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	<title>L&#039;épée du soleil &#187; Littérature électronique</title>
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	<description>Littérature contemporaine &#124; Culture numérique &#124; Recherche et diffusion</description>
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		<title>Bookcamp Montréal, du coin de l&#8217;œil</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 00:41:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bizarre tout de même — je n&#8217;ai pas senti le devoir, ni le besoin, de faire un bilan du bookcamp auquel j&#8217;ai assisté à Montréal vendredi dernier. C&#8217;est Karl qui m&#8217;a remis en doute en relayant différents bilans sur twitter plus tôt aujourd&#8217;hui&#8230; et je m&#8217;y suis précipité pour les lire. D&#8217;autant plus étrange que l&#8217;exercice [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://carnets.contemporain.info/audet/files/2011/10/bcpetit_bigger.jpg" alt="" width="73" height="73" align="right" />Bizarre tout de même — je n&#8217;ai pas senti le devoir, ni le besoin, de faire un bilan du bookcamp auquel j&#8217;ai assisté à Montréal vendredi dernier. C&#8217;est <a href="http://twitter.com/karlpro" target="_blank">Karl</a> qui m&#8217;a remis en doute en relayant différents bilans sur twitter plus tôt aujourd&#8217;hui&#8230; et je m&#8217;y suis précipité pour les lire. D&#8217;autant plus étrange que l&#8217;exercice m&#8217;avait été important après la <a href="http://carnets.contemporain.info/fabrique2010/" target="_blank">Fabrique du numérique</a>, il y a 18 mois : importance de mon bilan et de celui des autres, aussi mitigés ou positifs étaient-ils.</p>
<p>Ma participation au bcmtl était spontanée et d&#8217;entrée de jeu intéressée : voir où on en est, prendre le pouls, rencontrer de nouveaux acteurs du milieu. Pourtant, j&#8217;ai constamment eu le sentiment d&#8217;être un témoin plutôt qu&#8217;un acteur. La formule le permettait (voire y incitait), certes. J&#8217;étais un des rares universitaires non bibliothécaires ou éditeurs à en être ; ça jouait également. Twitter donnait accès à un réel off-bookcamp : des commentaires, des coups de gueule, des ajouts par des personnes qui n&#8217;osaient intervenir, des discussions parallèles, l&#8217;ensemble était riche et complémentaire.</p>
<p>Pourquoi ne pas faire de bilan ? Parce que ça ne l&#8217;appelait pas. J&#8217;y allais pour discuter et entendre discuter, pour revoir de belles têtes intelligentes croisées à la Fabrique ou uniquement lues sur twitter. Il y a certainement des oh!, des ah! et des bof! à formuler (d&#8217;autres l&#8217;ont fait, je ne les recense pas). Il me reste l&#8217;énergie que plusieurs dégageaient, le sentiment que ça bouge.</p>
<p>Traîne aussi le sentiment d&#8217;une édition très orientée <em>institutions</em> et <em>politiques</em> — pas de <a href="https://plus.google.com/107252663012827113536/posts/MkAgQiQYwRE" target="_blank">Hadrien Gardeur</a> pour venir parler du epub et d&#8217;Onyx comme au bookcamp de Paris il y a peu, pas d&#8217;éclatement de l&#8217;idée du livre pour rafraîchir un peu les perspectives (sinon cette <a href="http://www.culturelibre.ca/2011/10/03/retour-sur-bookcamp-2011-bcmtl/" target="_blank">évocation</a>, pas heureuse selon moi, du <em>texte</em> comme perspective de rechange). On a trop peu posé la question de l&#8217;œuvre, comme le souhaite <a href="http://bibliomancienne.wordpress.com/2011/09/27/on-ne-lit-pas-des-textes-composition-no-1-par-saporta-et-visual-editions-ltd/" target="_blank">Marie Martel</a> que je rejoins sur ce point (et d&#8217;autres !). Libre à moi/nous de le proposer vendredi dernier ? Oui bien sûr, mais&#8230; ça n&#8217;allait pas vers là. (Et pas de reproches aux organisateurs, vraiment.) Rien de sensible non plus du côté de l&#8217;édition scientifique, sur les nouveaux modèles discursifs, sur l&#8217;<em>open access</em>&#8230; (de quoi faire, oui, une Fab&#8217; 2012-13-14&#8230;).</p>
<p>Je suis revenu satisfait mais encore affamé. Le champ est très large (il l&#8217;était, exponentiel, la veille au <a href="http://www.calq.gouv.qc.ca/alon/sommaire.htm" target="_blank">Forum @LON</a> du CALQ). Le moment est venu, me semble-t-il, d&#8217;emprunter des voies plus spécifiques — sans reconduire des silos, plutôt suivre des chemins de traverse, tirer des fils de trame, fabriquer du numérique avec des gens qui ne s&#8217;en rassasient pas et qui ne mangent pas tous le même menu. Repiquer cette complémentarité palpable vendredi dernier et la multiplier, mais dans un cadre plus singulier, plus appliqué.</p>
<p>Des idées ? Inventer un mode de référencement à l&#8217;intérieur des textes (réinvention du rôle tenu par la page, à partir du epub3 ?). Moduler l&#8217;idée d&#8217;œuvre pour l&#8217;inscrire dans les logiques bibliothéconomiques. Construire notre patrimoine littéraire québécois en version numérique. Donner des outils aux scientifiques pour écrire autrement, pour diffuser plus efficacement. Aider les éditeurs à réinvestir les œuvres sous droits mais qui ne sont plus exploitées en papier. Agréger de façon personnalisable et intuitive les contenus littéraires numériques et les discours qui les reçoivent. Repenser le prêt en bibliothèque depuis des plateformes de streaming. Élaborer des vitrines communes aux créateurs numériques.</p>
<p>Des chantiers nous attendent. Attaquons-nous à eux un à un&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><iframe class="addtoany_special_service twitter_tweet" src="http://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html?url=http%3A%2F%2Fcarnets.contemporain.info%2Faudet%2Farchives%2F1087&amp;counturl=http%3A%2F%2Fcarnets.contemporain.info%2Faudet%2Farchives%2F1087&amp;count=horizontal&amp;text=Bookcamp%20Montr%C3%A9al%2C%20du%20coin%20de%20l%26%238217%3B%C5%93il: " frameborder="0" scrolling="no" style="border:none;overflow:hidden;width:55px;height:20px"></iframe><a class="a2a_dd addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save">Partager/Marquer</a> </p>]]></content:encoded>
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		<title>Le long, le bref et le truchement numérique</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 18:04:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche et diffusion]]></category>

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		<description><![CDATA[Je laisse ici le texte et la présentation de ma communication dans le cadre du colloque sur les cultures numériques organisé par Milad Doueihi à Québec, du 14 au 16 septembre 2011. (Le texte n&#8217;est pas nettoyé de ses éléments contextuels et autres marques d&#8217;oralité.) Texte — Présentation **** Addenda du 19 septembre : difficile [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-medium wp-image-1081" src="http://carnets.contemporain.info/audet/files/2011/09/ebookitalsorquotes-300x151.png" alt="" width="300" height="151" /></p>
