lecture. En effet, nous assistons à l’éclosion de plus en plus importante de nouvelles plateformes d’écriture, telles que les blogs, les réseaux sociaux, les messageries instantanées, mais également à des nouveaux formats de lecture, tels que le E-pub, le E-book, etc[3]. Cela vient également modifier notre rapport au temps, puisque nous nous retrouvons présentement plongés dans une ère « d’instantanéité technologique »[4].

Ces changements de paradigmes et cette multiplicité des supports nous amènent donc à nous questionner sur l’incidence de ceux-ci sur les pratiques d’écriture, sur la transformation de la figure d’auteur, mais également sur la (ré)adaptation du lecteur face à ces nouveaux supports. De prime abord, nous croyons qu’il existe une incidence directe entre la mutation des supports d’écriture sur les pratiques de celle-ci, mais également sur la figure de l’auteur, notamment en lien avec sa construction, mais également avec la crédibilité de celui-ci. De plus, la modification des supports amène le lecteur à se réapproprier l’acte de lecture. Le présent travail tentera donc de confirmer notre hypothèse en explorant les nouvelles pratiques d’écriture en contexte numérique, le figure de l’auteur et la (ré)adaptation de la lecture par le lecteur.

  1. Évolution des pratiques d’écriture en contexte numérique  

       a. Notion de contrainte

Les nouveaux appareils technologiques, tels que l’ordinateur ou bien la tablette, modifient de façon radicale le rapport que nous entretenons avec l’acte d’écriture et donc à la textualité telle que nous la connaissions auparavant. Ce nouveau rapport nous amène à nous questionner sur la notion de contrainte qu’amène les nouveaux supports d’écriture. Tout d’abord, nous pourrions dire que les supports d’écriture numériques offrent de nouvelles possibilités de création et d’explorations textuelles qui n’étaient pas envisageables avec le support papier. Dans le cadre de la création littéraire, il existe plusieurs contraintes auxquelles peut se plier l’auteur, telles que le temps d’écritures, le nombre de page, le nombre de caractères, les thèmes à aborder, etc. Yan Rucar, dans son ouvrage, explique que : « La littérature à contrainte oblige l’écrivain à une négociation entre les normes linguistiques, les spécificités de l’élaboration d’un texte et les impératifs créatifs qu’il s’est fixés »[5]. Dans le cadre présent, nous pourrions dire que le support numérique d’écriture agit désormais comme un élément de contrainte à la création littéraire. En effet, il existe, au sein de diverses plateformes d’écriture des contraintes réelles quant à la création d’une publication, que ce soit au niveau du nombre de caractères, sur la façon de présenter le texte ou bien sur la nécessité d’intégrer ou non des éléments hypertextuels pour que le contenu demeure compréhensible et accessible de la part du lecteur.

Dans le cadre des nouveaux supports d’écritures numériques, les contraintes ne dépendent plus nécessairement de la volonté de l’auteur, mais plutôt des paramètres et des balises de la technologie qui voit naître le support :

« […], les contraintes technologiques obligent les auteurs à déployer leur imagination à l’intérieur de restrictions intrinsèques aux lois de la programmation. Par conséquent, l’auteur d’un texte numérique construit un écrit déterminé par des paramètres techniques, qui deviennent autant de carcans à une démarche créative »[6].

De ce fait, nous pourrions dire que les appareils d’écriture créent une sorte de déterminisme technologique, c’est-à-dire des éléments qui ne relèvent pas du contrôle du créateur, mais davantage de la machine sur laquelle le texte est créé. Cette notion de contrainte nous amène à nous questionner sur le développement des nouvelles formes d’écriture au sein de la pluralité des supports numériques.

    b. Apparition de nouvelles formes

Nous assistons, avec l’apparition des diverses plateformes d’écriture à une nouvelle appropriation du texte de la part des auteurs. En effet, ceux-ci se doivent de développer de nouvelles formes d’écriture afin de répondre aux attentes et aux besoins d’une lecture davantage momentanée de la part des lecteurs. De plus, il se doivent de répondre aux diverses contraintes engendrées par ces diverses plateformes d’écriture numériques. Pauline Grebert dans son ouvrage, explique que le développement des formes brèves au sein de l’environnement numérique n’a pas tardé à s’imposer afin de répondre à cette nouvelle demande de lire plus vite et plus efficacement :

« Les formes brèves semblent ainsi s’épanouir particulièrement bien sur le web. Cette vitalité de la concision de l’écriture répond ainsi aux usages fragmentaires de lecture numérique. Internet a également développé l’aspect instantané de l’écriture, ce qui rapproche encore davantage les auteurs de leurs lecteurs »[7].

