Culture numérique, des interrogations précieuses

La revue Hybrid de Paris-8 a lancé un appel à contributions pour son troisième numéro : « Cultures numériques : alternatives ». Il y a là l’espace d’une réflexion commune nécessaire, ouvrant sur tout le champ culturel, mais avec un intérêt particulier pour les pratiques artistiques.

J’aime bien la problématisation des cadres d’énonciation, des formatages silencieux des discours et de la pensée :

Sans aller jusqu’à adopter les craintes formulées par Martin Heidegger face à l’imposition d’un Gestell informatique, « la culture numérique » n’aurait-elle pas pour effet que de larges pans de la production de contenus se trouvent « formatés » par le numérique ? Les cadres d’énonciation imposés par les outils de création ont des effets d’autant plus efficaces que leur influence n’apparaît pas directement à la surface lisse de l’écran – ce sont de véritables boites noires ; les systèmes d’exploitation en vigueur, indispensables à la bonne marche de la machine, obligent usagers, créateurs et lecteurs à effectuer des choix entre différentes marques avant même de produire et d’accéder à des contenus ; les logiciels de création d’image impriment subrepticement une esthétique par défaut ; les moteurs de recherche déterminent, par leurs logiques de hiérarchisation, la conception et la réception des contenus…

C’est là un enjeu important de la saisie de ce qui fait la singularité – et l’importance – de l’idée même de culture numérique, entée sur des considérations techniques. À suivre.

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La culture numérique en classe, premiers repères

The Sustainibilitist PrinciplesVient de démarrer un cours en ligne sur les Approches de la culture numérique. Près de 150 étudiants, en majorité d’études littéraires (dont plusieurs avec profil création), les autres venant généralement des sciences humaines (enseignement du français au secondaire, communication, animation 3D, traduction, philosophie…). C’est ce qui reste après le ballottage de la première semaine, un petit 10% des inscrits s’étant retirés sans demander leur dû (ou sans même être venu voir).

Le premier commentaire attendu dans les forums (subdivisés en petites équipes de 5) était simple : deux mots de présentation et deux autres sur ce qu’est, pour eux, la culture numérique ; dire s’ils en sont, si ça se situe en-dehors d’eux. Les résultats sont assez paradoxaux.

  • La grande majorité reconnaissent leur usage fréquent, quotidien des technologies pour les communications (Facebook, bien qu’avec des réserves), pour les loisirs (Netflix, Tou.tv), pour des recherches d’information et de documentation. En revanche, ils sont aussi prompts à se dire plus ou moins habiles avec la technologie (même ceux qui ont un cursus un peu plus technologique disent ne pas être [ou se défendent d’être] geeks… ce serait donc assez mal vu).
  • Une petite moitié d’entre eux signalent que c’est leur premier cours en ligne, mais peu de questions angoissées et participation (assez naturelle ?) aux forums – et la capacité de prise de parole, d’interprétation des codes techniques des forums, de manipulation de l’interface (ajout d’une photo de soi, par exemple) est étonnamment grande.
  • Là où le paradoxe est absent (sauf si on ramène le fait qu’ils sont sur une plateforme de cours en ligne, qu’ils sont ouverts à un cours de culture numérique), c’est sur la perception nostalgique, voire romantico-mocheton, du livre. « Pas capable de lire sur un écran » (que faites-vous au quotidien ?), « je préfère m’enfouir dans un livre papier » et… oui, l’odeur du livre !

Sur ce dernier point, on peut voir à quel degré s’impose une cristallisation ancienne de l’idée (concrète ?) de littérature : elle n’existe vraiment que dans des livres, le reste n’étant qu’un succédané, un ersatz de littérature. On est tout à fait dans la logique de ce qui était désigné comme paralittérature un temps : les couvertures brillantes, illustrées et débossées des romans de science-fiction étaient un frein à leur possible appréciation comme littérature. Et maintenant, comme ces manifestations désincarnées n’arborent pas l’allure de la collection Blanche de Gallimard ou les formes rassurantes des collections poche des classiques littéraires, le texte ne peut d’emblée accéder au statut de littérature, non en raison de leurs qualités intrinsèques mais par défaut d’une forme convenue.