<p>Je laisse ici le texte et la présentation de ma communication dans le cadre du colloque sur les cultures numériques organisé par Milad Doueihi à Québec, du 14 au 16 septembre 2011. (Le texte n&#8217;est pas nettoyé de ses éléments contextuels et autres marques d&#8217;oralité.)</p>
<p><a href="http://carnets.contemporain.info/audet/files/2011/09/Audet-2011.pdf" target="_blank">Texte</a> — <a href="http://www.slideshare.net/reneaudet/le-long-le-bref-et-le-truchement-numrique" target="_blank">Présentation</a></p>
<p>****</p>
<p>Addenda du 19 septembre : difficile d&#8217;être plus en phase avec Hubert Guillaud : « <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2011/09/19/cest-la-nature-meme-des-livres-qui-est-en-train-de-changer/" target="_blank">C&#8217;est la nature même des livres qui est en train de changer</a> », reprenant les paroles de Jon Meacham, <em>editor</em> chez Random House.</p>
<p><iframe class="addtoany_special_service twitter_tweet" src="http://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html?url=http%3A%2F%2Fcarnets.contemporain.info%2Faudet%2Farchives%2F1079&amp;counturl=http%3A%2F%2Fcarnets.contemporain.info%2Faudet%2Farchives%2F1079&amp;count=horizontal&amp;text=Le%20long%2C%20le%20bref%20et%20le%20truchement%20num%C3%A9rique: " frameborder="0" scrolling="no" style="border:none;overflow:hidden;width:55px;height:20px"></iframe><a class="a2a_dd addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save">Partager/Marquer</a> </p>]]></content:encoded>
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		<title>Sur les blogs</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Dec 2010 13:53:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature contemporaine]]></category>
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		<description><![CDATA[Petite mention rapide : Bertrand et Simon se commettent sur la place du blog comme facteur d&#8217;émergence de la littérature numérique. Pas revanchard, pas en position de rupture, mais en lecture de la continuité et du déplacement à l&#8217;œuvre. Ça mérite une mention.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Petite mention rapide : <a href="http://cenestecritnullepart.nt2.uqam.ca/?p=1262" target="_blank">Bertrand</a> et <a href="http://soubresaut.wordpress.com/2010/12/17/les-blogues-litteraires/" target="_blank">Simon</a> se commettent sur la place du blog comme facteur d&#8217;émergence de la littérature numérique. Pas revanchard, pas en position de rupture, mais en lecture de la continuité et du déplacement à l&#8217;œuvre. Ça mérite une mention.</p>
<p><iframe class="addtoany_special_service twitter_tweet" src="http://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html?url=http%3A%2F%2Fcarnets.contemporain.info%2Faudet%2Farchives%2F999&amp;counturl=http%3A%2F%2Fcarnets.contemporain.info%2Faudet%2Farchives%2F999&amp;count=horizontal&amp;text=Sur%20les%20blogs: " frameborder="0" scrolling="no" style="border:none;overflow:hidden;width:55px;height:20px"></iframe><a class="a2a_dd addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save">Partager/Marquer</a> </p>]]></content:encoded>
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		<title>Les limites de la socialité de la lecture</title>
		<link>http://carnets.contemporain.info/audet/archives/969</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Nov 2010 16:20:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[communauté]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[socialité]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai depuis longtemps des réserves sur l&#8217;idée que la lecture (et sa sauvegarde, en quelque sorte) doit passer par sa dimension sociale. Réticence intuitive, pas nécessairement lourdement argumentée, mais persistante. Je ne nie pas qu&#8217;il y ait une grande importance dans le fait de parler de nos lectures, de faire des recommandations (positives ou négatives) [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="margin-left: 10px" src="http://carnets.contemporain.info/audet/files/2010/11/1518018585_b15904eef1_m.jpg" alt="" width="240" height="180" align="right" />J&#8217;ai depuis longtemps des réserves sur l&#8217;idée que la lecture (et sa sauvegarde, en quelque sorte) doit passer par sa dimension sociale. Réticence intuitive, pas nécessairement lourdement argumentée, mais persistante. Je ne nie pas qu&#8217;il y ait une grande importance dans le fait de parler de nos lectures, de faire des recommandations (positives ou négatives) ; c&#8217;est là la dimension fondamentalement culturelle (au sens de ce que l&#8217;homme acquiert et transmet) du geste de la lecture. Ce sont ses incarnations technologiques qui me laissent perplexe (et parfois complètement froid). Larges ressources de recommandation (sites de commentaires à n&#8217;en plus finir), modules d&#8217;annotation des textes, mise en lien des lecteurs&#8230; Il me semble y avoir dans cette idée de la lecture sociale une bonne part du mythe de la communauté ouverte et égale, sans frontière et surtout sans problème lié à cette ouverture. Comme si la quantité, à partir d&#8217;un certain stade, était le garant de la qualité.</p>
<p>Je suis indubitablement influencé par ma position : dans le monde académique, l&#8217;un des premiers apprentissages que l&#8217;on tente de favoriser, c&#8217;est l&#8217;ouverture sur la diversité des lectures possibles, mais avec le rappel nécessaire que toutes les lectures ne se valent pas. Le compte rendu dans un journal n&#8217;a pas la même portée interprétative qu&#8217;un article de vingt-cinq pages ; l&#8217;un n&#8217;est pas plus mauvais que l&#8217;autre, en autant que l&#8217;on tienne compte du fait que ces deux textes n&#8217;ont pas la même visée (susciter l&#8217;intérêt / approfondir une piste de lecture). Leur comparaison suppose une bonne mise en contexte afin d&#8217;apprécier leur valeur propre.</p>
<p>L&#8217;idée de lecture sociale tend à couvrir un large spectre : du commentaire général sur un livre, de façon très globale, à une annotation fine du texte dans ses marges. S&#8217;agit-il vraiment du même geste, avec une portée similaire ? Il me semble que l&#8217;on tend ainsi à confondre la visée associée à la réaction d&#8217;un lecteur. D&#8217;une part, un commentaire d&#8217;accompagnement, qui se construit comme un <em>discours sur</em>, autonome de son objet. C&#8217;est le registre des Goodreads et autres Babelio. (Christian Liboiron fait un petit <a href="http://christianliboiron.com/2010/11/10/sites-de-lecture-sociale-et-leurs-meilleures-pratiques-22/" target="_blank">inventaire</a> des sites sociaux autour du livre ; les caractéristiques attendues avaient été annoncées <a href="http://christianliboiron.com/2010/11/10/sites-de-lecture-sociale-et-leurs-meilleures-pratiques-12/" target="_blank">plus tôt</a>). Pas ma tasse de thé, mais je peux comprendre l&#8217;intérêt pour d&#8217;autres. D&#8217;autre part, l&#8217;adjonction, en marge d&#8217;un texte que l&#8217;on lit, des commentaires de tous les lecteurs du monde qui voudraient annoter telle phrase, telle image, telle idée. Il s&#8217;agit d&#8217;un <em>discours avec</em>, qui ne peut être lu en-dehors de son lieu de rattachement (habituellement), car le référent est pointu et circonstanciel. La lecture, inévitablement, sautille entre le texte et son paratexte.</p>
