Le livre, objet commun lourdement chargé

La récente montée des livres numériques n’a pas manqué de réveiller des torrents de nostalgie et de romantisme à propos du livre. Objet commun, pourtant largement passé sous silence dans les dernières décennies (sinon pour des exceptions extrêmes comme La Pléiade et les livres de poche plus ou moins jetables), le livre connaît actuellement une popularité monstre dans les discussions sur la littérature, les liseuses électroniques et l’avenir de la culture. Des considérations bien étrangères les unes aux autres se mélangent, au grand bonheur des pourfendeurs de l’une ou l’autre position.

La figure du livre intéresse certains (comme dans sa présence dans les œuvres numériques), alors que d’autres se questionnent sur sa transformation numérique, les enjeux de l’espace du texte et de la couverture, les bouleversements éditoriaux, juridiques, bibliothéconomiques et institutionnels. Tout est encore à venir, en quelque sorte…

Je croise avec curiosité cette nouveauté de Garrett Stewart : Bookwork. Medium to Object to Concept to Art (University of Chicago Press). L’exploration semble stimulante… et replace la question dans un environnement plus large, ce qui peut apporter un peu de souffle à la discussion actuellement plutôt stérile…

Less an inquiry into the artist’s book than an exploration of the book form’s contemporary objecthood, Stewart’s interdisciplinary approach traces the lineage of these aggressive artifacts from the 1919 Unhappy Readymade of Marcel Duchamp down to the current crisis of paper-based media in the digital era. Bookwork surveys and illustrates a stunning variety of appropriated and fabricated books alike, ranging from hacksawed discards to the giant lead folios of Anselm Kiefer. The unreadable books Stewart engages with in this timely study are found, again and again, to generate graphic metaphors for the textual experience they preclude, becoming in this sense legible after all.

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