Écriture collaborative, à la fois lecteur et auteur participatif – Plan détaillé

0.0 INTRODUCTION – Avant-propos
– Influence des environnements numériques sur l’écriture des romans : Nouvelle structuration de l’écriture et du processus de production des contenus littéraires propres à l’environnement numérique, changement des techniques d’écriture et changement de la fonction éditoriale et auctoriale : concept d’éditorialisation (Vitali-Rosati, 2014) ;
– Définition de la production participative (crowdsourcing) (Howe, 2006). Émergence du domaine de la gestion des connaissances : appel à des réseaux spécialisés et au grand public (Howe, 2006).
0.1 Sujet amené

– Définition des termes et des concepts ;
– L’écriture collaborative : définition en contexte numérique ;
– Production participative dans le domaine de la production littéraire : l’écriture collaborative est le niveau le plus extrême d’ouverture (Bücheler, 2010).
0.2 Sujet posé
– Une génération de lecteurs actifs et pluridisciplinaires touchant à plusieurs aspects de la création d’un roman ;
– Environnement d’interactivité et de partage : les lecteurs deviennent des « auteurs collectifs » (Augé, 2018) et le terme de « lecteurs » se transforme ;
– Cela se différencie essentiellement des communautés de bêta-lecteurs reléguées aux tâches critiques du travail d’un auteur ou de corrections de textes.
0.3 Problématique
– Comment les romans en approvisionnement par la foule conduisent-ils à la mutation du rôle de lecteur et de la réception des textes ? L’étude cherchera à décrire l’environnement dans lequel les lecteurs sont invités à collaborer, de la conception de contenus littéraires à leur publication et les enjeux d’édition qui en découlent.
0.4 Hypothèse
– Passage de la lecture vers l’écriture, changement de la dénomination de lecture vers la domination d’ « auteur collaboratif » , un plus grand investissement de la part du lecteur.
0.5 Sujet divisé
– Les statuts du lecteur, entre action et semi-passivité : d’écrivain collaboratif à lecteur créateur de traces ;
– Variabilité des organisations et des niveaux d’autorité au sein des communautés d’écriture collaborative ;
– Multiplicité des plateformes d’écriture collaborative : portrait d’ambitions et de finalités hétéroclites.
0.6 Corpus analysé
– Des plateformes d’écriture collaborative : Widbook, Préambule, Inédits ;
– Des récits créés par écriture collaborative : Bright Star (2019) de Erin Swan / A Million Penguins (2007) de la Maison d’édition Penguin Books / Mercœur (2013) de Charles Flammand.

1.0 CHAPITRE #1
Le collaborateur actif vs. le collaborateur passif : Le lecteur métamorphosé en auteur et le lecteur créateur de données.
1.1 Sous-Chapitre
– La transformation du statut du lecteur collaborateur actif vers le statut « d’auteur collectif » (Augé, 2018) ;
– La contribution à différents niveaux : écriture, corrections, mise en page, édition (Pappy, Folcher, Sidir, Cerratto Pargman, 1997);
– Simondon montre qu’il s’agit d’un accès qui requiert du lecteur éclairé une capacité à lire et à comprendre, mais également à faire et à refaire (Simondon, 1989).
1.2 Sous-Chapitre
– Le lecteur ne participant pas est-il réellement passif ?
– Ceux qui lisent mais qui ne semblent jamais laisser une seule trace : fan dans les activités collaboratives ;
– Les traces laissées malgré soi lors de la lecture : laisser des traces à chaque « clic » (Galinon-Mélénec, Zlitni, 2013). Visiter une plateforme et lire un texte témoignent d’une attitude, d’une habitude de consommation de lecture (Galinon-Mélénec, Monseigne, 2011) ;
– La transformation de ces traces en données et les contextualiser : la récupération des traces et leur potentielle analyse ;
– Lire sur une plateforme collaborative en laissant des traces ouvre-t-il la voie vers une consommation ou une marchandisation des lecteurs ? Le lecteur est aussi créateur de données. Il participe à l’économie des récits, de la vie et de la popularité des sujets sur le web (Ex : Mercœur de Flammard est un roman qui s’écrit en temps réel sur les réseaux sociaux Twitter, Facebook Tumblr et Bobler).
1.3 Sous-Chapitre
– Dans les deux cas, il existe une interdépendance entre les membres qu’il soit auteur ou lecteur : devenir un membre à part entière et s’impliquer au sein d’une communauté ;
– Moins de distance entre les individus : rapprochement entre les membres d’une communauté, entre des gens avec des qualifications diverses.