<p><a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/dossiers/salon-du-livre-de-montreal-2010/201011/10/01-4341264-etre-de-son-siecle-sans-perdre-sa-raison-detre.php" target="_blank">Nicolas Langelier</a> fait justement écho à l&#8217;envahissement de la lecture, que ce soit en raison de la dimension augmentée du livre (ajout de vidéos, de fonctionnalités&#8230;) ou de sa dimension connectée (lien aux réseaux sociaux). Cet écho se présente sous l&#8217;angle de la nécessité de la concentration, du silence, du recueillement, en quelque sorte. (Dommage que la défense de telle position ait toujours l&#8217;air un peu anti-technologique — dans son cas, quel contre-sens!) C&#8217;est pourtant un récent <a href="http://www.futureofthebook.org/blog/archives/2010/11/what_ive_learned_since_posting.html" target="_blank">article de Bob Stein</a> qui m&#8217;a d&#8217;abord ramené ce questionnement en tête. Il y évalue la portée d&#8217;un petit texte antérieur, où il tentait d&#8217;élaborer une « <a href="http://futureofthebook.org/social-reading/" target="_blank">taxonomy of social reading</a> ». Constat : même si sa proposition s&#8217;inscrivait dans CommentPress (qui permet l&#8217;annotation de chacun des paragraphes d&#8217;un texte de façon étonnamment aisée), peu se sont prévalu de cette occasion de s&#8217;exprimer. Son argumentaire m&#8217;a un peu dérangé :</p>
<blockquote><p>The resistance to public commenting isn&#8217;t surprising; it&#8217;s just not yet part of our culture. Intellectuals are understandably resistant to exposing half-baked thoughts and many of them earn their living by writing in one form or another, which makes the idea of public commenting a threat to their livelihood. [I've long proposed the inverse law of commenting on the open web -- the more you'd like to read someone's comments on a text, the less likely they are to participate in an open forum.]</p>
<p>Changing cultural norms and practices is a long haul.</p></blockquote>
<p>La cible est-elle la bonne ? S&#8217;agit-il d&#8217;un absolu qu&#8217;il faut atteindre ? Oui, évidemment, l&#8217;expression libre de tout un chacun est une visée démocratique, qui ouvre au dialogue, etc. Mais considérant le haut babillage médiatique qui nous entoure, la véritable question n&#8217;est-elle celle du balisage du dialogue ? Échanger, c&#8217;est parler, bien sûr, mais parler en fonction d&#8217;un interlocuteur. En fonction d&#8217;un contexte. En fonction de qui peut écouter et éventuellement intervenir. Difficiles paramètres dans une conversation ouverte sur le monde&#8230;</p>
<p>Même réflexion pour les annotations d&#8217;un livre. Quel gain y a-t-il à patauger dans une possible marée d&#8217;annotations, où le texte finit par se trouver submergé par les <em>ah</em> et les <em>oh</em> d&#8217;autant de badauds du livre ? C&#8217;est la pertinence, la lisibilité de ces <em>marginalia</em> qui sont en cause. Difficile de prévoir qui lira quoi, comment il le lira&#8230; Plus encore : les commentaires que je laisserai à l&#8217;intention de l&#8217;un de mes proches, dont je connais le métier, les intérêts, les lectures, ils seront infiniment différents d&#8217;un commentaire général à l&#8217;attention de je-ne-sais-qui qui pourra le lire en marge de son epub à l&#8217;autre bout de la terre.</p>
<p>Il y a des limites à la socialité totalement ouverte. Des communautés interprétatives balisent nos lectures (Stanley Fish à l&#8217;appui). Même dans des sites ouverts qui accueillent des commentaires de lecteurs, des affinités se développent entre membres, recréant de la sorte des communautés <em>ad hoc</em>. Certains chercheront des recommandations larges (comme on veut savoir si un film en vaut la peine avant de se déplacer). Mais plusieurs finiront par établir des liens de confiance avec certains commentateurs — leur attribuant, sur la base de la lecture de commentaires antérieurs, une relative crédibilité, en fonction de leurs critères propres (proximité des intérêts, évaluation de la pertinence des arguments avancés ou de l&#8217;objectivité apparente des commentaires).</p>
<p>Qu&#8217;en est-il du constat de Bob Stein ? Qu&#8217;il n&#8217;y a pas de communauté établie autour de if:book ? Possible. Mais c&#8217;est surtout qu&#8217;il paraît se méprendre sur le phénomène à l&#8217;œuvre dans le cas qu&#8217;il observe. Ce n&#8217;est pas une question de dilution de la matière grise des intellectuels qui est ici en cause, ni même de normes culturelles contradictoires avec cette ouverture sur le web (même si ça joue, oui, on ne peut le contester). L&#8217;absolu de l&#8217;ouverture, de la socialité neutre (sans préjugés, sans classes, sans contexte restrictif) rencontre ici son Waterloo. L&#8217;échelle est trop grande, les balises du dialogue sont faiblement déterminées, l&#8217;échange ne vise pas un spectre d&#8217;interlocuteurs suffisamment clair. (C&#8217;est sans compter l&#8217;hypothèse que l&#8217;énoncé peut être fortement consensuel, d&#8217;où l&#8217;absence de rétroaction&#8230;)</p>
<p>Qu&#8217;en est-il des annotations en marge des textes numériques ? Je ne veux pas les voir. À tout le moins, sur demande, je pourrai consulter celles d&#8217;un proche, d&#8217;un collègue — mais ce sera plutôt par curiosité que par intérêt. Tout comme on reluque les notes laissées à la main dans un livre emprunté dans une bibliothèque. C&#8217;est une fonctionnalité foncièrement pédagogique, qui nécessite ce contexte pour lui donner sa pertinence. Rien n&#8217;empêche la discussion autour d&#8217;un texte, de passages spécifiques ; il faut toutefois en établir les balises de pertinence. Je vois bien un site qui s&#8217;intéresserait à une question donnée (l&#8217;étude de la figure de l&#8217;écrivain dans le roman contemporain, par exemple). Mais le cheminement doit se faire dans l&#8217;autre sens : depuis le <em>discours sur</em> vers le <em>discours avec</em>&#8230; l&#8217;outil doit nous conduire du propos des lecteurs vers le texte et non l&#8217;inverse. Sinon ce ne sera toujours que babils et Babel.</p>
<p>(<em>photo : « </em><a href="http://www.flickr.com/photos/margolove/1518018585/" target="_blank"><em>Marginalia</em></a><em> », margolove, licence CC</em>)</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Veille de la culture numérique : des pour, des contre</title>
		<link>http://carnets.contemporain.info/audet/archives/920</link>
		<comments>http://carnets.contemporain.info/audet/archives/920#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 04 Oct 2010 15:18:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche et diffusion]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