De ce fait, nous pourrions dire que la littérature numérique tente d’abord et avant tout de répondre aux nouvelles attentes du lecteur. Tout en poursuivant sur la notion de la brièveté d’écriture numérique, il serait pertinent d’aborder une autre forme d’écriture qui s’est développée au sein de l’environnement numérique, soit celle de la forme fragmentée. En effet, avec les nouveaux appareils technologiques et tout ce qu’ils impliquent en termes de fonctionnalités et d’applications, il est désormais possible d’intégrer, au sein même de corps textuel des éléments non textuels. Dans le cadre de son article, René Audet explique qu’en contexte numérique nous assistons à : « une diffraction textuelle et narrative. Appeler des contenus qui n’appartiennent pas à la trame en cours, c’est ouvrir à la multiplicité – celle des voix, des types discursifs, des fils narratifs concurrents »[8].

Nous pourrions dire que la forme fragmentée, au sein des univers d’écriture numériques, peut se traduire de deux façons. La première étant l’intégration par l’auteur de divers éléments médiatiques, tels que l’hyperlien ou d’autres éléments tels que des photographies ou bien de la musique. Cette pratique nécessite une sorte d’écriture fragmentée de la part de l’auteur, puisqu’il doit interrompre l’acte d’écriture afin d’intégrer au sein de son texte ces éléments médiatiques. Par la suite, nous pourrions dire que la seconde forme d’écriture fragmentée se rapproche davantage à la forme du roman-feuilleton du XIXe siècle. En effet, nous assistons de plus en plus au développement de récits numériques fragmentés qui consistent à l’interruption de l’intrigue. De plus, nous retrouvons dans celle forme une sorte de publication basée sur la périodicité, telle que pouvait l’être le roman-feuilleton de l’époque[9].  Le développement et la réappropriation de cette forme d’écriture nous amènent également à nous questionner sur l’éclosion importante de nouvelles plateformes d’écriture. Avec celles-ci, voyons-nous l’émergence de nouvelles pratiques d’écriture ou plutôt une réappropriation de formes textuelles déjà existantes?

      c. Apparition de nouvelles plateformes d’écriture

Nous pouvons regrouper les plateformes d’écriture numériques sous des catégories relativement larges, telles que les blogs, les réseaux sociaux, les forums ou bien les communautés d’écriture (Wattpad). Ces nouveaux « lieux » d’écriture amènent avec eux des codes et des balises d’écriture que nous pourrions également associer à la notion de contrainte telle qu’exposée par Yan Rucar dans son ouvrage La littérature électronique : une traversée entre les signes. Nous retrouvons, avec le développement de ces nouvelles plateformes une forme de réappropriation des formes brèves et fragmentées. En effet, dans son article, Oriane Wrobel aborde par exemple le développement de la forme du « twaïkus », qui se définit comme étant la réappropriation de la forme du haïku sur le réseau social Twitter[10]. De plus, le « twaïkus » conserve les « principes du genre, c’est-à-dire capter une émotion, un instant figé du monde, mais avec une forte dose de sarcasme »[11]. Tout en conservant les règles propres au genre, nous retrouvons une reprise de la forme, notamment permis par les diverses contraintes techniques de la plateforme d’écriture (le nombre limité de caractères). Comme second exemple, nous pourrions aborder la reprise de la forme du roman-feuilleton, qui consiste, comme nous l’avons expliqué plus tôt, à une écriture fragmentée basée sur l’interruption de l’intrigue à des moment où l’intrigue nécessite un dénouement important pour la poursuite du récit, aussi appeler « cliffhanger »[12]. En effet, la plateforme d’écriture Wattpad regroupe une communauté d’auteurs amateurs qui développent des récits qu’ils publient ensuite sous forme de feuilleton, c’est-à-dire un chapitre à la fois. Dans son ouvrage, Pauline Grebert explique que : « Le web réinvente ainsi de nombreuses formes littéraires comme l’écriture de soi, le feuilleton ou la maxime. Internet permet également de mettre en lumière des formes d’écritures qui peinent à exister dans les rayons de librairies »[13]. Finalement, nous pourrions dire que le développement des plateformes d’écriture dans un contexte numérique permet non seulement une réappropriation des formes brèves, mais permettent également une certaine expansion de ses formes brèves et une certaine légitimation de celles-ci. Le développement de ces nouvelles façons d’écrire en contexte numérique nous amène également à nous questionner sur la figure auctoriale et sa légitimé.

