Le zine féministe actuel : entre marginalité et mainstream

Ce qu’on appelle zine est parfois difficile à définir. Il s’agit généralement d’une publication imprimée indépendante réalisée de façon artisanale dans un but non commercial. Le zine permet à un groupe marginalisé de prendre la parole, de faire entendre son point de vue et ses propositions que les médias dominants ignorent ou ridiculisent. Zines et féminisme sont liés depuis les années 1980 où les militantes ont adopté le médium pour faire connaître leurs revendications. Aujourd’hui, nombre d’organisations féministes publient leurs idées en ligne à l’aide de blogues ou de webzines. Cela nous amène à nous demander si le zine féministe imprimé est voué à disparaître. Nous proposons donc de nous interroger sur les effets du numérique sur la création, la diffusion et l’esthétique du zine féministe. Nous sommes d’avis que le numérique ne signifie pas la mort prochaine du zine imprimé. Au contraire, nous pensons que les possibilités qu’il offre ont contribué à la renaissance du médium et à modifier de façon importante son esthétique et ses méthodes de diffusion, ce que nous tenterons de montrer à travers l’analyse d’un corpus qui comporte provisoirement une vingtaine de zines féministes provenant majoritairement du Canada. De ce corpus, nous avons pu dégager deux façons générales de faire le zine féministe à l’ère post-numérique : l’une souhaite prolonger son appartenance à l’underground, l’autre propose d’entamer son intégration à la culture populaire.

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