		<category><![CDATA[carnet]]></category>
		<category><![CDATA[communauté]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;ambition d&#8217;étudier la culture numérique est à la fois démesurée et nécessaire. Tentaculaire, la culture numérique vient rejoindre des dimensions multiples des pratiques artistiques et culturelles d&#8217;aujourd&#8217;hui, qu&#8217;elles soient totalement ancrées dans le champ numérique ou seulement en marge. Comment dès lors contribuer à cette saisie ? Les regroupements scientifiques, les chercheurs de tous ordres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="margin-left: 10px" src="http://carnets.contemporain.info/audet/files/2010/10/48967206_c8298aca3f_m.jpg" alt="" width="240" height="180" align="right" />L&#8217;ambition d&#8217;étudier la culture numérique est à la fois démesurée et nécessaire. Tentaculaire, la culture numérique vient rejoindre des dimensions multiples des pratiques artistiques et culturelles d&#8217;aujourd&#8217;hui, qu&#8217;elles soient totalement ancrées dans le champ numérique ou seulement en marge.</p>
<p>Comment dès lors contribuer à cette saisie ? Les regroupements scientifiques, les chercheurs de tous ordres et les observateurs de la culture s&#8217;y plongent, avec une frilosité ou un inconfort très variables. Leur prise en charge de ces réalités sera rapide / documentée / cadrée / approfondie en fonction de leur posture, en fonction également des moyens et perspectives disponibles (quels cadres conceptuels nous aident à rendre compte de la culture numérique ? peut-on étudier les pratiques numériques sans s&#8217;engager massivement dans les bouleversements indus par le recours à la technologie ? etc.).</p>
<p>La porte d&#8217;entrée consiste néanmoins à faire état du champ lui-même : qui, quoi, comment (étudier la culture numérique) ? Il paraît important, pour soutenir le développement du champ d&#8217;étude, d&#8217;opérer une veille. À titre de déblayage, quelques pour et contre l&#8217;idée d&#8217;un <em><strong>carnet de veille de la culture numérique</strong></em> :</p>
<p><strong>Pour</strong> :</p>
<ul>
<li>identifier les intervenants actuels du champ, éventuellement les mettre en réseau ;</li>
<li>faire connaître des travaux récemment disponibles (articles, dossiers de revue, thèses, monographies, outils) ;</li>
<li>publiciser des événements (conférences, camps, colloques, rencontres) ;</li>
<li>démontrer la masse critique de travaux dans le champ et légitimer l&#8217;objet d&#8217;étude ;</li>
<li>favoriser une distance critique permettant une étude plus objective, moins ancrée dans les mouvements infléchis par les effets de mode technologiques (nouveaux appareils, nouvelles fonctions, popularité contextuelle de modes de transmission ou de modalités de mise en réseau) ;</li>
<li>&#8230;</li>
</ul>
<p><strong>Contre</strong> :</p>
<ul>
<li>se mettre en position passive par rapport au champ ;</li>
<li>perpétuer le décalage souvent reproché au monde académique en regard des pratiques actuelles ;</li>
<li>créer un ensemble indéterminé de manifestations, références, objets&#8230; qui ne donne pas une idée claire des lignes de force du champ ;</li>
<li>être trop en phase avec la seule actualité des travaux ;</li>
<li>avoir une perspective trop restreinte sur ce que désigne l&#8217;expression « culture numérique » ;</li>
<li>&#8230;</li>
</ul>
<p>Alors, ces objections sont-elles fondées ? (et susceptibles d&#8217;éteindre ce projet ?) Quelques réponses possibles :</p>
<p><strong>Contre-contre</strong> :</p>
<ul>
<li>passivité et décalage : un carnet de veille peut recenser passivement les traces de ce champ d&#8217;étude, mais il peut également contribuer à ce dernier par des articles de synthèse, par des regards critiques (forme d&#8217;éditoriaux, de coups de gueule, d&#8217;analyses), voire des contenus inédits publiés par cette voie ;</li>
<li>ensemble indéterminé : il paraît important de tenter, dès l&#8217;étape de la veille, de saisir comment se développent la culture numérique elle-même autant que le champ d&#8217;étude qui la chapeaute ; une diversité de collaborateurs peut d&#8217;emblée offrir des visions complémentaires, par un outil qui répercutera ces sous-ensembles, ces cristallisations possiblement nouvelles en regard des silos disciplinaires actuellement connus ;</li>
<li>actualité : les regards critiques, autant que les archives du carnet et les intuitions des collaborateurs, permettent de ne pas rester en seule perspective testimoniale ;</li>
<li>perspective restreinte : chaque individu a ses zones de confort et d&#8217;intérêt ; si l&#8217;on multiplie le nombre de ces individus, on en arrive à une vision plus complexe et nécessairement plus étoffée du champ.</li>
</ul>
<p>Œuvre collective, ouverte à une perspective critique, à de possibles contradictions internes, à une évolution de l&#8217;objet mis en veille : définition pragmatique de ce carnet. Reste à accoucher.</p>
<p>(<em>photo : « </em><a href="http://www.flickr.com/photos/kygp/48967206/" target="_blank"><em>Digital Basquort</em></a><em> », kygp, licence CC</em>)</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Étudier la culture numérique</title>
		<link>http://carnets.contemporain.info/audet/archives/728</link>
		<comments>http://carnets.contemporain.info/audet/archives/728#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 21 Sep 2010 10:23:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature contemporaine]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche et diffusion]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[littérature numérique]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>

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		<description><![CDATA[Après avoir poussé un soupir en fin d&#8217;année dernière, j&#8217;ai tout laissé décanter. Les derniers mois, du point de vue littérature+technologie, ont été le lieu d&#8217;un bouillonnement intense, ce qui m&#8217;a conduit à un éparpillement dans diverses pistes toutes plus intéressantes/stimulantes les unes que les autres. Difficile de ne pas être fasciné par l&#8217;émergence concrète [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir poussé un soupir en fin d&#8217;année dernière, j&#8217;ai tout laissé décanter. Les derniers mois, du point de vue littérature+technologie, ont été le lieu d&#8217;un bouillonnement intense, ce qui m&#8217;a conduit à un éparpillement dans diverses pistes toutes plus intéressantes/stimulantes les unes que les autres. Difficile de ne pas être fasciné par l&#8217;émergence concrète des livres électroniques, par la montée des <em>digital humanities</em>, par la diffusion numérique des œuvres littéraires, par les moyens qu&#8217;offre la technologie à l&#8217;exercice des études littéraires&#8230;</p>
