Feuilles volantes : la représentation du manuscrit dans Alan Wake

S’inspirant ouvertement du genre littéraire de l’horreur, Alan Wake (Remedy Entertainment, 2010) est un jeu vidéo dans lequel nous incarnons un écrivain aux prises avec le syndrome de la page blanche. Alors qu’il séjourne dans un petit village avec l’espoir de retrouver l’inspiration, Wake est attaqué par des ombres maléfiques. Émergeant du coma, il se met à découvrir les pages d’un manuscrit qui porte son nom et qu’il ne se rappelle pas avoir écrit. La collecte de ces pages manuscrites par le joueur, élément secondaire du gameplay d’Alan Wake, est-elle aussi anodine qu’il y paraît? Plusieurs pistes laissent croire que le manuscrit, ses fonctions et sa représentation occupent un rôle central dans la construction de ce jeu. Parmi celles-ci, nous nous pencherons sur le manuscrit en tant que niveau narratif de la diégèse. Nous ferons de même quant à sa matérialité particulière, écrite et orale, tangible et volatile, qui semble s’ancrer dans la volonté du jeu d’offrir une réflexion sur le processus création de l’auteur et sur les liens entre la fiction et la réalité. Le manuscrit dans Alan Wake se caractérise également par l’absence d’acte d’écriture. Il surgit de nulle part, se constitue sans intervention de celui qui tient le rôle de « l’écrivain ». Cela me laisse croire que le joueur, par sa progression entre les épisodes et entre les multiples niveaux narratifs, participe à la construction l’œuvre littéraire, à la manière d’un coauteur. En lien avec les objectifs du séminaire, cette recherche sur les fonctions et la représentation du manuscrit dans Alan Wake permettra de nous interroger sur le manuscrit comme objet littéraire et sur sa représentation dans l’univers médiatique populaire.

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