2. La figure de l’auteur

      a. Construction de la figure de l’auteur

Avec la mutation importante des supports textuels, d’un passage de l’imprimé vers une culture médiatique davantage numérique, il serait pertinent de s’interroger sur la figure de l’auteur. Tout d’abord, nous nous intéresserons à savoir si l’émergence des nouveaux supports permet ou favorise la construction de la figure d’un auteur et donc, d’une figure auctoriale forte auprès des lecteurs. Dans le cas présent, nous pourrions davantage parler de la construction de la « e-réputation ». Dans son article, Anaïs Guilet définit celle-ci comme étant : « un enjeu majeur pour tous les producteurs de contenus sur le Net, qu’ils soient amateurs ou non, « elle est un objet de concurrence et de consommation, dans un système où les données n’ont de valeur que parce qu’elles sont monétisées » »[14]. Dans ce contexte, nous comprenons qu’avec la multitude de contenu auquel le lecteur est confronté, il est primordial pour un auteur, afin de construire une figure auctoriale forte, de valoriser une présence régulière et multiple sur le web. Afin de mieux illustrer nos propos, il serait pertinent d’aborder la figure auctoriale que s’est construite l’auteure de la série de roman After, Anna Todd, sur la plateforme d’écriture Wattpad. Tout d’abord, celle-ci débute l’écriture de son récit puisqu’elle s’ennuie. Seulement, au fil de ses publications sur la plateforme Wattpad, toujours sous formes de feuilletons et publiées de façon périodique, celle-ci rencontre de plus en plus de succès auprès des lecteurs de la plateforme, qui s’abonnent au compte de l’auteur afin d’être avisés de la publication de la prochaine « tranche » du récit ou du prochain « fragment ». Cela favorise donc, pour Anna Todd, non seulement le développement d’une communauté de lecteurs, mais également d’une communauté de fans. Par la suite, en utilisant les divers réseaux sociaux qui étaient à sa disposition (Facebook et Instagram), l’auteure a continué d’entretenir cette relation avec sa communauté de lecteurs et ainsi, les a incités à poursuivre la lecture de son récit sur la plateforme d’écriture. L’auteur d’After possède un talent certain pour entretenir ce lien avec les lecteurs, ce qui, selon Anaïs Guilet, a dû favoriser sa réussite commerciale au moment du passage du numérique au livre imprimé[15]. Ainsi, l’expérience d’Anna Todd nous apprend que les plateformes d’écriture numériques peuvent favoriser le développement d’une figure auctoriale importante, mais nécessite néanmoins une implication quotidienne et multiple de la part de l’auteur afin de maintenir ce lien, qui se construit au fil des publications. La construction de l’auctorialité au sein de l’univers numérique, nous amène par la suite à nous questionner quant à la légitimation accordée au support numérique.

       b. Légitimité

Il arrive parfois, dans le cadre d’œuvres développées sur des plateformes d’écriture numériques, que celles-ci soient découvertes et ciblées par des éditeurs afin de les réadapter à un support davantage traditionnel, soit celui du livre imprimé ou celui du livre-objet. Cela nous amène donc à nous questionner non seulement sur la légitimité des écrits publiés dans l’univers numérique, mais également sur la légitimité du support. En premier lieu, le processus de sélection des œuvres numériques par les éditeurs résulte en grande partie de la figure auctoriale, telle que nous la définissions plus haut. Si l’auteur possède une grande communauté de fans et donc un large lectorat il sera possible pour les éditeurs d’envisager un succès commercial lors de la conversion du format numérique en un livre physique. Dans son article, Anaïs Guilet explique que :

« le Web apparaît pour de nombreux aspirants auteurs comme un moyen de se faire remarquer par un éditeur traditionnel et ainsi de vivre leur rêve littéraire. Les écrits sur les réseaux sociaux n’apparaissent que comme un banc d’essai, un travail préparatoire, un test avant la publication finale,  » le brouillon d’écran et l’épreuve d’imprimante » »[16].

De ce fait, malgré les nombreuses possibilités qu’offre le numérique en matière de publications, nous pourrions dire que les auteurs perçoivent d’abord et avant tout la publication numérique comme étant un moyen d’acquérir suffisamment de visibilité afin de leur garantir un succès commercial considérable pour la publication d’un ouvrage papier. Malgré une « décentralisation des instances de légitimation », qui peut se traduire par la multitude de possibilités de prescriptions littéraires sur le web, nous pourrions dire que l’appareil éditorial traditionnel, malgré la mutation des supports, agit comme une sorte d’instance de légitimité des écrits, non seulement auprès des auteurs, mais également auprès des lecteurs. En effet, comme l’explique Cécile Méadel et Nathalie Sonnac dans leur ouvrage : « le papier [est] considéré par les auteurs comme une finalité. La plupart écrivent avec, en tête, l’idée d’un objet-fini : le livre physique »[17]. Pendant de nombreuses années, le support imprimé ou l’objet-livre a représenté l’unique support sur lequel il était possible de fixer le discours. De ce fait, ce type de support est porteur d’une certaine symbolique, soit celle de l’achèvement ou de la consécration en quelques sortes de l’acte d’écriture et du discours. Cela nous amène finalement à nous questionner sur la conception du droit d’auteur dans un ère où tout semble accessible et libre de droit.

       c. Droit d’auteur en contexte numérique

Il serait désormais pertinent de s’intéresser à la question de l’évolution des droits d’auteurs dans un contexte numérique et comment est-il possible pour les auteurs de faire valoir ceux-ci. Le gouvernement du Canada définit le droit d’auteur comme étant : « […] le droit exclusif de produire, de reproduire, de publier ou d’exécuter une œuvre originale de nature littéraire, artistique, dramatique ou musicale. Le créateur est généralement le titulaire du droit d’auteur »[18]. Auparavant donc, le droit d’auteur agissait non seulement à titre de protecteur des œuvres produites, mais permettait également pour les créateurs d’obtenir une rémunération proportionnelle à l’exploitation de l’œuvre ou des œuvres qu’ils avaient créées[19]. De plus, cette forme de rémunération permet, en quelque sorte, d’inciter le créateur à créer davantage[20].