<p>J&#8217;essaie, pour moi-même d&#8217;abord et avant tout, de faire un peu de ménage dans tout ça. Quelques observations et questions commencent à émerger :</p>
<ul>
<li>les champs d&#8217;intervention regroupés sous l&#8217;étiquette du « numérique » sont infiniment larges et multiples et ne peuvent être fondus en une seule approche ou problématique générale ;</li>
<li>les acteurs impliqués dans ces champs se parlent a priori très peu (les bulles sont assez incroyablement résistantes, surtout lorsqu&#8217;elles calquent les silos pré-numériques : libraires, éditeurs, directeurs de revues scientifiques, auteurs/créateurs, distributeurs, universitaires (de champs disciplinaires divers), programmeurs, graphistes&#8230;) ;</li>
<li>du point de vue du chercheur universitaire, il est difficile de se mailler aux réflexions de terrain : c&#8217;est sûrement le lieu d&#8217;une observation directe sur les mutations en cours (je pense notamment aux bookcamps), mais quel apport possible à cette mouvance souvent ancrée dans des impératifs commerciaux ou techniques ?</li>
<li>pour avoir récemment suivi d&#8217;un peu plus près les initiatives du champ des <em>digital humanities </em>(à titre d&#8217;exemple plus inscrit dans le temps : la rédaction et la diffusion du <a href="http://tcp.hypotheses.org/318" target="_blank">manifeste des DH</a> dans le sillage du <a href="http://tcp.hypotheses.org/" target="_blank">ThatCAMP Paris</a>, en mai dernier), je reste aujourd&#8217;hui avec une certaine insatisfaction (merci à Louis É. pour le dialogue qui m&#8217;a aidé à mettre le doigt sur ce qui m&#8217;irritait) : l&#8217;exercice des DH est présentement marqué par une fascination techniciste qui fait souvent perdre de vue les objets au profit de la méthode, qui permet aux techniques d&#8217;escamoter les faits culturels&#8230; mais loin de moi de vouloir jeter le bébé avec l&#8217;eau du bain, car l&#8217;avancement de ces méthodes est précieux! il faut dire que ce type de décentrement est courant lors de la mise en place de nouvelles approches, de nouvelles méthodologies — mais le renouvellement constant de la technologie me fait craindre le report constant d&#8217;une bascule inverse vers les objets, où les méthodes informatiquement assistées reprendront leur rôle d&#8217;appui à la recherche.</li>
</ul>
<p>&#8230;</p>
<ol></ol>
<p>Alors quoi maintenant ? Se réfugier dans les terres confortables ? Très peu pour moi. Plutôt essayer, se tromper, moduler, travailler à comprendre. Réflexe de chercheur, évidemment (comme celui de faire des tableaux, cf. plus bas), mais qui est conséquent de la distance que j&#8217;ai par rapport aux objets.</p>
<p>Donc se lancer : comment organiser toutes ces alvéoles de la question numérique concernant la culture ? je n&#8217;ai pas la prétention de tout saisir. À tout le moins commencer par ce qui m&#8217;est davantage connu. Première tentative (cliquer sur l&#8217;image) :</p>

<a href='http://carnets.contemporain.info/audet/archives/728/culture-num' title='culture-num'><img width="150" height="150" src="http://carnets.contemporain.info/audet/files/2010/09/culture-num-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="culture-num" title="culture-num" /></a>

<p>Premier effort : tenter de distinguer où s&#8217;insère le numérique&#8230; dans les outils pour parler de la culture ou dans les manifestations culturelles elles-mêmes. En émerge un postulat fondateur (le mien, à tout le moins) : la culture numérique, c&#8217;est autant la culture étudiée par le numérique (l&#8217;étude numérique de la culture) que l&#8217;étude de la culture en contexte numérique (la culture empreinte par le numérique).</p>
<p>Deuxième effort : distinguer ce qui retient l&#8217;attention. D&#8217;où cet appel aux catégories canoniques de la création, de l&#8217;œuvre et de sa réception (qui sont peu conséquentes, je le concède, du brouillage actuel entre écriture et lecture, dans un processus qui n&#8217;est plus aussi rectiligne, cela va de soi &lt;tentative d&#8217;éviter les rebuffades&gt;). Découpage imparfait, mais qui permet de mettre en lumière que certains champs ont une amplitude très grande, d&#8217;autres qui ont un focus très restreint.</p>
<p>Commentaires liés :</p>
<ul>
<li>Évidemment, la séparation en six sous-domaines est contingente&#8230; C&#8217;est ma vision, pas nécessairement légitime (à titre d&#8217;exemple : mon intérêt pour la diffusion des contenus de la recherche me fait joindre la case du milieu, colonne de droite, qui n&#8217;a pas de lien très justifiable avec le portrait du volet littérature que je prétends dresser).</li>
<li>Découpage : il est imparfait parce que les sous-domaines se chevauchent inévitablement&#8230; Faire une catégorie avec les liseuses, c&#8217;est restreindre à une dimension technique qui est intimement liée à l&#8217;examen des modalités de sociabilité qui entourent la lecture en contexte numérique, qui est aussi liée à l&#8217;édition numérique (entendue ici comme la distribution numérique d&#8217;œuvres qui ne sont pas marquées par des fonctionnalités hypermédiatiques), etc.</li>
<li>Comme je parle avec la lunette du chercheur, le regard distant (l&#8217;étude sur&#8230;) est nécessaire dans tous les cas de figure. Et corollairement, cette flèche pourrait être en bleu dans les six schémas : la diffusion des études est toujours possible numériquement. J&#8217;ai simplement voulu montrer en quoi le processus d&#8217;étude était d&#8217;emblée numériquement déterminé.</li>
</ul>
<p>&#8230;</p>
<ol></ol>
<p>À quoi cela me servira-t-il ? À me rappeler que ces vases sont communicants, d&#8217;une façon ou d&#8217;une autre, mais que les déterminants internes sont forts et contraignants. À jeter un regard englobant sur l&#8217;ensemble du champ, aussi éclaté soit-il. À affirmer l&#8217;existence d&#8217;une culture numérique, qu&#8217;il faut repérer, saisir et étudier. Individuellement et collectivement (<em>volontaires, manifestez-vous !</em>).</p>
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		<item>
		<title>Pour une véritable bibliothèque numérique personnelle</title>
		<link>http://carnets.contemporain.info/audet/archives/722</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Jun 2010 07:03:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche et diffusion]]></category>
		<category><![CDATA[bibliothèque]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[numérique]]></category>

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		<description><![CDATA[« À travers la porte vitrée de la salle d&#8217;attente&#8230; » Les nuages fragmentés en différents lieux J&#8217;aime bien les nuages. Ils sont souvent jolis, parfois pratiques. Mais je reste fondamentalement attaché à l&#8217;inscription de mes documents sur un disque dur local, que ce soit par sécurité, par souhait de les manipuler quand/où/comment je veux. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://carnets.contemporain.info/audet/files/2010/06/porte.jpg" alt="porte" width="225" height="300" align="right" /><em>« À travers la porte vitrée de la salle d&#8217;attente&#8230; »</em></p>