2.0 CHAPITRE #2
Les multiples types d’organisation et les différents niveaux d’autorité.
2.1 Sous-Chapitre
– Plusieurs auteurs et le contexte d’hyper ouverture : les nouvelles conditions des droits d’auteur ;
– Les Creative Commons (CC) (Creative Commons, 2015), le Gauche d’auteur (Copyleft), des plateformes avec le système d’exploitation GNU ou la licence FSF ;
– Le livre sous forme numérique : l’émergence d’un nouvel esprit de solidarité avec les « autres secteurs culturels naturellement sensibles à la propriété littéraire et artistique : l’image, la musique, le cinéma et l’audiovisuel » (Sarzana, Pierrot, 2011 – page 189) ;
– L’accessibilité et la réutilisation des contenus par tous grâce au geste d’écriture et aux nouveaux gestes de lecture : dans la lignée encyclopédique du partage des savoirs et des compétences (Crépon, Stiegler, 2007).
2.2 Sous-Chapitre
– Organisation : Une impression de chaos, des frontières nébuleuses de l’architecture de l’organisation du travail de l’écriture collaborative (Renault, 2014) ;
– Choix des plateformes pour une simplicité d’usage du travail collaboratif : accessibilité pour tous (Ex: Woodbook);
– Autorité auctoriale (Ex: Flammand, auteur à l’initiative de Mercœur a supprimé l’espace « commentaires » sur les réseaux sociaux).

3.0 CHAPITRE #3
Des plateformes d’écriture collaborative différentes : fluctuation des approches à l’écriture et à l’édition.
3.1 Sous-Chapitre
– Intérêt des maisons d’édition à développer leurs propres plateformes d’écriture collaborative (Ex: Inédits est une petite maison d’édition et a créé une plateforme d’écriture collaborative) ;
– Stratégies commerciales : plusieurs diffusions possibles : format 100 % numérique (Ex: consultation des textes du site Woodbook uniquement à partir de leur plateforme) et/ou version imprimée (Bright Star de Swan est édité en version papier chez Mcmillan Publishers), en version gratuite (ex: Widebook) et/ou payante (Bright Star de Swan en vente pour 17,99 $ USD);
– Pérennité de l’écriture collaborative sur support uniquement web (Ex: le site de la plateforme Préambule est inaccessible aujourd’hui).
3.2 Sous-Chapitre
– Les impacts sur les formes de textes produits : des expériences d’écriture (Ex: A Million Penguins, 2007 et Assignment Zéro, 2007) et de lecture diversifiées selon les plateformes d’écriture collaborative ;
– Revalorisation et mise au goût du jour du genre de la nouvelle littéraire (Ex: plateforme Inédits) ;
– Plusieurs buts de l’écriture collaborative : de l’envie expérientielle à l’ambition de publier sous différentes formes un produit littéraire (Ex: A Million Penguins est un échec, Mercœur et Bright Star reçoivent de bonnes critiques)
3.3 Sous-Chapitre
– Une forme faite pour la lecture ? « Est-ce important si le résultat n’est pas parfait ? » (Gorsky, 2007). Le site de A Million Penguins a pour but d’être un wiki, mais le résultat ne ressemble pas à un site d’écriture collaboratif. Le site contient des articles s’apparentant plutôt à un blog d’avis autour de sujets superficiels ;
– Les nouveaux gestes de lecture, le plaisir de lire les autres et des nouvelles finalités de lecture ;
– Le plaisir d’écrire et de participer : un style d’écriture plus percutant dans les formes courtes ? (Ex: Mercœur de Flammand écrit sur Twitter par publication en cent quarante caractères, la plateforme Inédits publie uniquement des nouvelles littéraires et des textes courts) ;

4.0 CONCLUSION
L’écriture collaborative grâce à l’usage du numérique et à un environnement web tend à redéfinir le rôle du lecteur pouvant maintenant facilement s’impliquer dans le processus de production du texte.

– L’écriture collaborative en ligne est-elle ouverte en tout point ? Les risques d’une logique binaire et non transparente à tous les niveaux : relativiser l’opposition entre le texte virtuel ouverte et le texte papier fermé (Jeanneret, Souchier, 2005, Davallon, Jeanneret, 2004), des formes anciennes demeurent dans les formes numériques (hybridité) ;

– L’accessibilité et la réutilisation des contenus par tous grâce au geste d’écriture et aux nouveaux gestes de lecture : inscription de l’écriture collaborative dans la lignée de l’écriture encyclopédique (ex : Wikipédia). Réalisation du geste d’écriture, du rôle d’écrivain, qui était autrefois réservé à un corps de métier spécifique, à une certaine élite ;
– En marge, l’émergence de l’écriture collaborative à travers un écosystème numérique affecte de manière plus large et directe le livre et ses métiers ;
– Il faut alors considérer que l’accès ouvert permet autant la lecture que la possibilité de production, ce qui est d’ailleurs caractéristique du mouvement actuel des humanités numériques qui allie autant le savoir que le faire (Berra, 2012) ;

Ouverture : Protection du programme codé de la plateforme et non seulement du contenu textuel de l’œuvre ;
Ouverture : Influence dans un autre domaine du livre : les bibliothèques se questionnent sur la finalité de l’action publique et collaborative des usagers pour « co-construire les collections avec les usagers. » (Breton, 2014).