Il faut alors imposer le parcours inverse : briser la frayeur de la forme pour accéder au contenu et ramener l’œuvre ici vers l’institution (pour obtenir sa reconnaissance), là vers son support (pour attester que la littérature est fond et forme, représentation du monde et infini tissage de traits et de possibilités techniques).

(image : « The Sustainibilitist Principles (and where they came from) », Kristian Bjornard, licence cc)

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Illusion de contrôle

Être profondément exaspéré par les publicités sur FB et les « liens sponsorisés » sur  TW. Systématiquement « ne pas vouloir voir ça », « masquer toutes les publicités de X » (sur FB) et « bloquer » (sur TW). Se dire qu’en liquidant les évidences, on finira par trouver des pubs différentes, par gratter le fond du baril, par faire jaillir des absurdités. Tester les limites du système.

Avoir découvert la semaine dernière la gestion des Préférences publicitaires sur FB, avoir retiré patiemment les 200 entrées qui y figurent. Voir que s’y côtoyaient des entrées aussi étonnantes que « Bachelor of Business Administration », « Conseil communal », « Corps des Marines des États-Unis » et « National Association of Women Business Owners ». Dans Famille et relations, y trouver autant « célibat », « enfant », « famille » et « wife » (on cherche à ne pas échapper qui que ce soit…). Dans Fitness et bien-être : « Développement personnel », « Entraîneur », « Folie », « Choc (médecine) » et « Toxine botulique ». Dans Passe-temps, « Chats » et « Chiens » (ça passe toujours), mais « Laser » (…), « Once (félin) » (?), « Peinture sur le motif » (??) et « Pied (cheval) » (???). Dans Sports et activités d’extérieur, « Stump (cricket) » et… « Psoriasis ». Quelle idée on se fait de moi… (et quel foutoir, ces catégories thématiques).

Trouver aussi qu’on peut se désinscrire d’une série de publicités en bloc. On peut toujours rêver.

Finalement revenir un peu tard du dentiste avec les enfants, hier soir, et trouver une pub de Listerine à l’ouverture de FB.

 

(image : « Who are you looking at ? », nolifebeforecoffee, licence cc)

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Un sentier aux voix parallèles qui se chevaucheront… un jour…

railsConsignation rapide d’une observation qui me taraude depuis longtemps : les livres numériques, c’est tout et n’importe quoi. Aussitôt que le papier s’évanouit, ce qualificatif de « numérique » apparaît et la magie opère (ou plutôt elle n’opère pas, mais c’est là un autre débat). On scande couramment que le livre numérique est ci, que le numérique fait ça du livre… mais de quoi parle-t-on ?

En commentaire à une tentative de Clément Laberge de voir sur le long terme l’enjeu du livre numérique à la suite d’une sortie un peu maladroite de Nathalie Petrowski, Benoît Melançon rappelle minimalement que le livre, ce ne sont pas les livres :

Il y a «des livres (numériques)», dans des écosystèmes souvent très différents les uns des autres, du livre pour enfants au livre scientifique. On confond trop souvent «le livre» avec le roman, voire avec les best-sellers.

C’est là un rappel utile, voire nécessaire. Ce n’est toutefois pas la seule distinction qu’il faille ramener sur la table pour avoir un portrait juste des productions livresques/littéraires en contexte numérique. Si on ne se concentre que sur le champ de la littérature, il y a traditionnellement deux domaines pourtant fort éloignés l’un de l’autre qui s’imposent – et avec le premier qui bouffe actuellement toute l’attention médiatique du second.