<p><strong>Les nuages fragmentés en différents lieux</strong></p>
<p>J&#8217;aime bien les nuages. Ils sont souvent jolis, parfois pratiques. Mais je reste fondamentalement attaché à l&#8217;inscription de mes documents sur un disque dur local, que ce soit par sécurité, par souhait de les manipuler quand/où/comment je veux. Parfait pour la synchronisation, pour les copies de sauvegarde, pour des accès distants occasionnels.</p>
<p>Mais voilà, pour moi, les plateformes mobiles ne sont pas des accès distants occasionnels. Ils font partie de mon quotidien, et la frontière entre les appareils est un irritant. On compose bien maintenant avec le courriel, l&#8217;agenda, les contacts. Qu&#8217;en sera-t-il pour nos livres numériques ?</p>
<p>D&#8217;abord, il y a multiplication des applications : Kobo, Kindle, Ibooks, Stanza, eReader, La Hutte, Wattpad, pour ne nommer que celles que j&#8217;ai essayées. Chacune d&#8217;entre elles stocke à l&#8217;interne les fichiers qu&#8217;elle permet de télécharger, et chacune ne peut afficher que ses propres fichiers&#8230; C&#8217;est sans compter les documents transférés manuellement, stockés dans des applis de transfert comme l&#8217;excellent GoodReader (mais interlogiciellement trop limité, malheureusement). Ensuite : comment savoir où se trouve ma copie numérique de <em>Madame Bovary</em> ? Par déduction, je peux éliminer quelques applis (toutes ne donnent pas accès à des œuvres en français), ce qui limite le nombre d&#8217;applications à ouvrir pour vérifier — sympathique démarche, s&#8217;il en est une. Et totalement ridicule.</p>
<p>Jusqu&#8217;à maintenant, la gestion de mes documents numériques était relativement simple. En local, utilisation de Zotero pour référencer une bibliothèque sur mon poste de travail : articles scientifiques obtenus par des banques de données, oeuvres de publie.net que je veux pouvoir consulter hors ligne, documents téléchargés, textes de mes communications, tables des matières numérisés d&#8217;ouvrages papier&#8230; En ligne, c&#8217;est Diigo qui me sert à retenir des pages, des articles en ligne et plusieurs highlights. Mais la frontière tend à s&#8217;estomper (je télécharge le <em>Remix</em> de Lessig et le référence dans Zotero ou je le pointe en ligne avec Diigo ?). Et c&#8217;est sans compter l&#8217;intrusion du iPad, qui fragilise le statut jusque là stable de la bibliothèque locale&#8230; Quelle solution pour gérer cette écologie documentaire complexe ?</p>
<p><strong>Une bibliothèque personnelle rassembleuse</strong></p>
<p>Une porte d&#8217;entrée unique : voilà ce qui (me) manque. Une porte vitrée, qui me donne simplement à voir. Naïvement, ça me semble possible :</p>
<p>- une application qui pompe les métadonnées des fichiers que je lui pointe (ou des fichiers contenus dans des dossiers) : nul besoin d&#8217;un système de tracking des fichiers, simplement une mise à jour à intervalles réguliers qui donne l&#8217;état des lieux de mes fichiers ;</p>
<p>- une application qui soit limitée à un support, ce serait déjà bien, mais qui puisse me tenir informé de mes fichiers sur mon poste, sur mes appareils mobiles, sur mes stockages distants ;</p>
<p>- l&#8217;application moissonnerait les métadonnées souvent incluses dans les fichiers achetés et permettrait d&#8217;en ajouter une couche — pour la description des fichiers non renseignés, pour l&#8217;augmentation de la description de façon personnelle (tags, formes de classement).</p>
<p>Forme éclatée ? Pourtant, c&#8217;est déjà l&#8217;allure actuelle des catalogues de bibliothèques, qui pointent autant des références physiquement rassemblées en un lieu que des ressources en ligne, hors les murs de la bibliothèque&#8230; Et ce serait diablement au service des usages, plutôt qu&#8217;un gadget jetant de la poudre aux yeux. Un maillon qui ferait de nos quincailleries informatiques des outils pleinement organisables en fonction de nos besoins, et non des béquilles qui nous aident certes à marcher, mais qui nous font claudiquer.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Séditions : les points aveugles du territoire éditorial</title>
		<link>http://carnets.contemporain.info/audet/archives/707</link>
		<comments>http://carnets.contemporain.info/audet/archives/707#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 07 May 2010 09:14:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature contemporaine]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature électronique]]></category>
		<category><![CDATA[édition]]></category>
		<category><![CDATA[institution]]></category>
		<category><![CDATA[marge]]></category>

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		<description><![CDATA[En périphérie du colloque « Édition et sédition aujourd&#8217;hui », nous organisons, Patrick Tillard et moi, une table ronde sur les enjeux de la marginalité éditoriale, de ses points aveugles et de ses zones franches. Bienvenue à tous ! Table ronde « Séditions. Les points aveugles du territoire éditorial » Avec : François Bon, écrivain / éditeur, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><img class="aligncenter size-large wp-image-711" style="margin-bottom: 20px" src="http://contemporain.info/carnets/wordpress/wp-content/uploads/2010/05/sédition1-749x1024.png" alt="sédition" width="524" height="717" /></p>
<p style="text-align: left">En périphérie du colloque « <a href="http://contemporain.info/audet/archives/700" target="_blank">Édition et sédition aujourd&#8217;hui</a> », nous organisons, Patrick Tillard et moi, une table ronde sur les enjeux de la marginalité éditoriale, de ses points aveugles et de ses zones franches. Bienvenue à tous !</p>
<p style="margin: 20.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 14.0px Georgia">
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 14.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px"><strong>Table ronde « Séditions. Les points aveugles du territoire éditorial »</strong></span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px"> </span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">Avec :</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">François Bon, écrivain / éditeur, publie.net</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">Jean-François Chételat, Robert ne veut pas lire</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">Richard Gingras, librairie Chercheur de trésors et revue Steak haché</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">Normand Landry, doctorant à McGill sur les SLAPP</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">Nicolas Langelier, P45</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">Jasmin Miville-Allard, Conspiration dépressionniste</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">Bernard Sanschagrin, librairie L&#8217;insoumise</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px"> </span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">Table ronde animée par René Audet et Patrick Tillard.</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px"> </span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 2.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">L&#8217;événement se tient dans les locaux du Laboratoire NT2, à 17h30.</span></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px;font: 13.0px Georgia"><span style="letter-spacing: 0.0px">(405, boul. de Maisonneuve Est, local B-2300 ; métro Berri-UQAM)</span></p>