 

5.0 BIBLIOGRAPHIE ET WEBOGRAPHIE
Augé, C. (2018). Écriture collaborative numérique et appropriation d’une œuvre patrimoniale. Collection Le français aujourd’hui. France : Armand Colin.
Berra, A. (2012). « Faire des humanités numériques » . Dans P. Mounier Read/Write Book 2. (pp.25-43)
Breton, E. (2014). Co-construire les collections avec les usagers. Lyon : ENSSIB, Université de Lyon.
Bücheler, T., Füchslin, R.M., Pfeifer, R., Sieg, J.H. (2010). « Crowdsourcing, Open Innovation and Collective Intelligence in the Scientific Method-A Research Aenda and Operational Framework. » Aritificial Life XII – Twelfth International Conference on the Synthesis and Simulation of Living Systems. Zurich : Zurich Open Repository and Archive. pp. 679–686.

Creative Commons. (2015). About the licenses. Site web : Citeulike. Repéré à : http://www.citeulike.org/group/15400/article/13913645
Crépon, M., Stiegler, B. (2007). De la démocratie participative : fondements et limites. Paris : Collection Mille et une nuits, Éditions Fayard.
Davallon, J., Jeanneret, Y. (2004). « La fausse évidence du lien hypertexte » . Revue : Communication & Langages. (n˚140) (pp.43-54) Repéré à : https://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_2004_num_140_1_3266
Flammand, C. (2013). Mercœur. Tumblr. Repéré à : http://mercoeur.tumblr.com/
Galinon-Mélénec, B., Monseigne, A. (2011). « La sémiotique des « signes-traces » appliquée au recrutement : le cas de la recherche du « bon candidat » via les traces numériques. » Dans : Les applications de la sémiotique à la communication des organisations. (n˚39) (pp. 111-124) Repéré à : https://journals.openedition.org/communicationorganisation/3095
Galinon-Mélénec, B., Zlitini, S. (2013). L’Homme-trace, producteur de traces numériques. Paris : CNRS Éditions.
Genette, G. (1979). Introduction à l’architecte. Paris : Édition Seuil.
Howe, J. (2007). « A guide to Crowdsourcing ». Site : Beta Assignment Zero. Archivé sur : Internet Archive WaybackMachine. Repéré à : https://web.archive.org/web/20070502053801/http://zero.newassignment.net/quick_guide_crowdsourcing
Inédits. Plateforme d’écriture collaborative. Repéré à : https://inedits.fr/
Jeanneret, Y., Souchier, E. (1999). « Pour une poétique de l’écrit d’écran ». Revue Xoana. (n˚6) (pp.97-107)
Jeanneret, Y., Souchier, E. (2005). « L’énonciation éditoriale dans les écrit d’écran » . Revue Communication & Langages. (n˚145). (pp.3-15) Repéré à : https://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_2005_num_145_1_3351
Jenkins, H. (2003). « Transmedia Storytelling. Moving characters from books to films to video games can make them stronger and more compelling » . Technological Review. Repéré à : www.technologyreview.com/news/401760/transmedia-storytelling/
Papy, F., Folcher, V., Sidir, M., Cerratto Pargman, T. (2004). « E-learning et technologies pour la coopération : inadéquations artefactuelles et logiques des activités instrumentées. » Biarritz : Acte de conférence ERGO-IA. (17-19). pp. 39-45.
Penguins Publisher. (2007). A Million Penguins. Repéré à : https://www.amillionpenguins.com/
Préambule. Plateforme d’écriture collaborative. Repéré à : http://www.preambule.cc/
Renault, S. (2014). « Crowdsourcing : La nébuleuse des frontières de l’organisation et du travail » . RIMHE : revue interdisciplinaire management, Homme & entreprise. France : ARIMHE Éditions (n˚ 11). p. 114.
Sarzana, J., Pierrot, A. (2011). Impressions numériques, quels futurs pour le livre ? Paris : Les Éditions du Cerf. (pages 177-195)

Simondon, G. (1989). « L’individuation Psychique et Collective à la Lumière des Notions de Forme, Information, Potentiel et Métastabilité » . Revue Philpapers.

Swan, E. (2019). Bright Star. États-Unis : Macmillan Publishers.

Vitalli-Rosatti, M. (2014). « Qu’est-ce que l’éditorialisation ? » Site : Culture numérique, pour une philosophie du numérique. Repéré à : http://sens-public.org/article1184.html


Widebook. Plateforme d’écriture collaborative. Repéré à : http://www.widbook.com/

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