  • D’abord, les livres numériques de l’ordre du « print-to-pdf » (ou du « print-to-epub », dans le meilleur des cas), ceci dit sans dépréciation aucune du travail gigantesque fait par les vrais artisans du epub, en constante négociation avec les hoquets du format d’une plate-forme à l’autre (allez voir le travail et les soupirs de Chapal et Panoz, par exemple). Ce sont, pour reprendre l’expression française maintenant un peu abandonnée, des manifestations de la littérature homothétique : simple translation du contenu, sans mise en forme ajoutée, depuis la version pré-impression papier vers une version uniquement numérique. C’est ce qui absorbe la quasi-totalité du discours sur le(s) livre(s) numérique(s).
  • La littérature « électronique » (le terme fait vieux, autant que audio-visuel, multimédia et cyberespace…) qui relève plutôt du champ de l’expérimentation littéraire et informatique. C’était dans un premier temps des essais en littérature générative, des œuvres mobilisant des éléments d’animation ou d’interactivité, des tentatives de bousculement de l’ordre du texte (hyperfictions, œuvres arborescentes, fragments hyperliés). Le champ s’est passablement diversifié et enrichi depuis les années 70-80-90, profitant des possibilités du web et, plus récemment, de l’encapsulation facilitée de scripts et programmes dans des applications (surtout sur des formats mobiles, sur iOS et Android).

Cela me fait un peu rigoler de voir les débats éternels sur l’odeur du papier et la durée des piles de nos bidules électroniques. Mais un peu moins de voir qu’on investit lourdement dans la gestion des livres dits numériques, alors que ce sont clairement les plus simples à prendre en charge (relativement parlant, bien sûr). Je voyais tout à l’heure la série de clichés de workflows proposés par les bibliothèques nationales dans le cadre de l’IFLA pour pérenniser les livres numériques (1re catégorie™), relayés par Antoine Fauchié (ici, et ). Démarche méritoire, mais c’est clairement le cas le plus primitif à gérer… Les problèmes techniques posés par les œuvres expérimentales sont à des années-lumières en complexité, et tout porte à croire que toute cette production s’efface et continuera de s’effacer jour après jour, de version en version de systèmes d’opération, de Flash et de WebKit. C’est un enjeu lourd, déterminant pour une compréhension rétrospective de ce qui aura pu permettre l’émergence de la littérature numérique.

Et justement, comment en parler, de cette littérature numérique ? Les deux voies identifiées sont-elles concurrentes ? L’une meilleure que l’autre ? Je ne le crois évidemment pas. La première se concentre sur un affichage extrêmement bien maîtrisé d’un contenu en fonction d’une variété de plate-formes et de supports – objectif : flexibilité. La seconde est généralement fondée sur une visée performative tonitruante : comment élaborer une expérience de lecture qui bouleverse la lecture habituelle sur papier, en profitant des possibilités (graphiques, sonores, interactives) offertes par le support informatique ? Des scripts, des programmes engagent le texte dans un mouvement où les points d’entrée (souris, clavier, périphériques) peuvent être mobilisés, où le texte devenu code devient plus activement manipulable. Objectif : dynamisme.

À lire ces deux descriptions, on ne croirait pas pouvoir désigner ces deux pratiques par le même vocable… mais c’est pourtant la réalité. Les deux voies identifiées sont les héritières de leurs parcours singuliers : les antécédents, les déterminants sont différents. Pourtant, tout porte à croire que ces voies parallèles finiront par converger. Les sites-œuvres, fondés sur un usage fin de la typographie et sur une flexibilité d’affichage trans-plate-formes dans un environnement propre à mobiliser des ressources dynamiques, en sont un avant-goût.

On rigolera peut-être un jour de cette dichotomie initiale dans les pratiques littéraires… Pour l’instant, je souhaite seulement que les deux voies recueillent leur lot respectif d’attention et d’intérêt, de façon à enrichir ce que pourra devenir la littérature numérique.

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Stratégie de communication et médias numériques. Nécessité, mal nécessaire ou ego trip ?

feuillesLa question revient constamment, elle était autour du BBQ, hier, avec Clément, alors que le poulet crépitait. Maintenir le blog, oui, mais pourquoi ? Pourquoi refuser de le fermer, comme je ne m’en sers presque pas ? Parce que. Espoir de trouver du temps ? Illusion de pouvoir m’en servir plus activement ? À tout le moins, garder l’impression d’un espace perso, d’un point de chute potentiel, d’un lieu pour une écriture libre. Mais le temps manque cruellement, le recul se fait rare, les obligations prennent le pas sur les moments de réflexion – les pistes, ou plutôt les sorties intellectuelles hors piste, viennent à la faveur (…) de certaines insomnies d’estomac dérangé, comme les notes de ce texte, vers 2h35. 