<p><iframe class="addtoany_special_service twitter_tweet" src="http://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html?url=http%3A%2F%2Fcarnets.contemporain.info%2Faudet%2Farchives%2F707&amp;counturl=http%3A%2F%2Fcarnets.contemporain.info%2Faudet%2Farchives%2F707&amp;count=horizontal&amp;text=S%C3%A9ditions%20%3A%20les%20points%20aveugles%20du%20territoire%20%C3%A9ditorial: " frameborder="0" scrolling="no" style="border:none;overflow:hidden;width:55px;height:20px"></iframe><a class="a2a_dd addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save">Partager/Marquer</a> </p>]]></content:encoded>
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		<title>Lire autrement, raconter autrement</title>
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		<pubDate>Wed, 05 May 2010 09:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature électronique]]></category>
		<category><![CDATA[littérature électronique]]></category>
		<category><![CDATA[sémiologie]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>

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		<description><![CDATA[(Frustration ce matin : quelques lignes intéressantes d&#8217;un article sur le site de Dreaming Methods — mais obligation d&#8217;hachurer les lignes pour les relancer dans la twittosphère, en plus l&#8217;un des envois refuse d&#8217;être publié&#8230; Le blog a ses avantages.) Dreaming Methods, lieu de création assez stimulant pour la fiction numérique-interactive, a donné naissance à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://carnets.contemporain.info/audet/files/2010/05/Capture-d’écran-2010-05-05-à-08.56.03.png" alt="" width="202" height="211" align="right" />(Frustration ce matin : quelques lignes intéressantes d&#8217;un article sur le site de Dreaming Methods — mais obligation d&#8217;hachurer les lignes pour les relancer dans la twittosphère, en plus l&#8217;un des envois refuse d&#8217;être publié&#8230; Le blog a ses avantages.)</p>
<p><a href="http://www.dreamingmethods.com" target="_blank">Dreaming Methods</a>, lieu de création assez stimulant pour la fiction numérique-interactive, a donné naissance à des œuvres fascinantes — <em><a href="http://www.labo-nt2.uqam.ca/repertoire/inside_a_journal_of_dreams" target="_blank">Inside. A Journal of Dreams</a></em> en reste probablement l&#8217;exemple le plus clair, notamment avec cette nostalgie du livre qui se trouve incarnée puis dépassée.</p>
<p>Outre le fait que DM rend disponible le code pour l&#8217;une de ses mises en scène du texte dans l&#8217;espace  (<a href="http://myclone.wordpress.com/2010/03/12/dreaming-methods-releases-source-code/" target="_blank">écho ici</a>), l&#8217;équipe met en ligne un « <a href="http://www.dreamingmethods.com/?idno=219" target="_blank">What about books ?</a> » qui sert d&#8217;énoncé d&#8217;orientation. Ayant comme chapeau la phrase « Digital fiction is a different type of reading experience altogether. », ce texte prend position sur l&#8217;expérience à créer en fiction numérique.</p>
<blockquote><p>Dreaming Methods is interested not only in trying out new ways of writing fiction, but presenting new and challenging ways to approach <span style="font-style: italic">reading</span> it.</p></blockquote>
<p>Prônant un mélange du texte et de l&#8217;image, du texte et de l&#8217;animation, Dreaming Methods soutient une conception de l&#8217;œuvre qui assume son caractère intersémiotique — le sens étant supporté par différents médias / techniques / arts. Si les réflexions récentes ont plutôt eu tendance à ramener le livre dans son carcan textuel (hormis <a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1850" target="_blank">certaines exceptions</a>), ce choix esthétique et artistique trouve ici à s&#8217;incarner de façon réussie et forte. Et la volonté de poursuivre dans cette voie s&#8217;exprime dans l&#8217;explicit du texte, qui enfonce le clou d&#8217;une façon non équivoque :</p>
<blockquote><p>Textual narratives are approached by Dreaming Methods as a key part of the multimedia mix rather than as the absolute central backbone purposely open-ended, ambiguous, short, fragmentary and are often additionally considered to be a powerful visual element: blurred, obscured, transient, animated, mouse-responsive.</p>
<p>Reading from the screen is not the same as reading from the page, and being able to fully read-to-the-end and/or completely understand (or even properly see in some cases) the streams of text within Dreaming Methods projects is not considered a requirement for a piece to &laquo;&nbsp;work&nbsp;&raquo;.</p></blockquote>
<p><iframe class="addtoany_special_service twitter_tweet" src="http://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html?url=http%3A%2F%2Fcarnets.contemporain.info%2Faudet%2Farchives%2F696&amp;counturl=http%3A%2F%2Fcarnets.contemporain.info%2Faudet%2Farchives%2F696&amp;count=horizontal&amp;text=Lire%20autrement%2C%20raconter%20autrement: " frameborder="0" scrolling="no" style="border:none;overflow:hidden;width:55px;height:20px"></iframe><a class="a2a_dd addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save">Partager/Marquer</a> </p>]]></content:encoded>
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		<title>La fabrique du numérique : un bilan</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 17:42:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>René Audet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche et diffusion]]></category>
		<category><![CDATA[bilan]]></category>
		<category><![CDATA[fabrique]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[numérique]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Un bilan, parce qu&#8217;il pourrait y en avoir d&#8217;autres — de moi, sous d&#8217;autres angles, mais surtout des bilans d&#8217;autres personnes. Ils commencent d&#8217;ailleurs à poindre, on les relaiera sur le site de la Fabrique. Grosse journée, sans nul doute. Le sprint des jours précédents a été intense (en préparatifs, en fin de planification, en jeux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-677" src="http://carnets.contemporain.info/audet/files/2010/02/cercle.jpg" alt="cercle" width="450" height="600" /></p>
<p>Un bilan, parce qu&#8217;il pourrait y en avoir d&#8217;autres — de moi, sous d&#8217;autres angles, mais surtout des bilans d&#8217;autres personnes. Ils commencent d&#8217;ailleurs à poindre, on les relaiera sur le site de la Fabrique.</p>