Seulement, en contexte numérique, il est facile pour un individu de s’approprier et de (re)diffuser les œuvres littéraires, photographiques, musicales ou cinématographiques.   Les balises du droit d’auteur, telles que nous les entendions auparavant, sont en pleine mutation. Cela peut s’expliquer notamment par le fait qu’au sein de l’environnement de création numérique, il est possible de réaliser des ajouts ou bien des modifications de contenu et ce, par les auteurs ou même par des tiers, considérés comme étant des collaborateurs à la création. Dans ce contexte, comme l’explique Joëlle Farchy dans son article,

« L’œuvre devient processus permanent de création et ses frontières se diluent. La vision romantique de la création, payée à l’acte avec un auteur individualisable, sur laquelle s’appuient les principes originels du droit d’auteur, n’est déjà plus en phase avec la réalité de sa mise en œuvre ; a fortiori sur l’internet, les nouvelles utilisations créatrices des œuvres numérisées s’avèrent très déstabilisantes parce que l’apparition d’un contenu électronique, échangeable et transformable à volonté, bouleverse notre conception traditionnelle de l’œuvre et de son auteur »[21].

Les frontières territoriales, qui permettaient en quelques sortes de déterminer le droit d’auteur auparavant, ne s’appliquent plus dans un contexte où l’information circule le plus largement possible en large accès et donc, en accès libre. D’un autre point de vue, il existe diverses plateformes d’écriture qui permettent la restriction des droits d’auteurs comme Wattpad. Cette restriction permet d’avoir un accès total ou partiel à l’œuvre afin de pouvoir en parcourir les différentes parties de l’intrigue, mais ne permet pas d’appliquer la fonctionnalité de copier/coller le texte. En effet, la seule action possible dans ce contexte est de partager sur le réseau social Facebook le passage qui nous a marqué ou qui nous intéresse le plus. Évidemment, malgré le blocage de la fonctionnalité, il est toujours possible, pour un utilisateur de la plateforme de retranscrire le texte sur une autre plateforme ou dans un traitement de texte afin de pouvoir se l’approprier. Il devient donc évident que les barrières du droit d’auteur sont difficiles à appliquer et que les œuvres créées dans l’espace numérique deviennent de plus en plus difficiles à protéger. Finalement, nous pouvons voir que les supports influencent non seulement la figure de l’auteur, puisqu’elle nécessite une construction d’autant plus importante vue la multitude d’informations auquel le lecteur est confronté, mais nous pouvons également voir qu’il existe une certaine quête de légitimation de la part des auteurs par la publication de leur œuvre sur un support papier. Nous pourrions également dire que cette quête de légitimation est intrinsèquement liée à la notion de droit d’auteur, puisque l’inscription de leur œuvre dans la chaîne traditionnelle du livre signifie qu’ils s’inscrivent dans une sorte de système de capitalisation et donc, que leur œuvre devient légitimement et légalement protégée par le droit d’auteur.

3. (Ré)adaptation de la lecture

      a. L’incidence de l’hypertextualité

La façon dont le discours se donne à lire varie beaucoup en fonction du support sur lequel les données textuelles s’inscrivent. Nous pourrions citer l’exemple du passage du volumen au codex. Dans le premier cas, nous retrouvions une lecture considérée davantage comme continue, puisque le texte se présentait sous forme de rouleau et donc, se déroulait au rythme de la lecture. Au moment de la transition du volumen au codex, le lecteur s’est vu obligé d’adapter sa lecture au nouveau support que représentait le codex, ainsi qu’à sa forme. Dans son ouvrage, Christian Vandendorpe explique que : « [le texte] n’existe qu’en fonction de la lecture, les mutations du premier auront des répercussions sur la seconde, de même que celles de la seconde entraîneront nécessairement la mise en place d’autres modes de textualité »[22].  Le support sur lequel s’inscrit le texte aura des influences sur la façon dont celui-ci est présenté au lecteur et donc, sur la façon dont celui-ci est donné à lire.

