L’enjeu de la publication dans le cas des feuilletons littéraires du XIXe siècle et la pérennité du genre à l’ère numérique

Au cours de l’histoire littéraire, nous avons été en mesure de voir l’émergence de plusieurs formes littéraires, comme par exemple le roman, la nouvelle, la poésie et le théâtre. Avec cette multiplicité des formes littéraires, nous retrouvons également, au XIXe siècle, l’expansion de plus en plus importante des techniques d’impressions, ce qui aura pour effet de réaliser des tirages de plus en plus important et donc de permettre une diffusion de masse de plus en plus vaste au sein des territoires. Cette effervescence industrielle aura pour conséquence le développement de la presse quotidienne et donc, de la forme du « roman-feuilleton » [1] . Nous pourrions définir le feuilleton littéraire comme étant « des intrigues découpés en fragments, de manière à porter chaque jour le récit au plus haut degré d’intérêt, ce qui pousse le lecteur (ou la lectrice) à attendre impatiemment la suite…au prochain numéro » [2] . Les histoires présentent dans les romans feuilletons étaient donc divisées de sorte à ce que l’histoire demeure intrigante pour les lecteurs et les incitent à consommer le prochain numéro afin de pouvoir connaître le dénouement du récit.

Dans cette perspective, cela nous amène à nous questionner sur l’enjeu de la publication dans les cas du « roman-feuilleton ». En effet, la construction particulière du récit, soit la création de points d’intrigue à chaque fin de numéro d’un quotidien, nous amène à nous questionner sur la reprise d’une œuvre fragmentée (le feuilleton), afin de l’adapter à une forme littéraire plus longue, soit celle du roman. Nous aimerions savoir principalement si le texte subit des modifications ou une réédition au moment du changement de la forme. Serait-il possible que les divers points de chute présents dans les fragments soient retirés? Les fragments représentent-ils la division en chapitre choisie lorsqu’il est adapté en roman? Nous pourrions également nous interroger sur la réceptivité de l’œuvre par les lecteurs afin de savoir si celle-ci a influencée la réédition, par la création de nouveaux segments à l’histoire ou bien le retrait de d’autres. Il serait donc pertinent d’étudier les facteurs pouvant influencer la transformation d’une forme littéraire à une autre. Finalement, il serait pertinent d’étudier la pérennité du genre avec la nouvelle effervescence technologique et le libre accès aux plateformes de publication en ligne.

Dans ce contexte, notre hypothèse est qu’il existe une sorte de mutation du texte au moment de la transformation d’une forme littéraire à une autre. De plus, nous croyons que la forme du feuilleton tend à se développer à nouveau avec l’accès à diverses plateformes de publication numérique.

[1] DUBOIS, Jacques. « Feuilleton », dans Encyclopaedia Universalis [en ligne], http://www.universalis-edu.com.acces.bibl.ulaval.ca/encyclopedie/feuilleton/ (page consultée le 27 septembre 2018).

[2] LANDRY, Kenneth. 2000. « Le roman-feuilleton français dans la presse périodique québécoise à la fin du XIXe siècle : surveillance et censure de la fiction populaire », dans Presse et littérature : la circulation des discours dans l’espace public, vol. 36, no 3, p. 65-80.

 

 

EDIT : 26/10/18

Étude de l’incidence des supports sur les pratiques d’écritures et de réécritures d’une œuvre : analyse comparative du roman-feuilleton et des feuilletons numériques

Dans le cadre du présent travail, une approche réflexive différente a été ciblée. En effet, grâce à une analyse comparative des romans-feuilletons et des feuilletons numériques, il nous sera possible d’étudier l’incidence que peut représenter les supports sur les pratiques d’écritures et de réécritures d’une œuvre. Nous nous intéressons plus particulièrement au contexte d’émergence de chacun, à la forme de ceux-ci et aux moyens de diffusion utilisés. De plus, il serait pertinent d’aborder le concept de sérialité, puisque le roman-feuilleton est publié sous forme de fragments, qui une fois réunis, forme une œuvre achevée. Finalement, nous nous interrogeons sur la « fermeture » ou la finalité des œuvres dans un contexte numérique. Cela peut s’expliquer notamment par le fait qu’une modification du contenu est toujours possible dans un contexte numérique contrairement à une œuvre imprimée. Cela nous amène à nous interroger sur l’influence des nouvelles technologies sur les pratiques d’écritures, sur les habitudes de lectures, mais également sur le rapport entre l’auteur et le lecteur. Finalement, cela nous amène également à nous questionner sur la publication d’un support à un autre. Dans certain cas, les auteurs d’œuvres numériques choisissent de (re)publier leur œuvre en format imprimé alors qu’elle est déjà disponible dans son intégralité en format numérique. Est-ce qu’il s’agit d’un désir de légitimation de la part des auteurs numériques ou bien d’un désir de  pérennisation de leur part? Est-ce que l’espace de publication littéraire numérique représente les mêmes enjeux que le roman-feuilleton d’autrefois, soit de construire la figure de l’auteur, pour ensuite être connu suffisamment dans le milieu littéraire pour publier dans un format imprimé? Pourquoi est-ce que le support papier joue-t-il encore un rôle aussi important dans la transmission et la légitimation de la figure de l’auteur?

 

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