<p>Grosse journée, sans nul doute. Le sprint des jours précédents a été intense (en préparatifs, en fin de planification, en jeux de chaise musicale pour les participants). Près de 120 personnes ont manifesté leur intérêt pour l&#8217;événement, plusieurs ont dû se désister, mais malgré le temps pitoyable, avec toute l&#8217;équipe, nous étions 70. Belle masse critique pour assurer la diversité des propos, la rotation des participants aux ateliers, les rencontres imprévisibles et le recoupement des compétences.</p>
<p>Je n&#8217;ai pas envie d&#8217;un compte rendu ni d&#8217;une lecture structurée. Pour les propositions, le site les a partiellement relayées et d&#8217;autres traces suivront. Pour l&#8217;atmosphère, la <a href="http://www.youtube.com/watch?v=_POuU_vGlzA" target="_blank">vidéo de François</a> et le <a href="http://www.youtube.com/watch?v=U_v62Owdut4" target="_blank">montage photo de Clément</a> témoignent bien du bouillonnement en place. Plutôt des observations, des constats&#8230;</p>
<p>L&#8217;événement était un pari, peut-être plus spécifiquement le mien, que j&#8217;avais un peu imposé à Éric et Clément. Pari basé sur une intuition, celle que la transformation des habitudes de « consommation » des produits numériques tend à rapprocher les besoins et contraintes des éditeurs généralistes/littéraires et ceux des éditeurs scientifiques. L&#8217;événement ne visait pas à en faire la démonstration, mais de faire l&#8217;épreuve des terrains à mettre en commun. Je n&#8217;ai pas été présent dans tous les ateliers, mais je suis porté à croire que la rencontre s&#8217;est passée généralement à un niveau où cette différence ne faisait pas obstacle. Pari gagné de ce point de vue.</p>
<p>Toutefois, ce sont les a priori, les environnements et les discours qui ont été l&#8217;occasion de provoquer les rencontres. Quelques étincelles, quelques déceptions, sûrement. Des variations immenses de distance par rapport aux objets concernés. Ici une perspective large, détachée de la valeur immédiate de chaque texte, de chaque œuvre, parce que la gestion d&#8217;ensemble exige de ne pas céder à la tentation de porter chaque cas comme une raison en soi suffisante de faire le métier. Là une perspective appliquée, rapprochée des cas (qui sont le quotidien et le pain des personnes impliquées), une perspective consciente des enjeux immenses à propos de l&#8217;existence sous telle forme de la pratique qui les habite depuis longtemps. Des formulations voulues larges (pour ne pas camper dans un clan ou dans l&#8217;autre) qui n&#8217;ont pas rejoint aussi efficacement les interlocuteurs. Peut-être des cas/exemples auraient-ils mieux porté, auraient-ils interpellé plus directement les gens.</p>
<p>La différence des milieux s&#8217;exprimait par l&#8217;opposition nette entre gestion et économie (même si les termes ne satisferont personne). Deux approches distinctes et difficiles à concilier, si l&#8217;on souhaite se laisser bercer par l&#8217;illusion, oui, qu&#8217;elles sont superposables. C&#8217;est comme croire que le bottin téléphonique recoupe parfaitement le geste d&#8217;appeler quelqu&#8217;un : bien sûr que non, puisqu&#8217;il y a question d&#8217;échelle, question d&#8217;implication, question de motivation. L&#8217;un n&#8217;est pas plus mal, n&#8217;est pas plus légitime que l&#8217;autre. Mais les deux sont nécessaires, dans des rapports au livre qui ne surviennent pas à la même étape, dans les mêmes lieux, selon les mêmes visées.</p>
<p>L&#8217;élément le plus bousculant, jusqu&#8217;à un certain point, était sûrement le retour de l&#8217;Université (majuscule à dessein) dans le monde réel&#8230; Autre pari de ma part. Ras-le-bol des images des tours d&#8217;ivoire, des pelleteux de nuage, des sabbatiqueux à siroter un rosé en Provence. Les points de contact sont patents, les intérêts sont partagés, les étudiants qui y sont formés sont les futurs auteurs et chercheurs qui publieront des ouvrages, ils sont les futurs employés des éditeurs et sûrement la relève éditoriale. Et l&#8217;Université n&#8217;est pas Une : les profils sont multiples (profs, gestionnaires, bibliothécaires, coordonnateurs scientifiques, étudiants&#8230;), les missions sont variées (je ne fais pas la liste pour chacun des profils de la parenthèse précédente, on imagine bien). C&#8217;est comme dire que toute personne qui écrit un mot est un écrivain. Ras-le-bol aussi de l&#8217;anti-intellectualisme, ras-le-bol de la césure (souvent incarnée géographiquement par les campus) entre l&#8217;université et la cité. On a fait quelques pas hier ; je compte bien continuer à marcher.</p>
<p>Dernière fracture : la définition de l&#8217;objet. Si on s&#8217;entend sur la réalité d&#8217;un texte/document/oeuvre numérique, la réalisation de cet objet couvre un empan immense. Numérisation rétrospective, version numérique d&#8217;un document qui a une existence papier, écriture numérique (écriture sur support technologique à visée de diffusion numérique), écriture hypermédiatique : le spectre est large, appelle des considérations spécifiques, couvre des zones critiques pour des raisons très différentes. S&#8217;il y a eu échec de la Fabrique, c&#8217;est de ne pas avoir géré cette pluralité, souvent responsable de mésententes ou d&#8217;incompréhension réciproque.</p>
<p>De l&#8217;ordre des étonnements, la désaffection totale pour la question des métadonnées. Silence radio, aucun intérêt : si on ne voit pas les œuvres que vous produisez sur une tablette de librairie ou de bibliothèque, puisqu&#8217;elles sont numériques, comment savez-vous qu&#8217;elles existent ? Comment la retrouverez-vous dans la mer numérique ? Il y a un travail de terrain à faire, pour sûr.</p>
<p>De l&#8217;ordre de la déception : le manque d&#8217;audace, le manque d&#8217;idéalisme, le manque de vision. C&#8217;était le lieu de se projeter en avant, de faire des scénarios fous, à faible coût. Les gens avaient certes besoin de se rassurer, de trouver des réponses à des problèmes concrets, de sentir qu&#8217;il y avait des partenaires potentiels ou des gens partageant leur quête de repères. Normal, justifié, bien sûr. Mais. Quand tout est à inventer, il faut savoir proposer, imposer notre vision. Sinon on le fera à notre place. Ce défi est encore à relever (il le sera toujours d&#8217;ailleurs), mais me paraît particulièrement important.</p>
<p>Enfin, plaisir de revoir les images : les premières photos en ligne, les vidéos de F et C, la pile de nappes pliées, là sur le coin de la table, qui attendent qu&#8217;on les déplie, qu&#8217;on les déploie, qu&#8217;on y trouve des traces des idées lancées naïvement / distributivement / collectivement / joyeusement&#8230; Sorte d&#8217;héritage pour le présent, pour le futur immédiat. Un patrimoine, déjà, à partager, à investir. Merci de votre générosité (et ce n&#8217;est pas un téléthon!).</p>
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