*  *  *  *  *

La question est à la fois démentiellement simple et pourtant sans réponse. En contexte universitaire comme le mien, quel espace numérique (« médiatique ») peut-on, doit-on occuper ?

Un exemple, pour rendre le tout plus concret : si j’organise un événement portant sur le numérique, dans le contexte du Laboratoire Ex situ que je dirige, quelle stratégie de communication choisir ?

S’offrent à moi :

  • diffusion par des sites : calendrier des événements du site de l’Université Laval, site de l’ITIS (Institut Technologies de l’information et société), site de la Faculté des lettres et sciences humaines, site du Département des littératures, site de mon centre de recherche (le CRILCQ), site du Laboratoire Ex situ, ce blog – ainsi que leurs fils RSS (RS quoi ?)
  • c’est sans compter la page officielle ayant la responsabilité de renseigner les curieux sur cet événement : un de ces lieux ou un site spécialement monté pour l’événement ?
  • diffusion par courriel : liste de l’ITIS, bulletin du Département des littératures et du CRILCQ, liste maison constituée pour le Café numérique, courriels perso et, à une autre échelle, la liste Humanist et la liste DH@cru.fr
  • diffusion par Facebook : comptes du CRILCQ, du Laboratoire et le mien
  • diffusion par Twitter : comptes du Labo et le mien – avec relais probable des fidèles Benoît Melançon, François Bon et Jose Afonso Furtado…
  • … et c’est sans compter quelques refus personnels : LinkedIn, Google+ (Google quoi ?), etc.

À ces lieux s’ajoutent différentes variables :

  • à quel moment de l’année doit-on publiciser un événement ? à la fin de l’automne, tout le monde déborde et est saturé ; en avril-mai, c’est le temps des colloques et des rattrapages de fin d’année ; au début de l’automne, c’est la frénésie de la rentrée… et en été, personne ne lit vraiment (d’où l’idée initiale de retarder à la fin août la publication de ces notes rédigées le 28 juillet – finalement non, si ce topo intéresse, il fera son chemin…) => hypothèse : fin septembre
  • plus encore : quel jour de la semaine doit-on favoriser ? le lundi, tout le monde démarre ; le vendredi, tout le monde songe à s’évader ; le jeudi est la journée des 5 à 7… => hypothèse : le mardi
  • plus plus encore : à quelle heure du jour publier un texte, considérant les pointes dans la charge de travail des journées mais aussi les moments d’attention combinés des Nord-Américains et des Européens ? => hypothèse : vers 10h (heure de l’Est)
  • et quel délai avant l’événement ? si on s’y prend très tôt, on réserve des gens, l’attention est captée mais le soufflé a le temps de s’écraser ; si on s’y prend à la dernière seconde, on profite de l’attention subite mais plusieurs seront indisponibles… et quelle(s) relance(s), à quelle fréquence, faire pour maintenir l’intérêt et l’attention ? dans les mêmes lieux ? dans des lieux différents ? => hypothèse : lancement 6 semaines à l’avance, relances hebdomadaires dans des lieux différents

Quelle visibilité assurer durant l’événement lui-même ?

  • choisir et faire connaître un hashtag (mot-clic) pour Twitter
  • offrir un carnet web partagé (style Etherpad) ou un wiki pour que les participants puissent prendre des notes et se commenter les uns les autres
  • diffuser simultanément l’événement en audio ou en vidéo
  • rendre disponibles des images de l’événement par un compte Instagram ou par un blog mis à jour aux heures

Quelles suites donner à l’événement ?

  • diffuser les interventions sous forme de podcast
  • rendre disponible le carnet de notes (Etherpad) pour donner à sentir le rythme et la teneur des échanges
  • faire un site de synthèse de l’événement : synthèse du contenu ou synthèse des réactions publiées ailleurs sur le web
  • faire une publication scientifique – livre, revue, papier, numérique, web, alouette
  • … et c’est sans compter les relais qui nous échappent : le journal de l’Université (Le Fil), la revue de l’Université (Contact), les outils de communication des organismes subventionnaires qui financent les recherches…

Tout ceci (et encore plus) est de l’ordre du possible (et de l’actuel : on pourrait faire la nomenclature de moyens tous plus originaux les uns que les autres pour activer une frénésie médiatique).

