Le zine féministe actuel : entre marginalité et mainstream

Ce qu’on appelle zine est parfois difficile à définir. Il s’agit généralement d’une publication imprimée indépendante réalisée de façon artisanale dans un but non commercial. Le zine permet à un groupe marginalisé de prendre la parole, de faire entendre son point de vue et ses propositions que les médias dominants ignorent ou ridiculisent. Zines et féminisme sont liés depuis les années 1980 où les militantes ont adopté le médium pour faire connaître leurs revendications. Aujourd’hui, nombre d’organisations féministes publient leurs idées en ligne à l’aide de blogues ou de webzines. Cela nous amène à nous demander si le zine féministe imprimé est voué à disparaître. Nous proposons donc de nous interroger sur les effets du numérique sur la création, la diffusion et l’esthétique du zine féministe. Nous sommes d’avis que le numérique ne signifie pas la mort prochaine du zine imprimé. Au contraire, nous pensons que les possibilités qu’il offre ont contribué à la renaissance du médium et à modifier de façon importante son esthétique et ses méthodes de diffusion, ce que nous tenterons de montrer à travers l’analyse d’un corpus qui comporte provisoirement une vingtaine de zines féministes provenant majoritairement du Canada. De ce corpus, nous avons pu dégager deux façons générales de faire le zine féministe à l’ère post-numérique : l’une souhaite prolonger son appartenance à l’underground, l’autre propose d’entamer son intégration à la culture populaire.

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EDIT 24/10/18 :

Après réflexion, nous traiterons surtout des effets du numérique sur la diffusion du zine féministe imprimé. Bien que le webzine gagne en popularité, nous pensons toujours que le numérique (réseaux sociaux, blogue, courriel, boutique en ligne, etc.), en modifiant les méthodes traditionnelles de diffusion, a favorisé la renaissance du zine imprimé non sans en transformer au passage l’esthétique. En 1997, dans Notes from the underground : zines and the politics of alternative culture, Stephen Duncombe écrivait : « Zines are speaking to and for an underground culture. » (p. 8) Dans le contexte des mouvements féministes actuels qui prônent un féminisme inclusif, nous tenterons de voir si le zine féministe revendique toujours son appartenance à la culture alternative. 

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EDIT 14/11/18 : J’ai resserré un peu plus ma problématique et vous remarquerez que  je me suis éloignée de la séparation mainstream/underground. 

Le zine féministe actuel : alliage de l’imprimé et du numérique

Le zine imprimé, malgré l’apparition du webzine, demeure un médium fréquemment utilisé. Depuis quelques années, on remarque que plusieurs regroupements féministes l’utilisent comme véhicule de leurs revendications. À l’heure du cybermilitantisme, ce choix peut paraître surprenant. Nous pensons que le recours au zine imprimé par ces collectifs s’accompagne d’usages numériques qui assurent la plus vaste diffusion possible de leur message. Nous chercherons d’abord à voir comment le choix du support imprimé se justifie en regard des objectifs et des valeurs que se donnent ces collectifs. Nous nous pencherons ensuite sur l’influence des réseaux sociaux, boutiques en ligne, blogues et autres outils du numérique sur la diffusion du zine imprimé. 

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