Colloque étudiant « Penser le récit contemporain »

Dans la foulée des travaux que je mène en collaboration avec Nicolas Xanthos (UQAC), des auxiliaires de recherche du projet sur « La théorie du récit à l’épreuve du romanesque contemporain » organisent un colloque étudiant en février 2012 à l’Université Laval. Intitulé « Penser le récit contemporain. Du déficit d’un modèle à l’exploration de nouvelles stratégies », il vise à rassembler des études d’œuvres narratives où l’action et l’intrigue n’ont pas le haut du pavé.

En notant l’évacuation de certaines notions cadre dans des œuvres qu’elle continue pourtant de considérer comme narratives, la critique suggère l’existence d’autres formes d’organisation du récit. Le développement linéaire, vectoriel et téléologique du « sujet » qui compose traditionnellement l’histoire est remplacé en l’occurrence par une dominante descriptive, émotive ou perceptive qui met en jeu, forcément, des stratégies narratives particulières, à l’aune desquelles se dessine un récit singulier. Si certains s’en tiennent au constat de la disparition – d’une intrigue resserrée, de personnages forts, d’un dénouement éclairant… –, le colloque invite à voir dans les bouleversements opérés sur les repères fondateurs de la théorie du récit les signes d’un déplacement des enjeux narratifs.

Aussi ne s’agira-t-il pas de comptabiliser les pertes par rapport au modèle conventionnel ; l’objectif est bien plutôt de rendre compte des possibilités narratives ouvertes par un récit qui s’élabore sur un autre motif que celui d’un personnage menant une action à son terme. Quelles composantes des œuvres interviennent dans ce renouvellement des usages du récit ? À partir d’études de cas tirés de la prose narrative contemporaine (depuis 1980), on cherchera à répondre à ces deux questions fondamentales : quel objet du texte configure le récit, et comment le configure-t-il ?

Les corpus étudiés peuvent appartenir à différentes littératures nationales ; le seul critère de la contemporanéité des œuvres est ici retenu. Comment raconte-t-on aujourd’hui en dehors de la simple représentation des actions d’un personnage autour duquel se construit une intrigue ? Nous souhaitons entendre les hypothèses que vous formulez pour répondre à cette interrogation fondamentale dans les écritures contemporaines.

Les propositions de communications sont attendues pour le 28 octobre 2011. Appel et coordonnées ici.

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