L’arrivée des nouvelles technologies au sein de notre quotidien, opère de nouveau un changement sur la façon dont l’information se donne à lire et donc, de la manière que celle-ci nous est présentée. En effet, nous retrouvons au sein même des textes numériques la présence d’hyperliens, qui peuvent se définirent comme étant des liens cliquables, au sein du corps d’un texte qui renvoient à d’autres textes, qui eux-mêmes peuvent renvoyer à d’autres textes. Avec l’apparition de ces nouvelles données textuelles au cœur du texte, nous assistons donc à une fragmentation ou une discontinuité de la lecture et donc à l’abandon de la lecture linéaire, en quelques sortes. Seulement, il est possible d’expliquer cette nouvelle fragmentation de lecture par les capacités neurologiques de l’être humain. En effet, Maryanne Wolf explique que :

« Notre mode de lecture est ainsi en train de se modifier, par sa dé-linéarisation, et sa tendance à privilégier l’efficacité sur l’immersion et la multiplicité des sources sur l’unicité du contenu. Ce sont aussi nos temps et nos lieux de lecture qui changent, marqués désormais par une tendance à devenir plus ponctuels et plus nomades »[23].

La présence de l’hyperlien au sien du texte permet, en quelque sorte, de faciliter les liens possibles entre les contenus. Cette fragmentation de la lecture par l’hyperconnectivité à laquelle le lecteur peut désormais faire face nous amène à nous questionner sur la réappropriation de l’objet-livre en contexte numérique et comment ces supports favorisent en quelques sortes cette nouvelle fragmentation textuelle.

       b. Transformation de l’objet-livre et incidence du support sur la lecture

Il serait désormais pertinent de nous attarder au cours de cette analyse à la réappropriation de l’objet-livre et comment celle-ci peut influencer les modalités de lecture par les lecteurs. Tout d’abord, comme l’indique Ariane Mayer dans son mémoire, il est important de souligner que le livre réfère à deux réalités, c’est-à-dire qu’il s’agit « d’un ensemble de données spécifiques qui constitue le contenu littéraire de chaque œuvre, et le matériau sur lequel il repose, c’est-à-dire l’objet imprimé, […] »[24]. Avec la pluralité des supports de lecture, les deux réalités du livre, telles qu’exposées par Ariane Mayer, ne sont plus dépendantes l’une de l’autre. En effet, une œuvre peut exister sans devoir nécessairement être associée au livre-objet. Nous assistons à une dématérialisation du livre-objet tel que nous le connaissions auparavant et donc, à une dématérialisation de la littérature. D’un support numérique à un autre, la lecture aura tendance à changer et nécessitera une (ré)adaptation de la part du lecteur. Afin de bien expliquer nos propos, il serait pertinent d’explorer la lecture au travers divers supports et comment ceux-ci tendent à se réapproprier l’objet-livre, mais également les mutations de lecture que cela entraîne.

En premier lieu, comme type de support, nous nous intéresserons plus particulièrement à la liseuse. Il s’agit d’un appareil numérique qui a pour fonctionnalité première la lecture. De ce fait, le texte tel que présenté au lecteur aura plutôt tendance à reproduire les caractéristiques de l’objet-livre. En effet, nous retrouvons des œuvres littéraires téléchargeables qui reprennent la forme du livre imprimé, comme par exemple les marges, les numéros de page, l’imitation d’une feuille blanche en arrière-plan, mais également au niveau de la gestuel, soit le fait d’appuyer ou de glisser son doigt sur l’écran tactile afin de « tourner » la page[25]. En reprenant les caractéristiques principales de l’objet-livre tel que nous le connaissons, il est possible d’offrir une expérience de lecture similaire au livre imprimé et ce, malgré la transformation du support.

D’un autre point vu, nous retrouvons des supports de lecture numérique offrant une expérience de lecture que nous pourrions qualifier de fragmentaire. Dans le cas de la tablette ou bien de l’ordinateur, la lecture ne représente qu’une fonctionnalité parmi tant d’autres offertes par l’objet, comme cela pourrait être le cas d’un livre imprimé. Cette multitude de fonctionnalités offertes par le support de lecture amènera donc le lecteur dans une lecture fragmentée, c’est-à-dire qu’il se voit offrir la possibilité de « conjuguer » la lecture à d’autres activités et ce, de façon simultanée[26]. La mutation des supports numériques offre autant de façons de lire le texte que le nombre de supports sur lesquels il apparaît.

Il est vrai que de nombreux contenus sont créés à même les plateformes d’écriture, mais qu’advient-il des œuvres ou des périodiques auparavant publiés sur un support imprimé. Dans son article, Jean Clément explique que la numérisation des textes, qu’ils soient littéraires ou autres, amène un changement important au niveau de l’accessibilité des ouvrages et des contenus. Il est désormais possible, en effet, de réaliser des liens directs entre divers contenus, comme peut le faire la présence des hyperliens. De ce fait, le rapport à la lecture est modifié, puisque le lecteur n’est plus dans l’obligation de se déplacer pour avoir accès à du contenu exclusif et pouvoir s’approprier des œuvres qui lui étaient auparavant inaccessibles[27]. L’ensemble de ces réappropriations du livre et du texte en contexte numérique, nous amène à nous questionner sur l’incidence du support sur la finalité ou la « fermeture » des œuvres.