Est-ce une nécessité ?

  • la stratégie de communication augmente la visibilité de l’événement
  • elle joue un rôle très important sur le capital symbolique
    • celui des participants
    • celui de l’institution qui accueille
    • celui des unités de recherche impliquées
    • celui, évidemment, de l’organisateur
    • celui, par ailleurs, du thème de recherche (qui se trouve mis à l’avant-plan et validé par cette diffusion)
  • elle contribue à démontrer la rentabilité sociale du thème de recherche (rendre visible le sujet des recherches, c’est s’ouvrir hors des murs de l’institution et donner à saisir ce qui s’y fait)

Est-ce un mal nécessaire ?  La nécessité est démontrée, mais elle a ses inconvénients :

  • il y a peu de ressources pour gérer cette stratégie : en contexte universitaire, peu de gens compétents pour la réaliser, peu de temps à consacrer à une telle tâche ambitieuse… le tout se fait souvent par les acteurs eux-mêmes, dans le meilleur des cas avec l’aide d’une petite équipe volontaire et débrouillarde
  • un risque patent est celui de la surdose d’information auprès des abonnés/followers fidèles, qui verront se répéter à l’envi les mêmes annonces dans des lieux différents mais animés par les mêmes personnes
  • survient ainsi une démultiplication de l’information, oui, mais tout autant, pour le responsable, une démultiplication des échanges (threads), des interlocuteurs, des lieux où faire de la veille de réactions/commentaires, des commentaires eux-mêmes à lire, à relayer, à commenter en retour…

Est-ce un ego trip ?

  • où tracer la ligne entre une information juste et un délire obsessionnel d’occupation du territoire médiatique numérique ?
  • comment savoir si la multiplication des lieux ne fait pas que ressasser l’information auprès d’un même public potentiel ?
  • quand commence la pure et simple mise en scène de soi ?
  • à partir de quand se transforme-t-on, comme chercheur, comme unité de recherche, en marque de commerce ?

*  *  *  *  *

Le blog lui-même est une forme d’ego trip. Mise en scène de sa pensée, de ses opinions, de son importance dans le discours social (qu’on revendique le consensus ou qu’on préfère l’originalité d’une posture différente). Néanmoins, une large part de l’effet de la chose réside dans le ton retenu, bien sûr, et le blog (dans sa relative déshérence) est un outil à visibilité somme toute limitée – pour initiés, donc. 

Je le renouvellerai, mon blog, dans son visuel, peut-être son nom aussi – bien que j’aime beaucoup l’idée du regard perso, la marginalité de Palomar et l’ascendance de Calvino… Les questions demeureront : quel ton retenir ? qu’y publier ? où écrire les premières versions : sur papier (la nuit), dans un courriel, dans Word ou Pages, dans Evernote, directement dans WordPress ? Quel moment (ou quelle durée) m’autoriser en regard de mes autres obligations professionnelles ? Quelle fonction de déblayage de mes idées, de mes écrits lui associer ? (en public ou en privé ?)

La question de communication, elle, reste entière. Elle se négocie sûrement au cas par cas, sans compter le fait que les moyens évoluent eux-mêmes très rapidement (on a peine à croire que Facebook ne sera plus (ou plus le même) dans quelques années à peine). Et les choix seront souvent guidés par des paramètres idéologiques (alimenter ou non la bête Facebook ?) et par l’identification de publics spécifiques – spécifiques aux événements, spécifiques aux plates-formes.

Persiste néanmoins une petite inquiétude à l’égard de la dérape possible. Je la vois comme un sain réflexe critique. Elle incite parfois à se retirer, à faire les choses seul de son côté. C’est bien ce que j’irai méditer, en vacances, les pieds dans l’eau, me plaignant seulement de ne pas voir le soleil se coucher à l’horizon sur le plat de l’eau.

PS : Je ne publicise pas ce texte, seule sa publication sur blog atteste de son existence. On verra bien…

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