          c. Malléabilité du texte numérique

Le dernier élément qu’il serait pertinent d’aborder en lien avec l’incidence des supports sur les pratiques de lecture est la malléabilité du texte numérique et sa fermeture. En effet, nous constatons que pour les textes diffusés sur un support papier, l’information est considérée comme étant « fixe, inscrite et immuable ». Malgré la possibilité de réaliser des rééditions et donc, des nouvelles versions du texte sur un support imprimé, il demeure possible de lire les anciennes versions, de les consulter, mais également de les citer[28]. Nous nous retrouvons donc avec une sorte de fixité du texte, c’est-à-dire qu’il n’est pas malléable au sein de son contenu. Dans leur ouvrage, Cécile Méadel et Nathalie Sonnac expose que le support numérique transforme cette fixité en continuité :

« À l’inverse, le numérique permet la continuité, c’est-à-dire la conception du livre comme processus qui brouille les frontières anciennes entre les étapes de la conception du manuscrit et celles de la fabrication de l’objet fini. On peut désormais imager un livre qui soit sans cesse écrit par son auteur. […]. Un livre remis à jour en direct, actualisé, « continualisé « , […] »[29].

Les balises de « fermeture » du contenu textuel, autrefois fixées par l’édition traditionnelle ou la publication du contenu sur un support fixe tel que l’imprimé, ont désormais tendances à changer. En effet, avec l’avènement des diverses plateformes numériques, telles que les réseaux sociaux, les blogs ou bien les plateformes d’écritures, le contenu textuel tend à changer, à se modifier au fil des commentaires ou des publications de la part des lecteurs. Afin de mieux illustrer nos propos, il serait intéressant d’aborder le cas du feuilleton numérique, tel que conçu sur la plateforme d’écriture Wattpad. Comme nous l’avons mentionné précédemment, la plateforme offre la possibilité aux auteurs de publier leurs récits sous forme de feuilleton, c’est-à-dire par tranche ou par chapitre. Les lecteurs, de leur côté, ont désormais la possibilité de commenter ce contenu et ainsi, permettre son amélioration au fil des publications. Seulement, il est important de souligner que l’auteur, suite aux commentaires des lecteurs possède l’occasion de modifier le contenu du chapitre qu’il a publié afin de répondre aux commentaires des lecteurs. Dans un tel contexte, la malléabilité du texte numérique peut avoir une certaine influence sur l’expérience du lecteur quant au récit qui lui est donné à lire.

Dans un même ordre d’idées, nous pouvons associer la malléabilité du texte numérique à l’un des cinq attributs qui caractérisent les documents numériques, soit la fluidité. Dans son article, Christian Vandendorpe explique qu’une « fois numérisé, le texte est facile à modifier, à copier, à faire circuler, à commenter, à publier, à mettre en tableau. […] Mais cette fluidité peut aussi malheureusement rencontrer ses limites et, […], donner lieu à des formes labiles, instables et chaotiques »[30]. Le support imprimé permettait une certaine cohérence au niveau du contenu, c’est-à-dire qu’une fois le discours textuel fixé, le lecteur possédait la version considérée comme étant la plus achevée ou que nous pourrions caractériser comme étant finale de l’œuvre. Dans le cadre de l’univers numérique et la multitude de contenus qu’il contient, il existe certes, une certaine fluidité de celui-ci, mais il existe aussi ce que nous pourrions appeler une sorte d’aspect éphémère de celui-ci. Cela peut s’expliquer notamment par le fait qu’il est amené à changer, que ce soit au niveau du support ou bien au niveau de son contenu. Dans ce cas, comment est-il possible pour le lecteur d’appréhender le texte s’il est incertain qu’il en est à sa forme finale? Finalement, nous pouvons voir que l’espace numérique, confronté aux mutations constantes de ces supports et de son contenu, ne peut garantir une fixité textuelle. Dans ce contexte, le lecteur n’aura d’autre choix que de (ré)apprendre constamment l’acte de lecture et de recomposer avec le rapport qu’il entretient avec l’appareil textuel.

En conclusion, il nous a été possible de voir que l’avènement des nouvelles technologies modifient de plusieurs façons le cadre textuel, mais également les pratiques d’écriture. En effet, comme nous avons pu le voir, la création littéraire est désormais sujette à des contraintes déterminées par le support d’écriture sur lequel le texte est créé. Ces contraintes agissent désormais à titre de déterminants technologiques sur la création littéraire, que ce soit au niveau des plateformes d’écriture, qui imposent un nombre de caractères maximum, ou bien au niveau de la forme dans laquelle le texte est présenté aux lecteurs (Wattpad). Nous avons également été en mesure de voir que le numérique se réapproprie, en quelques sortes, des formes d’écriture répondant davantage à la notion d’instantanéité de de momentanéité dans laquelle la société se retrouve présentement plongée. Cette réappropriation de ces formes d’écriture nous a également permis de constater qu’il existait une corrélation entre celles-ci et le développement des nouvelles plateformes d’écriture.

Dans un second temps, nous nous sommes intéressés à la construction de la figure de l’auteur en contexte numérique, puisqu’une multitude de personnes ont désormais accès à la possibilité de rendre disponible du contenu et donc, de se construire une image numérique. Comment est-il possible pour un auteur de se démarquer des autres? Nous avons constaté, avec l’exemple d’Anna Todd, qu’il ne s’agit pas nécessairement d’une question de qualité de contenu, mais plutôt d’une question de se rendre « visible » et d’ainsi construire une figure auctoriale forte par la construction et le maintien d’une communauté de fans de plus en plus importante. Nous avons également abordé la question de la légitimité. Malgré une mutation des supports de publication, le support imprimé semble demeurer pour les auteurs un but à atteindre. Cela pourrait se traduire en quelques sortes par la figure de légitimation que représente l’édition traditionnelle. Enfin, nous avons abordé la question du droit d’auteur dans un contexte numérique. Il nous a été possible de comprendre que le droit d’auteur sert avant tout à protéger et rémunérer la propriété intellectuelle des œuvres produites par les artistes qui les ont créées. Seulement, dans un contexte où l’information circule le plus librement que possible, la notion de protection d’une œuvre devient plus difficile à prouver et défendre dans un contexte numérique.

Finalement, les nouveaux supports textuels modifient en quelques sortes le rapport que le lecteur entretient avec le texte. En effet, le lecteur se retrouve désormais confronté à une lecture davantage fragmentée, puisque les supports numériques permettent une multitude de fonctionnalités de façon simultanée à l’acte de lecture. Par la suite, nous nous sommes questionnés sur la transformation de l’objet-livre et sur l’incidence des supports sur la lecture. Cela nous a permis de constater que certains appareils cherchent à reconstruire l’expérience de lecture telle que nous la connaissions auparavant. Nous avons finalement abordé la question de la malléabilité du texte et donc, la fermeture de celui-ci. Auparavant, l’imprimé fixait le texte d’une façon plus tangible, presque inaltérable, alors que le contenu numérique est modifiable dans son entièreté et donc, se traduit par un caractère que nous pourrions qualifier d’éphémère.

Suite à l’analyse de l’ensemble de ces éléments, nous pouvons donc dire qu’il existe bel et bien une incidence quant aux supports numériques sur les pratiques d’écriture, sur la figure de l’auteur, mais également sur la (ré)appropriation du discours et donc, du texte par le lecteur. Finalement, il pourrait être intéressant d’aborder plus en profondeur l’un des aspects du droit d’auteur dans un contexte numérique, soit la notion de pseudonyme. Nous savons que, dans l’univers numérique, l’utilisateur des diverses plateformes d’écriture peut omettre d’inscrire son propre nom et donc, créer ainsi une sorte d’avatar ou pseudonyme qui correspondra à sa nouvelle « identité » sur la dite plateforme. De ce fait, nous nous questionnons à savoir comment est-il possible, dans ce contexte, de parler de droit d’auteur? Comment est-il possible pour un individu de prouver que ce pseudonyme est bien le sien et non celui d’un autre individu habitant dans une autre ville, état ou pays?

Notes : 

[1] BERTHIER, Anne. « Du volumen au codex », dans L’aventure du livre, Bibliothèque nationale de France. 2018. [En ligne], //classes.bnf.fr/livre/arret/histoire-du-livre/premiers-supports/07.htm (page consultée le 11 décembre)

[2] Ibid.

[3]MAYER, Ariane. L’impact du numérique sur la création littéraire, mémoire de recherche sous la direction d’Alain Busson, HEC de Paris, 2012, p.4. [En ligne], //digital-studies.org/wp/wp-content/uploads/2013/01/M%C3%A9moire-MAC-HEC-Ariane-Mayer-version-d%C3%A9finitive.pdf (page consultée le 11 décembre 2018).

[4] AUBERT, Nicole. « L’urgence, symptôme de l’hypermodernité : de la quête de sens à la recherche de sensations », dans Communication et organisation, no 29, 2006, p. 11-21. [En ligne], //journals.openedition.org/communicationorganisation/3365 (page consultée le 11 décembre).

[5] RUCAR, Yan. La littérature électronique : Une traversée entre les signes », Les Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 2015, p.8. [En ligne], //pum.umontreal.ca/fichiers/livres_fichiers/9782760635548.pdf (page consultée le 12 décembre 2018)

[6] Ibid. p.7.

[7] GREBERT, Pauline. Les mutations du livre et de la lecture à l’ère du numérique. Université Stendhal, Grenoble, sous la dir. de Yves Citton. 2009-2010, p.75. [En ligne], //manuscritdepot.com/edition/documents-pdf/Grebert_A._memoire.pdf (page consultée le 13 décembre 2018). 

[8] AUDET, René. « Écrire numérique : du texte littéraire entendu comme processus », dans Itinéraires 2014-2015. [En ligne], //journals.openedition.org/itineraires/2267 (page consultée le 13 décembre 2018)

[9] PINSON, Guillaume. La culture médiatique francophone en Europe et en Amérique du Nord : De 1760 à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Les Presses de l’Université Laval, Québec, 2016, p.11.

[10] WROBEL, Oriane. « Formats courts : une littérature simpliste? », dans Cultures numériques, 2018. [En ligne], //rpcnufrlkr.cluster006.ovh.net/wordpressCN/2017/11/24/formats-courts/ (page consultée le 12 décembre 2018).

[11] Ibid.

[12] BARONI, Raphaël. « Le cliffhanger : un révélateur des fonctions du récit mimétique », dans Cahiers de narratologie, no31, 2016 : Sérialité narrative. Enjeux esthétiques et économique. [En ligne], //journals.openedition.org/narratologie/7570 (page consultée le 9 décembre 2018)

[13] GREBERT, Pauline. Les mutations du livre et de la lecture à l’ère du numérique. Université Stendhal, Grenoble, sous la dir. de Yves Citton. 2009-2010, p.75. [En ligne], //manuscritdepot.com/edition/documents-pdf/Grebert_A._memoire.pdf (page consultée le 13 décembre 2018). 

[14] GUILET, Anaïs. « Les succès littéraires grâce au Web », dans Tous artistes ! : les pratiques (ré)créative du Web, Les Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 2017, p.155-173. [En ligne], //www.parcoursnumeriques-pum.ca/les-succes-litteraires-grace-au-web (page consultée le 12 décembre 2018).

[15] Ibid.

[16] Ibid.

[17] MÉADEL, Cécile et Nathalie SONNAC. L’auteur au temps du numérique, Archives Contemporaines Édition, France, 2012, p.24. En ligne] //www.babelio.com/livres/Meadel-Lauteur-au-temps-du-numerique/427737 (page consultée le 12 décembre 2018).

[18] Office de la propriété intellectuelle du Canada, « Qu’est-ce que le droit d’auteur? », Gouvernement du Canada, 2016, [En ligne], //www.ic.gc.ca/eic/site/cipointernet-internetopic.nsf/fra/wr03719.html (page consultée le 12 décembre 2018).

[19] MAUREL, Lionel. « Droit d’auteur et création dans l’environnement numérique : Des conditions d’émancipation à repenser d’urgence », dans Mouvements, 2014, vol. 3, no79, p.100-108. //www.cairn.info/revue-mouvements-2014-3-page-100.htm (page consultée le 13 décembre 2018).

[20] FARCHY, Joëlle. « Le droit d’auteur est-il soluble dans l’économie numérique? », dans Réseaux, vol.6, no110, 2011 p. 16-40. [En ligne], //www.cairn.info/revue-reseaux1-2001-6-page-16.htm (page consultée le 12 décembre 2018).

[21] FARCHY, Joëlle. « Le contournement du droit d’auteur dans l’univers numérique : Quelles solutions économiques? » dans Questions de communication, vol. 5. 2004, p. 243-258. [En ligne], //journals.openedition.org/questionsdecommunication/7115 (page consultée le 13 décembre 2018).

[22] VANDENDORPE, Christian. Du papyrus à l’hypertexte : essai sur les mutations du texte et de la lecture. Éditions Boréal, Montréal, 1999, p.7. [En ligne], //litmedmod.ca/sites/default/files/pdf/vandendorpe-papyrusenligne_lr.pdf (page consultée le 8 décembre 2018).

[23] MAYER, Ariane. L’impact du numérique sur la création littéraire, mémoire de recherche sous la direction d’Alain Busson, HEC de Paris, 2012, p.6. [En ligne], //digital-studies.org/wp/wp-content/uploads/2013/01/M%C3%A9moire-MAC-HEC-Ariane-Mayer-version-d%C3%A9finitive.pdf (page consultée le 11 décembre 2018)

[24] Ibid. p.9.

[25] Ibid. p.11.

[26] Ibid. p.11

[27] CLÉMENT, Jean. « La littérature au risque du numérique », dans Document numérique : Nouvelles écritures. Lavoisier, Paris, 2001, vol.5. p.113-134. [En ligne], //www-cairn-info.acces.bibl.ulaval.ca/revue-document-numerique-2001-1-page-113.htm (page consultée le 13 décembre 2018).

[28] MÉADEL, Cécile et Nathalie SONNAC. L’auteur au temps du numérique, Archives Contemporaines Édition, France, 2012, p.44. En ligne] //www.babelio.com/livres/Meadel-Lauteur-au-temps-du-numerique/427737 (page consultée le 12 décembre 2018).

[29] Ibid. p.44.

[30] VANDENDORPE, Christian. «Le livre et la lecture dans l’univers numérique », dans Bataille de l’imprimé, Les Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 2008, p. 191-209. [En ligne], //books.openedition.org/pum/16936?lang=fr (page consultée le 12 décembre 2018).

 

Bibliographie :

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